Le champion du VCK remportait fin juillet son second titre en quatre ans. (photos d'archives)
À 28 ans, Patrice Ringuet explose cette saison, avec un second titre de champion de Guyane senior. Le résultat d'une longue réflexion et d'un changement de vie. Le Tour l'attend.
Sur la terrasse de la maison familiale de Matoury, Teddy et Patrice Ringuet discutent de leur championnat du contre-la-montre individuel qu'ils viennent de boucler, et où ils n'ont pas forcément brillé.
Teddy est de retour de l'Hexagone pour participer au Tour de Guyane. Patrice, son aîné, vient de réaliser une brillante saison ponctuée de six victoires, dont un titre de champion dans la catégorie reine. À proximité, le paternel Sylver, ancienne gloire, s'affaire à ses citronnades avec les fruits du jardin. Patrice se livre...
Il y a deux ans, vous refusiez d'intégrer le Tour de Guyane. Vous déclariez, à l'époque, qu'il fallait pouvoir remplir son frigo à la fin du mois. Le frigo est-il plein cette saison ?
(Il sourit). Tout à fait, pour l'instant ça va, je suis sur une bonne lancée, ça fonctionne bien. J'espère que cela va continuer. Si des soucis se présentent, il va falloir prendre les mêmes décisions, les mêmes choix.
On a le sentiment que vous vous éclatez cette saison, le frigo n'en est pas la seule raison ?
J'ai peut-être un peu mûri et j'ai une hygiène de vie un peu plus stricte, ce qui peut me donner un certain avantage par rapport à d'autres adversaires. Mon hygiène de vie n'était pas assez correcte pour faire du sport à un certain niveau, alors que là, je prends du plaisir à faire du vélo.
Comment cela s'est-il déclenché ?
Je ne sais pas. C'est peut-être qu'il faut prendre conscience à un moment que dans la vie pour réussir il faut faire des choix, prendre des décisions vite, et les bonnes. À un moment donné, tu t'aperçois que tu es seul et qu'il faut que tu te débrouilles dans la vie professionnelle et dans le sport. J'ai envie d'avancer pour réussir car la vie est dure. Je ne suis pas vieux mais j'ai pu voir par moi-même que la vie est difficile. Certains jeunes vont le découvrir. Quand tu es dans la galère, les gens s'écartent et si il n'y a pas la famille derrière, c'est chaud.
Il a fallu toutes ces années pour arriver à cette réflexion ?
C'est vrai que tout jeune je n'avais pas conscience. À un moment j'ai plongé et là j'ai pu par chance me remettre. Il faut parfois du temps. J'espère pouvoir progresser.
À quoi avez-vous pensé en franchisant la ligne du championnat. Était-ce un de vos objectifs ?
Je revenais du Tour de la Martinique et j'étais bien en jambes. Mes adversaires ne m'ont pas fait de cadeau, c'est de bonne guère. Cela m'avait mis en colère. Et puis je me suis poussé à aller à fond. Je suis revenu vers la fin et en Martinique j'ai fait beaucoup d'arrivées dans les côtes avec des gars plus costauds que moi. Je savais que j'étais capable de passer la dernière côte. Je peux dire merci au Tour de la Martinique, car c'est là que je suis rentré en confiance avec un certain braquet.
Comment vous regarde-t-on dans le peloton ?
Vous parlez des adversaires ? Je ne suis pas vraiment un nouveau. Peut-être se demandent-ils comment je fais. Avec du travail tout est possible et j'espère encore progresser. Mon but est de marcher à l'extérieur, faire quelque chose de bien, un aboutissement.
Fin juillet, Patrice Ringuet s'imposait à Roura, décrochant le titre de champion (1ère catégorie)
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Votre carrière débute maintenant ?
Quand je regarde des coureurs comme De Nays-Candau en Guyane ou Hervé Arcade en Martinique, et ce qu'ils font à leur âge, je me dis qu'à 28 ans je peux encore continuer et avoir un pic de forme à 30 ans. Ce sont des exemples à suivre. Cela donne envie de faire du vélo à un certain niveau.
Que vous a dit votre père quand vous êtes rentré avec la tunique de champion ?
Il était content et m'a fait la bise. Ça m'a fait plaisir car c'est rare, rare, rare qu'il nous montre qu'il est content!
Cela vous manque qu'il vous montre sa joie ?
C'est tellement rare que ça m'a surpris. Mais je sais qu'au fond il est heureux, même s'il ne le montre pas. Ce championnat était dur.
Vote frère Teddy ?
J'étais à peine arrivé qu'il m'avait appelé. J'étais encore essoufflé ; que lui était au courant. Avec les nouvelles technologies ça va vite. Je sais que sa présence sur le Tour est bonne pour moi. Il a de l'expérience. C'est mon frère et je sais qu'il pourra toujours me donner un coup de main.
Vous avez dépassé votre père au nombre de titres de champion ?
Je ne sais pas combien il en a remporté (un, ndlr) avec les cadets et juniors ; moi ça m'en fait quatre sur route.
C'est votre plus belle saison ?
J'ai remporté six victoires c'est vrai. Mais je ne pourrais dire ça que quand j'ai fait une belle course, bien bossé. Quand il y a la victoire au bout c'est mieux c'est sûr, mais je reste le même. Un peu solitaire peut-être, je reste dans mon coin et c'est pas plus mal.
Le Tour arrive. Vous savez que vous êtes attendu ?
Je sais, mais comme d'habitude je ferais de mon mieux. Après cela reste du sport et tout un chacun vient pour gagner et il faudra aussi accepter la contre performance et que les autres soient aussi devant. Il n'y a pas que le VCK qui est ravi de mes résultats. J'espère que tout le monde sera en jambes. C'est un sport d'équipe
Vous aimeriez remporter le Tour de Guyane ?
Effectivement, j'ai réduis la casse au chrono où je perdais du temps. C'est possible, pas forcément cette année.
Que pensez-vous des chances guyanaises ?
Si les équipes qui arrivent sont du même niveau que l'année dernière, cela va être difficile. Il n'y a pas beaucoup de vainqueurs potentiels.
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