Veille de Noël : à la rencontre des sans-abri ultramarins à Paris
Samedi soir, en cette veille des fêtes de fin d'année, l'association Rapatriement des Ultramarins dans leur département natal (RUDN) organisait une maraude autour des gares parisiennes. Objectif : tendre la main aux sans-abri et aller à la rencontre de certains de leurs compatriotes antillais le plus en difficulté.
«Viens, il y a un monsieur dans le carton, là, on va lui donner du café ! » 20 h 30, place Henry Fresnay, dans le douzième arrondissement de Paris, les bénévoles réunis par l'association Rapatriement des Ultramarins dans leur département natal (RUDN) sont en pleine action. Ils tendent la main aux personnes itinérantes et sans-abri, bravant la nuit, le froid et la pluie de cette soirée de la fin du mois de décembre.
Active depuis l'année 2022, l'association antillaise mobilise ses forces pour distribuer des boissons chaudes, des kits d'hygiène et des sandwichs. « Nous organisons ce type de maraude à peu près tous les trois mois, confirme Bertrand Cologer, vice-président de RUDN. Cette fois, vu que les fêtes approchent, nous avons des chocolats. À Noël, les personnes sans-abri se retrouvent très seules, personne ne les regarde, c'est très dur. »
Reconnaissables à leurs gilets orange, des chasubles de travailleur social, les membres de l'association RUDN déambulent dans les ruelles, les escaliers, les entresols et les interminables couloirs de la gare de Lyon. Yannick, la trentaine, originaire de Guadeloupe, sait bien à quel point il est difficile d'être sans-logis à Paris : il a lui-même été dans cette situation pendant quatre ans. « Ça peut arriver à tout le monde, explique-t-il calmement. Une fois livrés à nous-mêmes, il est aussi difficile qu'important de demander de l'aide. Il y a une fierté à ne pas dire les difficultés qu'on traverse lorsqu'on est parti de son île. Il faut passer au-dessus ! »
De nombreux antillo-guyanais sans abri
Repérer des compatriotes antillais en très grande difficulté afin de leur venir en aide et faciliter leur retour, c'est tout l'objet de l'association RUDN. Murielle Gossec, elle-même Guadeloupéenne établie en région parisienne, en est la présidente. « Lors de nos maraudes, nous tentons de venir en aide à tous ceux qui en ont besoin. Malheureusement, nous ne disposons pas de chiffres précis sur le nombre d'antillo-guyanais sans-abris à Paris. La Bapsa (Brigade d'assistance aux personnes sans-abris) nous a confirmé qu'ils sont nombreux, mais sans pouvoir détailler. Ce qui est sûr, c'est que nous sommes là pour croiser des personnes d'origine antillaise et établir le contact. C'est parfois difficile. »
Une mission exigeante que les militants de l'association RUDN se sont assignés eux-mêmes et qu'ils assument jusqu'à la gare du Nord, dans le 18ᵉ arrondissement, malgré la pluie qui s'intensifie et le froid qui devient perçant. Selon le dernier recensement de la mairie de Paris, plus de 4 500 personnes dorment dans les rues de la capitale, chaque soir. De même source, ce chiffre est en augmentation constante.
J.S.
Un appel à bénévolat
L'association Rapatriement des Ultramarins dans leur département natal (RUDN) est basée en région parisienne, à Evry. Très active sur les réseaux sociaux, RUDN lance un appel à bénévolats, partenariats et subventions pour continuer son activité en faveur des membres de la communauté. La prochaine maraude à la rencontre des sans-abri parisiens est prévue à la fin du mois de janvier.
Contacts:
Instagram : rudn_france
E-mail : contacter.rudn@gmail.com

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