K-Reen, une reine du R'n'B méconnue au péyi
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K-Reen, une reine du R'n'B méconnue au péyi

par Christelle Auguste - Photos DR/Astrad Music- KV

Les 30 ans et plus l'ont découverte au registre du zouk à ses débuts dans les années quatre-vingt-dix. K-Reen, chanteuse guyanaise de R'n'B a évolué loin de la Guyane, en région parisienne. Si elle a pu se faire oublier d'une partie du public au péyi, elle est reconnue dans l'Hexagone comme la référence du genre en France. Elle remportait avec beaucoup d'émotion deux Lindor à la dernière cérémonie, celui des vingt ans de carrière et de meilleur interprète féminine de l'année pour Himalaya, son album de l'année. Rencontre.

TV Magazine : Une partie du public semble vous avoir découverte avec stupeur aux Lindor… On connaît sans doute davantage Lynnsha, la diva martiniquaise du R'n'B que la K-Reen guyanaise…
K-Reen : Depuis le début de ma carrière, je me suis surtout consacré au rap R'n'B, c'est ma musique de prédilection.
De nombreux artistes guyanais de musiques urbaines et reggae ont émergé, comme vous, dans les
années quatre-vingt-dix. Selon vous, le zouk et, plus récemment, le dancehall ont-ils les premières places dans le cœur des Guyanais ?
K-Reen : J’ai le sentiment que la nouvelle génération s’ouvre plus aux autres styles de musique, même si le zouk et le dancehall restent à la première place. J'ai vu qu’il y a ici beaucoup plus de chanteurs soul R'n'B et de rappeurs de qualité qu’auparavant ce dont je me réjouis.
Le zouk, vous l’avez vous-même expérimenté à plusieurs reprises…
En effet, j’ai mis mon premier morceau de zouk sur mon deuxième album Dimention qui est sorti en 2002. Le morceau s’intitule Permission de sortir. J’ai aussi fait Ritounin avec Keysha en featuring puis, La voix de la passion, T’aimer encore, en duo avec Rickwell. J'aime beaucoup le zouk d’aujourd'hui. Il a des sonorités électro R'n'B, ce qui est proche de mon univers et je trouve aussi les thèmes beaucoup plus variés, avec une écriture plus riche selon moi.
 
Vous êtes à la tête du label Astrad Music. Pourquoi y a-t-il, selon vous, encore si peu d'artistes affirmés dans le registre rap et R’n’B chez nous comparativement à l'Hexagone, alors que la population est jeune ?
Le vécu a une grande place dans la musique urbaine, je me rends bien compte que la Guyane ce n’est pas Paris ou Créteil (ndlr : où elle a grandi) mais il y a des artistes qui vivent les choses d’une façon différente et qui l’expriment avec la musique qui s’y prête le mieux. Je trouve que de dire des choses en créole sur du dancehall ou sur du zouk se prête mieux mais ce n'est pas une obligation.
Vous êtes une artiste complète, autodidacte. Que faut-il à un artiste pour convaincre votre label de le produire ?
Je suis toujours à la recherche d’un coup de cœur. J'adore les artistes de talent quel que soit le style, même si mon label et plutôt axé musique black.
Votre nom est Karine Patient. Quel lien de parenté vous unit au sénateur Georges Patient ?
Je ne sais pas exactement, on m’a toujours dit que ma famille venait de Mana et que les Patient étaient très brillants.(Rires)
La dernière fois que vous vous êtes posée au péyi, c'était ?
Je suis venue en janvier dernier. J’en ai profité pour tourner le clip de Comme avant.
Vous avez grandi dans l’Hexagone à Créteil. Quels souvenirs d’enfance et quels liens conservez-vous avec la Guyane ?
J'ai passé mes meilleures vacances chez mes deux grands-mères à Cayenne, l’une à la cité Grant, l'autre, en face de l'ancienne prison, grâce aux congés bonifiés de ma mère. Puis, vers mes 13 ans, j’ai fait connaissance avec mes frères et sœurs du côté de mon père. Depuis, on est resté en contact. À chaque fois que je viens, je tape l’incruste chez ma sœur Nelly.
Qu’écoutez-vous pour votre plaisir personnel ?
En majorité du R'n'B US, du rap et pas mal de pop et de zouk. J'essaie de me tenir au courant des dernières nouveautés.
En vingt ans de musique, avec quelques années blanches, quel est votre plus grand souvenir de scène ?
Je crois que mon meilleur souvenir, c’est mon duo avec Carole Fredericks, lors du concert Les voix de l’espoir à Paris. Hélas, depuis elle nous a quittés (ndlr : en 2001, au Sénégal).
 
