Les migrants de Guyane au musée de la porte Dorée à Paris
Une exposition et un ouvrage s’intéressent à l’existence de ces migrants et à leur contribution au creuset guyanais.
Géographe, Frédéric Piantoni travaille depuis quinze ans sur les circulations migratoires et les réseaux transnationaux en Guyane française. Il est aujourd’hui accueilli en délégation au centre IRD de Cayenne. Les résultats de ses recherches sont largement diffusés dans le milieu scientifique mais ses portraits de migrants n’avaient encore jamais été exposés ni publiés.
C’est Katia Kukawka, co-commissaire de l’exposition et conservateur du musée des cultures guyanaises, qui a, par hasard, ouvert une boîte de photos dans le bureau de Frédéric Piantonni… « Je m’intéressais aux mouvements migratoires en Guyane parce qu’on a trop longtemps cantonné nos musées dans l’artisanat… Passionnant mais insuffisant pour parler de la Guyane contemporaine. Il nous fallait un point d’accroche et, en ouvrant ces boîtes, j’ai tout de suite compris qu’on avait là un magnifique point d’accroche, sensible, intelligent avec un vrai propos scientifique derrière. »
« Nous avons affaire, a déclaré M. Colardel, Drac de Guyane, à un géographe qui travaille sur des chiffres et des données quantitatives qui se livre à un travail de contact traduit par la photographie. »
Plus simplement, Frédéric Piantoni considère cette exposition comme un « hommage aux hommes et aux femmes « qu’il a photographiés : « Je les connais tous de façon individuelle et intime bien que nous ne soyons pas amis. »
L’exposition montée par le musée des cultures guyanaise est accueillie par le musée de l’Immigration au palais de la porte Dorée à Paris.
« Frédéric Piantoni donne un visage et une image humaine, intime, individuelle, personnelle à ces migrants », a salué, lundi soir lors de l’inauguration, le président du musée de l’Immigration, Jacques Toubon, devant un parterre où l’on a pu voir Fabienne Mathurin-Brouard, maire et conseillère régionale de Saint-Georges, l’ancienne députée Juliana Rimane ou encore, à la tête de la délégation guyanaise, Christian Porthos, conseiller général de Montsinéry-Tonnegrade.
L’exposition est en escale à Paris jusqu’au 20 mai après avoir été vue à Angoulême et La Rochelle. Elle sera ensuite visible en Guyane, fin juin, à Saint-Laurent d’abord, puis en fin d’année à l’Encre, à Cayenne. Après, ce sera au tour du Brésil et du Suriname de l’accueillir.

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