Éric Louis : « Le quotidien de ces peuples est notre priorité »
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Grand conseil coutumier

Éric Louis : « Le quotidien de ces peuples est notre priorité »

Propos recueillis par Gérôme GUITTEAU g.guitteau@agmedias.fr
Éric Louis, porte la coiffe des Yopoto, les chefs de communauté Kali'na, au côté de Christophe Yanuwana Pierre (micro) lors du congrès des élus de samedi 13 avril.
Éric Louis, porte la coiffe des Yopoto, les chefs de communauté Kali'na, au côté de Christophe Yanuwana Pierre (micro) lors du congrès des élus de samedi 13 avril. • GG

Élu par le collège amérindien, Éric Louis, yopoto du village kouroucien Kuwano, devrait succéder à Bruno Apouyou à la tête de la jeune institution qu'est le Grand conseil coutumier (GCC). Les enjeux qui attendent la nouvelle équipe revêtent un caractère historique, tant le réveil politique autochtone chamboule la Guyane.

Vous êtes un militant de la cause autochtone. Votre élection marque un changement de ton de la part du Grand conseil coutumier (GCC) ?

Peut-être. Ce qui est certain, c'est que je suis élu à l'unanimité. En tant que Kali'na, nous communiquons plus facilement. J'appartiens à la Copag et c'est un travail de quatre ans qui se concrétise par cette élection. Ce que je peux dire, c'est que je serai le président de l'ensemble des peuples, nations et populations autochtones et bushinenge.

Quels sont les enjeux des deux ans de votre mandature ?

Nous devons discuter avec l'État au sujet des moyens financiers mis en place. Mon mandat sera celui du quotidien. Jour après jour, des villages sont oubliés par leur propre maire. Nous devons y remédier rapidement. Le quotidien de ces peuples est notre priorité. Les 400 000 hectares sont un leurre. Nous devons agir pour que les gens aient accès à l'eau, à l'électricité, à l'emploi. Sans cela, comment peut-on vivre ? Et là, il s'agit d'appliquer le droit français, pas international. Pour cela, nous avons besoins d'engagement financier.
 

Le vote de samedi lors du congrès des élus a mis un terme au Sénat coutumier. Il y aura une Assemblée des hautes autorités amérindiennes (AHAAG). Qu-est-ce que cela change pour vous ?

Pour l'instant rien ne change, car il s'agit d'un projet mais il faut préparer la transition vers cette haute autorité. Nous avons demandé une scission entre les autochtones et Les bushinengé. Cela sera plus sain. On ne peut pas continuer comme ça. Des actes ont été pris malgré la réticence des peuples autochtones, ce sont des abus de pouvoir pour moi car il n'y avait pas de concertation. Je rappelle mon opposition à l'emplacement du projet CEOG (centrale électrique de l'Ouest). Il ne peut pas se faire sur un territoire de vie. Les tractopelles ont détruit en quelques minutes des rites millénaires, traditionnels.
 
 
Eric Louis, président du Grand Conseil coutumier
Eric Louis, lors de la présentation de la résolution sur la question autochtone dans le cadre d'une entité politique guyanaise autonome, ce samedi matin à Suzini. • GG

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