Vous comptez des collaborations avec de nombreux artistes de renom MC Solar, Tonton David, notamment à vos débuts. Laquelle vous a le plus marquée ?
J’ai rencontré beaucoup de gens intéressants mais parmi ceux qui m’ont le plus touchée artistiquement : Oxmo Puccino reste un des plus talentueux et Youssoupha est mon dernier coup de cœur.
Et quel est votre coup de cœur sur Himalaya, votre dernier album sorti cette année ? Il vous a valu une consécration au péyi aux Lindor.
Mon coup de cœur sur cet album, c’est justement le titre Himalaya que nous avons écrit Luc Sky et moi, quand nous étions en Corse. C'est une île magnifique qui m’a beaucoup inspirée. Himalaya, pour moi, c’est le dépassement de soi, déjouer les pièges de la vie pour atteindre le but que l’on s’est fixé, réaliser ses rêves, se sentir invulnérable…
Et votre Himalaya dans la vie, c’est ?
Je tenais à sortir cet album à tout prix et ça n'a pas été facile maintenant que c’est fait, j’ai encore plein de montagnes à gravir dans ma vie privée.
Avez-vous des projets avec des artistes guyanais ?
Aux Lindor, j’ai rencontré entre autres Sugar Kawar avec qui je collabore et il y a d’autres combinaisons guyanaises à venir. Il me manquait les contacts, c’est chose faite. Je tiens à être beaucoup plus présente sur la Guyane, dorénavant.
Vers quels genres aimeriez-vous évoluer ?
Je suis tres attirée par une musique qu’on appelle le « high life » en Afrique. C’est un son hybride qui recoupe un peu toutes la musique black : R'n'B, rap zouk et musiques africaines et électro. À titre d'exemple, ce que font les P-Square ou ?D’Banj qui chante Oliver Twist. Je trouve qu’il y a d’infinies possibilités dans cette musique.
Quel est le genre musical auquel vous êtes la moins sensible ?
Moi, j’aime tout, surtout ce qui est nouveau et avant-gardiste.
Vous avez eu quelques connexions avec le cinéma. Un titre en collaboration sur la BO de Taxi 4 et Ma 6-T va craker. Racontez-nous.
Pour Ma 6-T, j’étais en étroite collaboration avec les compositeurs White et spirit du label Cercle rouge, à l’époque où je râpais encore avec les Roots Nèg et eux-mêmes étaient très proches du réalisateur Jean-François Richet. Alors, quand ils ont fait la BO, naturellement on s’est retrouvé dessus. Quel bon souvenir !
 
Sinon, quel rapport entretenez-vous avec le grand et le petit écran ?
La télé ne m’intéresse plus trop. J’aimais bien regarder Koh-Lanta ou L’île de la tentation mais maintenant, c’est mort !
Mais, j’adore m’évader avec des films fantastiques à effets spéciaux, comme X-Men, Transformer, Avatar etc. et les thrillers, aussi.
Vous n'avez pas d’enfant ?
La musique m’a pris tout mon temps mais je vais m’y mettre !

 
 
La télé de K-Reeen
Le dernier film que vous avez vu au cinéma ?
Amazing Spiderman.
Celui que vous pouvez regarder sans vous lasser ?
Avatar.
Votre série TV ?
Dexter ! C'est le best des killer.
Votre animateur ou animatrice télé ?
Bof…
Les journaux que vous suivez régulièrement ?
Le 19.45 sur M6
Les programmes que vous ne regardez jamais ?
Qui veux prendre sa place !, je n’aime pas les jeux.
Vos chaînes favorites ?
Les chaînes musicales blacks ou généralistes.
L’acteur ou l'actrice que vous appréciez particulièrement ?
Brad Pit, c'est le plus beau !
 
 

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