La fête des pères, fête oubliée ?
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La fête des pères, fête oubliée ?

Par Marie VANDEWOESTYNE & Aurélie CHARRA
Un simple « bonne fête Papa » a déjà beaucoup de valeur.
Un simple « bonne fête Papa » a déjà beaucoup de valeur. • SHUTTERSTOCK 

Chaque année la fête des pères passe presque inaperçue. Peu de vitrines décorées, peu de campagnes publicitaires. À l’inverse, la fête des mères suscite une attention débordante. Pourquoi une telle différence ?

La réponse se trouverait d’abord dans l’histoire. En France, la fête des Mères est officialisée dès 1950, dans un contexte d’après-guerre où l’État souhaite valoriser la maternité. Elle devient une célébration nationale, soutenue par l’école, les médias et les politiques natalistes. La fête des Pères, elle, arrive deux ans plus tard, sans le même ancrage ni les mêmes symboles. Elle est d’ailleurs lancée à l’initiative d’un fabricant de briquets.

Moins de mise
en scène

À cela s’ajoute une dimension commerciale. La fête des Mères est une manne pour les marques  : fleurs, bijoux, cosmétiques, restaurants... tout y passe. Pour les pères, le marketing peine à trouver le bon ton. Rasoirs, cravates, gadgets : les idées-cadeaux sont moins attrayants et moins symboliques.


Interview. Jimmy Flandrina, père célibataire de deux enfants

« Un enfant n'a pas besoin d'un papa parfait, il a besoin d'un papa présent »
 

À l'occasion de la fête des Pères, célébrée ce dimanche 15 juin 2025, Jimmy Flandrina, un père célibataire à temps plein, nous fait part de son quotidien avec ses deux enfants depuis le décès tragique de leur mère, il y a deux ans.

 

Âgé de 38 ans, Jimmy Flandrina est un père célibataire de deux enfants, âgés de 7 et 8 ans. • AURÉLIE CHARRA 

Comment se passe le quotidien d'un père célibataire ?

Je suis papa de deux formidables enfants qui ont 7 et 8 ans. Je les élève seul depuis le décès de leur mère il y a deux ans. Ce n'est pas facile au quotidien, c'est même assez compliqué, mais j'essaie de leur donner un cadre équilibré, stable et épanouissant. Ils vivent avec moi à temps plein. J'ai très peu d'aide malheureusement, parce que ma mère habite assez loin et que je n'ai pas une très grande famille. Mes enfants en sont conscients, ils essaient de me laisser me reposer quand ils voient que je suis fatigué. Ils essayent de m'aider au mieux. Après le décès de leur mère, ils ont dû gérer leur deuil à leur façon donc j'ai appris à les réécouter. Notre relation est plus fusionnelle qu'avant même si j'ai toujours été proche de mes enfants. Maintenant, je suis sollicité à 100 %. Une journée type, c'est très sport puisqu'il faut que j'allie ma carrière professionnelle et ma vie familiale. En sortant du travail, je dois m'occuper du repas, des devoirs aussi. Que l'on soit fatigué ou pas, on doit toujours être au taquet. Et c'est là, que je ressens l'absence d'un autre parent puisque j'ai aussi une casquette de maman. Quand je vois la joie de mes enfants, ça me donne de la force et ça me motive à me réveiller le matin, à être bien au quotidien.


Est-il difficile de jouer à la fois le rôle de papa et de maman ?

On est obligé de faire un travail sur soi et d'accepter une part de féminité. J'ai dû apprendre à les serrer dans mes bras, à leur dire des mots affectueux. En tant que père célibataire, on a peut-être tendance à penser qu'on est tout seul dans ce cas, on se sent vulnérable. Il faut bien s'entourer de ses amis, de sa famille et ne pas avoir peur de se faire aider par des professionnels. Ensuite, il faut faire de son mieux. Un enfant n'a pas besoin d'un papa parfait, il a besoin d'un papa présent.


Comment prendre soin de soi quand on est un père célibataire ?

Quand je couche mes enfants, aux alentours de 20 heures / 20 h 30, ma troisième journée commence. C'est à cet instant seulement que je peux prendre du temps pour moi parce qu'avant, je suis sans cesse sollicité. Je mange, je me pose devant un film, je fais du sport ou je vaque à mes activités. C'est important de prendre soin de soi parce que, mine de rien, on n'est pas que papa, on reste aussi un homme. C'est nécessaire d'en prendre conscience pour avoir un équilibre physique et mental. Il faut savoir s'occuper de soi pour être présent et à l'écoute de ses enfants.


Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre à vos enfants ?


Je suis tout de même un peu inquiet pour l'avenir parce que j'ai peur que ça n'aille pas en s'arrangeant, autant en Hexagone qu'aux Antilles-Guyane. J'essaye de faire comprendre à mes enfants que la violence n'est pas le remède. J'essaye aussi de leur transmettre les valeurs du travail, de leur montrer que le travail paie. Tous les jours après l'école, je leur accorde un temps d'écran, limité par une intelligence artificielle, pour qu'ils puissent se reposer. C'est un peu comme une récompense, s'ils travaillent bien, qu'ils rapportent des bonnes notes ou qu'ils ont bien agi, ils peuvent avoir ce petit moment que je leur accorde.


Accordez-vous une importance à célébrer la fête des Pères ?

J'ai du mal à croire que mes enfants ont déjà 7 et 8 ans, j'ai l'impression qu'hier encore, j'étais à la maternité. Je me revois moi-même souhaiter bonne fête à mon papa quand j'avais leur âge. Ce sont mes deux plus grandes fiertés. Donc j'ai juste hâte de voir comment ils vont me la fêter et ce qu'ils vont m'offrir. Souvent ce sont des dessins et des gros câlins. On essaie de marquer un peu le coup entre nous. Par exemple, on va faire un barbecue. Le plus important pour moi, c'est de passer du temps avec eux.

 

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