Démissions et grosse tension au SMTC
Les quatre élus de la ville de Cayenne siégeant au comité syndical du SMTC ont démissionné. Le syndicat UTG-SMTC a procédé à un nouveau blocage hier matin avant de débarquer à l'hôtel de Ville.
Une tension qui a connu un pic lorsque, en fin de matinée, une quinzaine de syndicalistes ont pénétré de force dans le hall de l'hôtel de ville, entamant un bras de fer de quelques minutes avec la police municipale à l'issue duquel Elénice Coupan, secrétaire général de l'UTG-SMTC, était emmené par les pompiers vers l'hôpital de Cayenne d'où il est ressorti en fin de journée avec une luxation de l'épaule et 10 jours d'interruption totale de travail.
Tout avait commencé dès les premières heures du jour. L'UTG-SMTC décidait alors de cesser une nouvelle fois le travail pour dénoncer le non-respect du protocole d'accord signé avec la direction le 8 septembre dernier après un mouvement lancé au mois d'août.
Mais cette fois, en plus des revendications habituelles, l'UTG dénonçait la démission collective des quatre conseillers municipaux de la ville de Cayenne qui siègent au comité syndical. Une démission annoncée officiellement dans la matinée par les élus lors d'une conférence de presse organisée à l'hôtel de ville.
La goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour les quatre élus cayennais qui décidaient, dès hier matin, de soumettre leur démission. (voir le diaporama ci-dessus).
Pour les élus, les « agitations » de l'UTG auraient des motivations politiques, la compétence des transports en commun devant passer l'an prochain à la future communauté d'agglomération de l'île de Cayenne qui remplacera la CCCL. « Lors des négociations, on parle plus de Rodolphe Alexandre que des revendications » , lance Sylvia Pitre.
Pour lui, seule la présidente devait démissionner et il estime que cette démission collective « déstabilise le SMTC » . Mais les reproches ne s'arrêtent pas là. Pêle-mêle, il dénonce des « détournements de fonds » , « des voyages d'élus sur les comptes de l'entreprise » , « la précarité de 40 agents » ou encore « le manque de transparence » au sein de l'entreprise.
Et il présente les résultats d'un audit réalisé en 2008 et dont les salariés n'auraient eu connaissance que début novembre 2011.
Le document, que nous nous sommes fourni, est accablant pour le SMTC, pointant du doigt l'état des bus et du réseau aussi bien que l'organisation de l'entreprise. Une situation qui n'aurait pas évolué selon l'UTG, notamment concernant l'organisation avec, notamment, un manque flagrant de cadres qui nuirait au bon fonctionnement de l'entreprise.
Hier soir, à peine sorti de l'hôpital, le bras en écharpe, Elénice Coupan, de retour sur le piquet de grève, rappelait que sans l'intervention d'Alain Tien Liong début septembre, le mouvement lancé en août n'aurait jamais pris fin.
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