LiveInsécurité : blocage des entrées de Saint-Laurent du Maroni
Les accès de Saint-Laurent du Maroni sont bloquées par des manifestants depuis ce matin. Les protestataires réclament des mesures pérennes contre l’insécurité, ils ne sont pas satisfaits du résultat de la réunion d’hier entre le préfet et des représentants des citoyens, notamment issus de Positif Soolan Pikin.
Paddock, carrefour de Vampire, croisement du lac bleu : les trois principaux accès à Saint-Laurent du Maroni sont le théâtre de barrages depuis cette nuit. Une nouvelle conséquence du ras-le-bol des saint-laurentais par rapport à l’insécurité. Dans la soirée de ce mardi, un nouveau blocage de la route devant le supermarché de la ville a même débuté.
En place depuis cette nuit et rejoints par des habitants au fur et à mesure de la matinée, les manifestants semblent bien décidés à installer leur blocage sur la durée. A 13h, on peut les voir se poser de façon de plus en plus confortable.
Certains prennent leur déjeuner, d'autres s'ambiancent en musique, avec une enceinte sortie sur le carrefour du lac bleu, tandis que des militantes ont proposé une série de repas et des bouteilles d'eau aux manifestants.
Des manifestants, très insatisfaits du résultat de la réunion de lundi 15 avril entre des représentants des citoyens – notamment issus de Positif Soolan Pikin (PSP) – et le préfet Antoine Poussier, ont incendié quelques poubelles dans la soirée de lundi, tandis que d’autres sont restés devant la sous-préfecture, pour y continuer le campement installé depuis mardi 9 avril. Tous se disaient alors prêts à poursuivre la mobilisation.
Ils ont visiblement tenu parole, puisque dès ce matin les automobilistes ont été retenus sur les trois points de blocage installés au cours de la nuit. Seuls les services d’urgence, les forces de l’ordre et les malades peuvent passer. « La population en a eu marre et a décidé de bloquer pour se faire entendre », commente une personne impliquée dans la mobilisation, jointe par téléphone.
Sur place, Sandrine Louiset, au premier rang du barrage explique que les bloqueurs sont "arrivés au bout de ce qui a été essayé et le seul moyen qu'on a c'est de montrer que sans les habitants pas d'économie pour la Guyane". Pour la militante, la population doit "montrer sa solidarité, on ne peut plus accepter que nos enfants soient braqués, soient violés".
"Je suis révoltée de voir combien la France gagne d'argent avec notre département et nous laissent nous dans la décrépitude. Y a qu'à voir l'état du bâtiment des impôts", s'emporte encore Sandrine Louiset.
A Saint-Laurent du Maroni, les soignants sont autorisés à passer les blocages par les manifestants. Les gendarmes ont reculé et la tension semble baisser polle mom. pic.twitter.com/YZrKcuLZNc
— France-Guyane (@franceguyane) April 16, 2024
Alors que la mobilisation a été plutôt tranquille, même détendue au niveau de Paddock, la situation a été plus tendue au niveau du carrefour lac bleu, qui est situé proche d'une base de la gendarmerie.
Des sommations ont été prononcées par les forces de l'ordre peu après 9h ce matin, mais les manifestants ont refusé de se disperser. Après une demie-heure de discussions agacées de part et d'autre, la gendarmerie a reculé, de même que les plus jeunes des soutiens au blocage, pour éviter tout incident.
Sommations en cours au barrage du carrefour lac bleu à Saint-Laurent du Maroni. Les gendarmes se préparent à charger. pic.twitter.com/Is4sbu8E38
— France-Guyane (@franceguyane) April 16, 2024
A 10h, le calme est globalement revenu au niveau du carrefour, les gendarmes se tiennent à distance et n'empêchent pour le moment pas la poursuite du blocage, alors que au moins une centaine de personnes se massent derrière les barrières et autour du carrefour. Les deux autres blocages dressés sont également calmes à 11h.
La réunion d’hier entre le préfet et des représentants de Saint-Laurent avaient débouché sur six mesures, d’après un compte-rendu de l’association PSP. « Renforcer progressivement les contrôles à court et moyen terme sur le Maroni. Transmettre la demande de création d’un commissariat au ministre de l’intérieur, afin d’obtenir une réponse pour juin. Transmettre au ministre de la justice la demande de création d’un établissement judiciaire de prise en charge des mineurs délinquants. Définir à court terme les modalités de prise en charge des personnes en situation de toxicomanie. Activer une cellule d’urgence médico-psychologique. Améliorer le ciblage sectoriel dans le cadre de l’opération "place nette". »
"Comme d'habitude on nous lance de la poudre aux yeux", commente Sandrine Louiset.
Dans un communiqué, la mairie de Saint-Laurent du Maroni ont annoncé la fermeture des écoles municipales en raison des blocages et de l'impossibilité pour les élèves comme les enseignants de pouvoir se rendre dans les établissements scolaires.

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