“289 millions d'euros ont déjà été mobilisés”
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Insécurité

“289 millions d'euros ont déjà été mobilisés”

Gérôme GUITTEAU ; g.guitteau@agmedias.fr
Le préfet Thierry Queffèlec adresse un long communiqué en direction des familles des victimes et les associations qui luttent contre l'insécurité en Guyane. L’État agit assure le préfet qui a réussi à obtenir un nouvel escadron de gendarmes mobiles et tente de faire venir une unité du Raid.
Le préfet Thierry Queffèlec adresse un long communiqué en direction des familles des victimes et les associations qui luttent contre l'insécurité en Guyane. L’État agit assure le préfet qui a réussi à obtenir un nouvel escadron de gendarmes mobiles et tente de faire venir une unité du Raid. • G. GUITTEAU

Dans une réponse aux organisateurs de la marche contre l'insécurité, le préfet Thierry Queffèlec défend le bilan de l’État depuis 2017.
France-Guyane publie le verbatim du préfet suivi de quelques réactions à la politique contre l'insécurité menée en Guyane.

« Conscient de l’effroi et de l’émotion qu’ont suscité les assassinats commis ces derniers jours et dont les auteurs sont activement recherchés par les forces de l’ordre, mes premières pensées vont aux familles et aux proches dont je partage la peine. Après le temps du recueillement vient celui de l’action.
J’ai reçu, le 2 septembre dernier, les élus et les représentants associatifs venus déposer des propositions visant à lutter structurellement contre l’insécurité en Guyane. Je me suis engagé à apporter pour chacune d’entre elles des réponses concrètes, afin que toutes et tous puissent avoir connaissance du travail effectué par les services de l’État et des actions menées au quotidien par les forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire.
Certaines de ses propositions émanent du volet de la sécurité et de la justice des accords de Guyane décidées en 2017. Ce volet comprend 14 mesures, dont la majeure partie a été réalisée. Ce sont 289 millions d'euros qui ont déjà été mobilisés pour répondre aux besoins du territoire en matière de protection et de sécurité. D’autres propositions sont nouvelles, mais pour autant des réponses ont déjà été construites et mises en œuvre ou sont en passe de l’être.
Loin de clore les discussions, ces réponses que j’ai souhaitées factuelles, établissent un point de situation des actions de lutte contre l’insécurité en Guyane. Elles serviront de base de travail pour la préparation des assises de la sécurité qui se dérouleront le 30 septembre prochain.
Parce que la sécurité est un sujet qui touche chacune et chacun, j’ai voulu partager largement et en toute transparence les réponses apportées aux organisateurs de la marche de vendredi dernier. »
Il manque 140 policiers
En avril dernier différents médias dont France-Guyane avait dressé le bilan des accords de Guyane de 2017.
Guyane la 1ère notait qu'il manquait 140 policiers. "Nous avons une compagnie départementale d'intervention qui était à 3 sections de 22/23 agents à l'époque et aujourd'hui nous sommes à 3 sections de 11. A Saint-Georges nous sommes passés d'une soixantaine à une trentaine. A Saint-Laurent, nous sommes 40 sur 60 pour la police aux frontières”, notait ainsi Willy Ranguin, secrétaire départemental Unité SGP FO Police.

L'escadron supplémentaire de 90 gendarmes mobiles est reparti en Guadeloupe en 2019. Un autre revient très prochainement selon l'annonce des services de l’État, la semaine dernière.
Le fameux scanner de l'aéroport réclamé en 2017 pour arrêter le fléau des mules est utilisé à l'aéroport mais pas pour voir in corpore, à l'intérieur du corps, ce qui est interdit dans l'Union européenne.

Il est donc difficile de chiffrer l'effort financier supplémentaire consenti par l’État dans cette lutte sans fin contre l'insécurité.
Est-ce que les montants du futur hôtel de police sur l'ancien campus Saint-Denis à Cayenne (49 millions d'euros) ou des cités judiciaires de la cité Rebard (48 millions d'euros) et Saint-Laurent (170 millions d'euros) sont comptés ?
Pas une question de moyens mais de stratégie
Des chiffres et des moyens accumulés, reconnus même par des membres de la société civile. “Des annonces comme ça on en a marre, on veut savoir pour faire quoi. Ce n'est pas une question d'effectif mais de priorisation des missions. Là, on dit qu'ils veulent lutter contre la prolifération des armes à feu et ils mettent des surveillances dans les grand axes. Vous pensez que les bandits sont des demeurés, des cons ? Et la preuve, regardez le nombre d'arme saisie... Une”, réagissait, à l'annonce de la venue d'un nouvel escadron, vendredi lors de la marche contre l'insécurité, Yvane Goua, arrivée deuxième aux dernières législatives.
Contre l'insécurité, Trop'Violans a manifesté devant la préfecture vendredi dernier ainsi que des centaines d'habitants de la Guyane. • Marie Odry

Joël Sollier, le procureur général pose lui aussi la question de la répartition des moyens au sein de la Guyane. Pour lui, au-delà des moyens supplémentaires toujours exigés, il faut trouver la bonne stratégie de lutte contre le crime organisé et les gangs sud-américains qui tentent de s'installer durablement en Guyane. “On peut ajouter des bassines et des seaux d’eau pour endiguer l’inondation mais le problème c’est le robinet. Je ne crois pas de manière écrasante à la dictature du chiffre”, déclarait-il de manière imagée dans une entrevue pour France-Guyane.
"Ce n’est pas par la répression qu'on va régler ce problème"
Traditionnellement, la Guyane affronte chaque année, pendant les grandes vacances et à l'approche de Noël, des vagues d'attaques aux biens aux personnes. Là, on commence à avoir peur de voir cette violence s'installait H24 en Guyane. On passerait de razzia à une société criminalisée où l’impunité régnera. Nous ne voulons absolument pas ça pour notre pays”, analyse un professionnel du droit pénal.
De notre point de vue, ce n’est pas par la répression qu'on va régler ce problème. Le problème est à la source, la non-scolarisation de milliers d'enfants, l'enclavement, l'incapacité de donner un lopin de terre ou une activité à toutes les personnes pour s’émanciper sur ce territoire”, concluent les deux députés de la Guyane, Jean-Victor Castor et Davy Rimane, lors d'une conférence de presse, mercredi dernier.
Nulle doute que le sujet sera discuté lors de la rencontre des élus ultramarins avec le président Macron, demain à l’Élysée. Les trois départements français d'Amérique trustent depuis 2016, au moins, le podium des territoires avec le plus grand nombre d'homicides pour 100 000 habitants.

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