L’adieu parisien à Edouard Glissant
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L’adieu parisien à Edouard Glissant

FXG (agence de presse GHM) / Photo : Régis Durand de Girard

Le cercueil à la sortie de l'église

La famille sur le parvis de l'église

Jacques Martial et Renaud Donnedieu de Vabre

MM. Descas et Monthieux

Marie-Pierre Bousquet et François Guilbeau

Les amis et la famille

Jean Renoux et Roland-Pierre Charles

François Bayrou, Donnedieu de Vabre (en fond)

François Marthouret et Laure Adler

Audrey Pulvar

Fleurs et dessins

Descas, entouré, Daniel Maximin, isolé

Adwy Plenel

Alex Descas et Symphor Sylvère

Marijosée Alie, accompagné

Dédé Saint-Prix, accompagné

L'arrivée de Dominique de Villepin

Christiane Taubira

Le premier rang

Georges-François Hirsch et Olivier Poivre D'Arvor

Mario Canonge

Alain Jean-Marie

Léo, José Hayot et Titouan Lamazou

Firmine Richard et Jean-Baptiste Rotsen

Léo et Thé Hayot

Mathieu Glissant, Pierre Charvet et Nadine Ewange Epée

Osange Silou et Firmine Richard

Panoramique à la sortir de l'église

MM. Pentoscrope et Plenel

MM. Plenel, Germain et Glissant

Les proches d'Edouard Glissant

Renaud Donnedieu de Vabre

MM; Rotsen, Hayot, Giuigneraye et Mme Lacombe

RPC et Alain Jean-Marie

Sylvie Glissant

Titouan Lmazou et Gisèle Bourquin

MM. et Mmes Villepin, Bayrou, Miterrand, Girardin, Taubira et Mathieu Glissant

A droite, Walles Kotra

Samedi, l’Eglise de Saint-Germain-des-Prés a accueilli la dépouille d’Edouard Glissant pour une messe bénédiction. L’église était pleine de 400 à 500 personnes. La famille, les amis et des anonymes sont venus rendre un dernier hommage au poète du tout-monde.

