“Quel sera le sens de la justice après tout ce temps ?”
Sept manifestants contre la politique vaccinale du gouvernement étaient convoqués devant la justice, mardi 5 juillet à partir de 8 heures. Tous les procès ont été renvoyés, quelques-uns en septembre et les autres entre mars et juin 2023.
Cinq autres personnes issues de la caravane de la liberté étaient concernées par l'audience : Delana Alexander, Loïs Pindard, Guy Frédéric, Patrick Palmot et Olivier Vaïti. Seul ce dernier était présent, les autres étaient représentés par leurs conseils.
Les chefs d'accusations sont nombreux : organisation de manifestation non déclarée, violence contre des personnes dépositaire de l'autorité publique, outrage, entrave à la liberté de travail, de circuler...
Loïs Pindard, accusé de violences sur une personne détenant l'autorité publique avec une ITT de moins de 8 jours, veut renvoyer afin de faire comparaître des témoins. L'affaire est donc renvoyée au 16 mars 2023 à 8 heures.
Il est reproché à Guy Frédéric, l'ancien leader du pôle santé des accords de Guyane d'avoir organisé une manifestation sans l'avoir déclarée et une entrave au travail. Il reviendra avec Yvane Goua et Olivier Goudet le 9 mai 2023.
Dans la cause des renvois, deux problèmes majeurs apparaissent. Le premier : l’accès à la procédure de la défense. Soit ils n'ont pas obtenu les pièces comme les vidéos qui accuseraient les prévenus, soit le dossier a été envoyé, il y a moins d'une semaine pour des gardes à vue qui se sont déroulées en février.
“Il est important que le droit de la défense soit respecté, je ne m'oppose donc pas à ce renvoi”, déclare la procureure. Devant les dates de renvoi très lointaines, la représentante du ministère public questionne la présidente du tribunal. “Quel sera le sens de la justice après tout ce temps ? Quel message la justice fera passer alors que les faits commis sont si éloignés ?” "Celle d'une justice apaisée", tente la juge.
“En 43 ans, c'est la première fois que je vois ça. Le procureur de l'époque était trop pressé d'accuser à tout va. Treize convocations pour madame Goua, c'est un abus. Ce sont des procès politiques. Qui sont les plaignants ? Des gendarmes, l'ARS, la Croix-Rouge...” remarque l'avocate Louze-Donzenac.
“Le nouveau procureur Yves Le Clair pourraient ne pas citer à comparaître les manifestants et en terminer avec ces affaires ridicules. Je me demande si avec la nouvelle Assemblée nationale, nous ne pourrions pas assister à une amnistie pour les gilets jaunes et nos manifestants”, se questionne maître Leblanc. “Surtout que nous avons des moyens qui montrent que nos clients n'organisaient pas mais participaient seulement aux manifestations”, affirme maître Louze-Donzenac
“On m'a rapporté ces propos. Je verrai si c'est utile de répondre ou pas. J'ai autre chose à faire. Ce qui est important c'est de construire, qu'il le veuille ou pas, ce rapport de force à l’intérieur du pays”, répond Jean-Victor Castor.
Apparemment, il n'y aura pas de lune de miel entre les deux membres de la gauche démocrate et républicaine et le représentant du gouvernement en Guyane.

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