Que représente le cimetière en Martinique
?
Le cimetière est la concrétisation et
l'acceptation de la mort. Le cimetière est le lieu où les vivants
se séparent de leurs morts. Avec une mort de plus en plus occultée
dans la période contemporaine, avec des cimetières de plus en plus
anonymes et des veillées de plus en plus brouillonnes. Pour rappel,
c'est en juin 1804 que le cimetière devient laïque et passe sous
l'autorité de la commune. L'église ne peut dès lors plus interdire
des enterrements.
Quelle « lecture » peut-on faire de
ces espaces sur notre territoire ?
Dans la « lecture » des cimetières
martiniquais, le social a autant sa place que l'aspect
philosophique. Le cimetière représente une passerelle plus ou moins
accueillante. Toutes les communes n'y impriment pas leurs marques.
Ainsi avons-nous été « déçus » du cimetière du Morne
Vert. Nous pensions y voir intégrés les jardins créoles. Egalement
déçus du cimetière de Basse-Pointe où n'existe aucun carré indien,
une absence due au processus d'intégration catholique et à
l'absence de marqueur identitaire.
Quelle conception de la mort a-t-on en
Martinique ?
La conception martiniquaise de la mort intègre
qu'un humain mal enterré peut revenir dans le monde des vivants. Le
cimetière est alors un lieu de séparation qui cependant ne
peut-être trop brutale, car une césure totale serait susceptible de
donner au mort une occasion de hanter ceux qui l'auraient trop
délaissé.
Que révèle l'organisation interne des
cimetières ?
L'organisation interne révèle que les
cimetières n'échappaient pas à un ordonnancement régi par le
social. Ce n'est que récemment, avec...
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