Le père Benoît de Sinety, sensible au « génie de cet homme de la relation », a choisi le prologue de l’évangile de Saint Jean pour ouvrir la messe de bénédiction dédiée à Edouard Glissant. « Au commencement était le verbe… » « J’ai pu relire beaucoup de ses poèmes et retrouver sa langue magnifique », confiait l’ecclésiastique avant la cérémonie. Il s’agissait de donner la bénédiction au défunt et de faire une prière « ensemble, pour se souvenir ».
Au premier rang à droite, devant le catafalque, les politiques. Dominique de Villepin, Jean-Batiste Rotsen (chef de cabinet de Marie-Luce Penchard), Christiane Taubira, celle qui appelait Edouard « mon gros ours ou mon chat tigre », François Bayrou et Frédéric Mitterrand (arrivé juste au début de la cérémonie). Derrière eux, Jacques Martial et Renaud Donnedieu de Vabre (qui sont arrivés ensemble), et l’ancien ministre de l’outre-mer, Brigitte Girardin. Sur l’autre rangée, au premier rang, autour de Sylvie glissant, les enfants du poète, Mathieu, Pascal, Olivier, Jérôme et Barbara. Dans la nef, beaucoup de musiciens, Alain Jean-Marie, Mario Canonge, Eric Vincenot, Roland Pierre-Charles… Des comédiens, Firmine Richard, Alex Descas, Greg Germain, François Marthouret… Des gens de média, François Guilbeau (patron de F3), Marijosée Alie, Gora patel, Walès Kotra (FÔ), Laure Adler, Olivier Poivre d’Arvor (patron de France Culture), Edwy Plenel (patron de Mediapart)… Mais pas de presse nationale pour couvrir l’événement. Il y avait encore, son éditrice Emmanuelle Collas (Galaade), Titouan Lamazou ou encore le cinéaste José Hayot. Daniel Maximin, le commissaire de l’année des outre-mer français, arrivé discrètement après le début de la cérémonie, est resté solitaire. Dehors, des écrans et des hauts-parleurs avaient été installés, ainsi que des barrières Vauban et trois policiers, mais les 1000 personnes attendues n’étaient pas là.
Après la cérémonie, les discussions évoquaient les absences de personnalités comme le maire de Paris (quoique représenté par Firmine Richard et Jean-Claude Cadenet), la députée George Pau-Langevin (elle est en Israël), la ministre de l’Outre-mer (elle sera présente pour la sépulture en Martinique) ou celle des principales associations (Collectifdom, tous Créoles !, ou encore le CM98). Certains vont jusqu’à dire que ni la nation française, ni la communauté antillaise ne sont au rendez-vous. Quelqu’un réplique qu’il n’y a pas eu d’information sur la cérémonie. Plus loin, on dit qu’il mérite lui aussi une plaque au Panthéon et un autre propose que l’on rebaptise la rue Myrrha à la Goutte d’or (celle citée par Marine Le Pen au sujet des prières des Musulmans dans la rue !) en rue Edouard-Glissant. « C’est LA rue de créolisation, la rue du tout-monde ! »
A la sortie du cercueil, une salve d’applaudissement a fusé telle une fulgurance faisant écho à la pensée d’Edouard Glissant. José Hayot est là avec ses deux fils, Théo et Léo. Edouard était le parrain de Léo. C’est à lui qu’il avait dit le jour de ses 80 ans : « Ne deviens pas un béké. » José Hayot sourit à cette évocation et rétorque : « Edouard a toujours donné de bons conseils à tout le monde ! » Roland Pierre-Charles en profite pour glisser qu’il faut absolument voir ou revoir le film de José, Nord plage : « Il y a un long où Edouard parle. Il a les yeux fermés et on ne comprend rien ! » Le musicien préfère retenir d’Edouard Glissant son travail à l’IME. « Il a récupéré tout un tas de gars que le lycée Schoelcher rejetait… » Daniel Maximin reste à l’écart. Sa présence n’est pas été bien vécue par certains proches du défunt : « Si Marie-Luce Penchard l’emmène dans ses bagages pour les funérailles, il ne sera pas reçu. » Il y a encore du chemin pour aboutir la poétique de la relation.

Interview Edwy Plenel, directeur de Médiapart : « Les peuples qui s’ébranlent aujourd’hui sont en écho complice avec le poète Edouard Glissant »
Votre père, vice-recteur de la Martinique en 1959, partage avec Edouard Glissant le triste privilège d’avoir été victime de l’ordonnance du général de Gaulle…
Mon père est aujourd’hui le dernier survivant de ce qui s’est passé en face de l’église de Saint-Germain-des-Prés au 44 rue de Rennes, la création du front antillo-guyanais pour l’autonomie, en avril 1961. C’est cela qui a entraîné tous ceux qui étaient fonctionnaires à être sanctionnés, interdits d’enseigner et surtout interdits de Martinique… Qui ne pouvaient pas être… dans leur pays…
Vous êtes submergé par une vague d’émotion... Voulez-vous qu’on arrête ?
Non. L’émotion, il faut l’assumer. La pensée et l’œuvre d’Edouard Glissant affleuraient d’une émotion vivante… Cette émotion, c’est de dire qu’Edouard Glissant, on peut l’enfermer dans une œuvre immobile, des textes académiques qu’on apprend à l’école en oubliant combien c’est une œuvre vivante qui s’est enracinée dans l’espérance de l’émancipation, dans ce moment de combat pour la négritude, dans le premier congrès des écrivains noirs qui a eu lieu à la Sorbonne à Paris. Mais en même temps, il a été voir au-delà. La force d’Edouard Glissant, ce qui fait que pour moi, il est vivant pour le siècle avenir, c’est qu’Edouard voyait combien les indépendances ne devaient pas imiter la domination et combien il fallait aussi imaginer un autre temps, le temps des authentiques libérations, le temps du tout-monde, le temps de l’identité-relation comme il disait.
Qu’en est-il de son message ?
Il y a une résonance formidable car le dernier colloque international sur l’œuvre d’Edouard Glissant s’est tenu en Tunisie, à Carthage. Je pense que les peuples qui s’ébranlent aujourd’hui sont en écho complice avec le poète Edouard Glissant.

