Éric Spitz : «je ne peux pas réquisitionner les stations pour les particuliers»
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Éric Spitz : "je ne peux pas réquisitionner les stations pour les particuliers"

Propos recueillis par A.S.-M.
"je ne peux pas réquisitionner les stations pour les particuliers", a déclaré le Préfet Éric Spitz
"je ne peux pas réquisitionner les stations pour les particuliers", a déclaré le Préfet Éric Spitz • (PHOTO ASM)

Alors que les négociations se poursuivent à Paris sur les arrêtés de méthode du décret Lurel, le préfet Éric Spitz fait le point sur la situation en Guyane. Interview réalisée à 12h30.

• Quelle est la situation actuellement ?
Je veux d'abord souligner qu'en Guyane nous sommes le seul département où les gérants de station-service n'ont pas fermé leurs stations et que ce n'est donc pas de leur faute si aujourd'hui nous n'avons pas de carburant dans la plupart des stations guyanaises. Aujourd'hui, j'en ai réquisitionné quatre pour les services publics prioritaires notamment les ambulances et médecins. À l'heure où je vous parle (12h30), il y a encore trois stations qui disposent de carburant et qui sont ouvertes au public à Saint-Laurent du Maroni, à Saint-Georges et à cacao. Certaines autres sont aussi ouvertes mais ne font que boutique.
• Dans quelle mesure êtes-vous en discussion avec les différents protagonistes ?
Nous dialoguons au niveau local, parce que la mise en œuvre des réquisitions du préfet ne va pas de soi, il faut convaincre les uns et les autres. Nous disposons de moyens juridiques pour les contraindre, mais dans le temps. S’ils refusaient, il y aurait éventuellement des poursuites au plan pénal, mais nous nous entendons pour alimenter les services publics prioritaires. Au niveau national, nous ne participons pas aux discussions, nous sommes bien sûr informées, et pour l'heure les négociations n'ont visiblement pas abouti.
• Justement, c'est aujourd'hui que les arrêtés de méthode doivent être signés, selon la volonté du ministère, quelles informations avez-vous en provenance de Paris ?
À l'heure où nous parlons, les arrêtés de méthode ne sont pas signés et il est possible qu'ils ne le soient pas aujourd'hui.
• Ne craignez-vous pas que la population perde patience ?
Je comprends l'agacement de la population mais, sincèrement, ici, en raison de l'attitude des gérants de station-service, la situation est quand même moins tendue que les dans les autres départements d'Outre-mer. Les gens ont eu toute la semaine pour faire leur plein puisque les stations sont restées ouvertes. J'espère que la situation se débloquera rapidement pour que nous puissions arriver à un retour à une activité normale.
• Si la situation devait durer on pourrait craindre des réactions hostiles. Y a-t-il un dispositif spécial en place pour faire face à d'éventuels débordements ?
Oui, un dispositif est en place pour éviter qu'on s'en prenne à ceux qui pourraient être considérés comme responsables de la situation mais vous me permettrez de ne pas le décrire plus précisément.
• De nombreux automobilistes évoquent un refus de vente et demandent à l'État d'agir contre ce refus de vente. Avez-vous la possibilité d'intervenir dans ce sens ?
Je n'ai le pouvoir que de faire des réquisitions pour les services publics prioritaires, je ne peux malheureusement pas réquisitionner pour les particuliers et même pour les entreprises, ce serait illégal. Ensuite, il y a un lien contractuel, de droit privé, entre les gérants de station-service et les distributeurs.

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