Le Guyanais Ulrich Robeiri est devenu hier à Kazan (Russie) champion du monde à l'épée. Après avoir été titré six fois par équipe, notamment aux Jeux olympiques de Pékin en 2008, il décroche sa première médaille d'or individuelle.
Enfin! Après avoir remporté six médailles d'or par équipe, dont le titre olympique à Pékin en 2008, Ulrich Robeiri est parvenu à se hisser seul sur la plus haute marche d'un podium. Hier, à Kazan, en Russie, le Guyanais a terrassé le Sud-Coréen Kyoungdoo Park (15 touches à 12) en finale des championnats du monde. L'épéiste apporte le premier titre mondial à la France depuis 2003 et la victoire de Fabrice Jeannet, à La Havane. À Cuba, Ulrich Robeiri avait déjà frôlé l'exploit, puisqu'il s'était emparé de la médaille de bronze. Mais il lui a fallu du temps, sans doute pour atteindre un certain degré de maturité (il est désormais âgé de 30 ans), avant de tenir le monde à la pointe - mouchetée - de son épée.
L'HEURE DE LA REVANCHE
Avant de se défaire de Kyoungdoo Park, le pensionnaire du club de Levallois a vécu une journée de compétition quasi parfaite. Il a successivement suclassé le Portugais Pedro Arede (15-10), le Japonais Kazuyazu Minobe (15-7), le Suisse Max Heinzer (15-8) et le Russe Anton Avdeev, champion du monde 2009 (14-13). En demi-finale, le Guyanais a surmonté la traditionnelle émotion qui sied à une confrontation franco-française et a vaincu son camarade Gauthier Grumier (15-11). « J'aurais préféré ne pas tirer contre lui, a commenté Ulrich Robeiri après sa victoire. Ça garantissait une place en finale pour un Français mais ce n'est jamais un moment agréable. » Fort heureusement, Gauthier Grumier s'est vite remis de sa déception pour apporter la médaille de bronze à la France. Malgré son talent et son expérience, Ulrich Robeiri ne faisait pas vraiment partie des favoris des championnats du monde. Éliminé en quart et « seulement » sixième lors des championnats d'Europe en juin, le Français semblait une fois encore promis, au mieux, à une place d'honneur. À Kazan, avide de revanche après un tournoi raté, le Guyanais a survolé la compétition. Mais l'heure de la célébration n'a pas encore sonné.
En effet, le tournoi par équipe commence demain. Libéré, consacré, Ulrich Robeiri enfilerait volontiers une deuxième médaille d'or autour de son cou. Il s'agirait d'un doublé historique.
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