 
Renaud Donnedieu de Vabre, ancien ministre de la Culture :
« j’avais une immense affection, et beaucoup d’admiration envers ce géant. C’est quelqu’un qui m’inspire beaucoup de respect et puis, son cri, parce que c’était un homme de passion, engagé, je l’ai au fond de moi-même pour essayer jour après jour de faire que la diversité, l’égalité, le respect, la liberté soient une valeur déclinée au quotidien. Je l’ai rencontré et j’ai essayé de lui donner un coup de main sur certain de ses projets et je ne peux pas aujourd’hui ne pas penser à Aimé Césaire à la rencontre que j’ai eue avec lui, à ces géants qui doivent rester dans nos cœurs. »

 
Brigitte Girardin, ancien ministre de l’Outre-mer, ancien ministre de la Coopération
« Le développement endogène, c’était lui »
Vous avez rencontré Edouard Glissant plusieurs fois quand vous étiez ministre de l’Outre-mer…
Je l’ai rencontré à plusieurs reprises. J’ai toujours gardé un grand souvenir des échanges que j’ai pu avoir avec lui. C’est un être exceptionnel dont l’aura dépasse la Martinique, la France ; c’est un homme qu’on ne peut pas oublier et je crois que résonnera toujours dans notre tête la puissance de ses mots.
Sa littérature résonnait-elle en vous lors de vos réflexion sur les outre-mer ?
Bien sûr ! Il a toujours été très visionnaire et d’ailleurs, quoi de plus actuel que le tout-monde aujourd’hui ! Il m’a toujours beaucoup inspiré, même dans ma réflexion économique sur l’outre-mer car il avait une grande vision très personnelle. Le développement endogène, c’était lui ! Il a toujours été d’un grand conseil sur toutes les questions touchant à l’homme.
 

Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture
« C’est une des grandes voix de la littérature française. Il était un immense poète, un grand écrivain, un homme qui est allé au monde… On était tous très émus à l’intérieur de l’église et tous les gens qui ont lu Edouard Glissant ressentent certainement un très grand sentiment de perte. Et tous ceux qui ne l’ont pas lu, ils ont une grande chance car ils vont le découvrir car évidemment Edouard Glissant va être lu de plus en plus car tout ce qu’il dit est tout ce dont nous avons besoin. Il y a la beauté de la langue, la puissance poétique extraordinaire qui était la sienne. Je pense que ce sentiment de perte, d’un côté ne sera jamais consolé parce qu’il n’écrira plus, et d’autre part, sera malgré tout un peu surmonté parce qu’il reste tous ses livres, ses textes… »


 
La famille sur le parvis de l'église
Jacques Martial et Renaud Donnedieu de Vabre
MM. Descas et Monthieux
Marie-Pierre Bousquet et François Guilbeau
Les amis et la famille
Jean Renoux et Roland-Pierre Charles
François Bayrou, Donnedieu de Vabre (en fond)
François Marthouret et Laure Adler
Audrey Pulvar
Fleurs et dessins
Descas, entouré, Daniel Maximin, isolé
Adwy Plenel
Alex Descas et Symphor Sylvère
Marijosée Alie, accompagné
Dédé Saint-Prix, accompagné
L'arrivée de Dominique de Villepin
Christiane Taubira
Le premier rang
Georges-François Hirsch et Olivier Poivre D'Arvor
Mario Canonge
Alain Jean-Marie
Léo, José Hayot et Titouan Lamazou
Firmine Richard et Jean-Baptiste Rotsen
Léo et Thé Hayot
Mathieu Glissant, Pierre Charvet et Nadine Ewange Epée
Osange Silou et Firmine Richard
Panoramique à la sortir de l'église
MM. Pentoscrope et Plenel
MM. Plenel, Germain et Glissant
Les proches d'Edouard Glissant
Renaud Donnedieu de Vabre
MM; Rotsen, Hayot, Giuigneraye et Mme Lacombe
RPC et Alain Jean-Marie
Sylvie Glissant
Titouan Lmazou et Gisèle Bourquin
MM. et Mmes Villepin, Bayrou, Miterrand, Girardin, Taubira et Mathieu Glissant
A droite, Walles Kotra

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