La Guyane vous découvre un jour de match de
coupe de France. Avec votre club du Red Star de Saint-Ouen vous
affrontez l'USL Montjoly en 1982. Vous étiez dans quel état
d'esprit ?
J'étais fier. Mais honnêtement, j'avais très
peu d'informations sur Montjoly. Bernard Lama venait de signer à
Beauvais. On s'était rencontrés en match amical. L'USLM a fait un
grand match avec Zaza, Epailly... Les Montjolyens ratent un
pénalty. À la fin du match, je vois un ami de l'autre côté de la
barrière. Je vais le saluer, et soudain un gars monte sur la
barrière, m'insulte et me tire brutalement les cheveux. Je portais
l'afro à l'époque. Rien que d'en reparler aujourd'hui, j'en
frissonne. C'est ce jour-là que j'ai vraiment pris conscience de ce
que pouvait signifier « être entre les deux », être un
jeune qui navigue entre la Guyane et la France. J'avais quitté le
pays en 1969 à dix ans.
Est-ce que cet épisode a déclenché chez vous
une réflexion sur un retour au pays ?
Pas vraiment. La vraie réflexion vient plus
tard, quand je rentre en vacances entre deux saisons.
Et surtout parce qu'une opportunité d'embauche
au Cnes a fait pencher la balance. Je savais...
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