Saint-Laurent: marche blanche entre émotion et revendication
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Saint-Laurent: marche blanche entre émotion et revendication

Samuel Zralos, s.zralos@agmedias.fr

La marche blanche en hommage à Hélène Tarcy-Cétout, assassinée lundi dernier, s'élance du Super U, lieu du drame, ce 15 avril. © Samuel Zralos

De plus en plus fournie, la marche traverse le centre-ville. © Samuel Zralos

La marche blanche s'arrête brièvement devant la mairie, pour rappeler symboliquement sa responsabilité dans la situation de Saint-Laurent, qui a mené au décès d'Hélène Tarcy-Cétout.

Les marcheurs s'installent ensuite devant la sous-préfecture, point d'arrivée du parcours. © Samuel Zralos

Les prises de parole se multiplient, entre deuil, émotion et revendications. © Samuel Zralos

Seul léger incident dans cette marche calme, des gendarmes décrochent la banderole en cours d'accrochage sur la grille de la sous-préfecture. Des gendarmes bien plus nombreux que la semaine dernière, lorsque le bâtiment avait été envahi. © Samuel Zralos

Sous la pluie, les manifestants restés s'installent, pour attendre le résultat des réunions entre citoyens et autorités, entre espoir et défiance. © Samuel Zralos

Plusieurs centaines de saint-laurentais ont participé ce matin à une marche blanche en mémoire d'Hélène Tarcy-Cétout, avant deux réunions avec les autorités. Les manifestants espèrent des solutions pérennes à l'insécurité.

Le nombre a fluctué au fur et à mesure que la marche blanche a traversé le centre-ville de Saint-Laurent du Maroni, entre 150 personnes au super U et 350 personnes à la mairie, mais la détermination ne faiblit pas : une semaine après le meurtre d'Hélène Tarcy-Cétout, nombre de saint-laurentais mêlent à leur deuil une exigence de solutions.

"Aujourd'hui on dit ça suffit, nous ne voulons plus vivre, travailler dans ce monde là", affirme ainsi le docteur Magali Moubitang, médecin libérale très impliquée dans l'organisation de la marche, à l'appel des organisations de santé. "On a invité la population à marcher contre l'assassinat de façon gratuite et brutale de notre consœur", mais aussi "contre la violence continuelle à Saint-Laurent du Maroni", poursuit Dr. Moubitang.

"Nous voulons rendre hommage à notre consœur mais également montrer aux autorités que sans nous, sans sécurité dans la ville, on ne peut pas exercer", renchérit docteur Mass Dioukhane, médecin dont le cabinet jouxte la pharmacie où exerçait Hélène Tarcy-Cétout.

"Trouver des solutions pérennes"

Pour que le "plus jamais ça" réclamé par la population devienne réalité, il est nécessaire de "trouver des solutions pérennes pour toute la population et toute l'année, pas de place nette une journée", résume le docteur José Andreas Manantsara, Président urps des pharmaciens de Guyane. "S'il n'y a pas les moyens faut le dire, que la population soit au courant. Si l'Etat est là qu'il accompagne et que ça soit gravé dans le marbre", assène le responsable.

Un sentiment largement partagé dans les discussions devant la sous-préfecture, où la marche a terminé, après un arrêt devant la mairie "pour rappeler qu'ils ont aussi une responsabilité dans la situation de la ville", indique un des organisateurs.

"Lutter contre les inégalités"

Si tout le monde convient de la nécessité d'avoir plus de gendarmes ou un commissariat, "l'accompagnement social des jeunes n'est pas du tout fait, on construit beaucoup de cités et rien n'est fait à l'intérieur pour sécuriser les gens. Y a rien niveau prévention... tout le monde galère, la prise en charge sociale de base est à refaire", énumère ainsi un professionnel de la santé, qui se dit "énervé de voir que la seule solution proposée par les élus est répressive, mais qu'il n'y a rien pour répondre aux problèmes de fond". Il faut "lutter contre les inégalités très nombreuses, parce que plus il y a d'inégalités plus il y a de violence", rebondit un marcheur habitué des mouvements sociaux.

"On va voir le préfet en se disant qu'il y a des solutions. Si il veut voir la Guyane avancer, on trouvera ces solutions. Sinon on se demande pourquoi il est là. Si derrière il fait semblant de pas comprendre, on montrera que ça n'est pas possible", conclut Fabrice Asosie, président de Positif Soolan Pikin, avant de rejoindre préfet et maire au conseil de sécurité et prévention de la délinquance, armé des cahiers de doléances remplis toute la semaine par les manifestants installés devant la sous-préfecture.

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