Les médicaments périmés ou non "ne sont pas à jeter"
L'association Cyclamed collecte et valorise l'ensemble des médicaments à usage humain, qu'ils soient périmés ou non. Lors de sa tournée de sensibilisation, elle rappelle les bonnes pratiques à adopter.
Le dispositif Cyclamed est implanté en Guyane depuis 2001. Comment le processus de collecte des médicaments y est-il organisé depuis sa mise en place ?
Les citoyens doivent d'abord trier les médicaments présents dans leur pharmacie personnelle. Ils doivent séparer les médicaments des autres produits de santé et d'hygiène, tels que les compléments alimentaires ou les produits de parapharmacie, qui ne sont pas concernés.
Une fois le tri effectué, ils placent le carton et la notice dans le recyclage, puis se rendent à la pharmacie avec le médicament, dans sa plaquette ou non. Chaque pharmacie est tenue de récupérer les médicaments non utilisés.
La collecte des médicaments non utilisés représente 13 tonnes par an. Pourquoi cette collecte est-elle si importante ?
Il s'agit avant tout d'un geste de sécurité sanitaire et domestique, notamment pour les jeunes enfants, afin de prévenir tout risque d'ingestion accidentelle. Il permet également de réduire les confusions chez les personnes âgées, qui conservent souvent de nombreux médicaments non utilisés. Enfin, ce geste est crucial pour la protection de l'environnement : les médicaments ne doivent jamais être jetés dans les éviers, les toilettes ou les ordures ménagères, car cela peut entraîner des risques de pollution des sols et des eaux ainsi que d'enfouissement dangereux.
Les médicaments sont collectés, mais que deviennent-ils ensuite ?
Une fois déposés en pharmacie, les médicaments sont placés dans les boîtes Cyclamed dédiées à leur collecte. Ils sont ensuite récupérés par les deux seules sociétés de grossistes-répartiteurs lors de leurs tournées de livraison auprès des pharmacies. Ces boîtes sont ensuite expédiées en métropole, où les médicaments sont incinérés. L'incinération permet une valorisation énergétique, tout en éliminant les risques de pollution locale.
La Guyane ne dispose pas d'incinérateur. Serait-il envisageable, à l'avenir, de réaliser l'ensemble du parcours de collecte et de valorisation des médicaments sur place ?
La Communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL) a présenté un projet de unité de valorisation énergétique, qui devrait voir le jour probablement en 2027. On espère qu'avec ce dispositif, il sera possible de valoriser l'énergie issue de la destruction des médicaments directement sur le territoire. Pour l'instant, l'énergie récupérée grâce à cette collecte équivaut à l'éclairage d'une ville comme Maripasoula pendant une année entière.
Dans les communes isolées qui ne disposent pas forcément de pharmacie, comment s'organisera la collecte des médicaments ?
Cela fait partie de nos objectifs dans le cadre du Plan de prévention et de gestion des déchets liés aux médicaments non utilisés (MNU) pour chaque territoire. L'objectif est de développer la collecte dans les zones isolées, en identifiant les lieux où il existe peu de points de collecte, notamment les pharmacies. Un projet concret est actuellement en cours à Maripasoula et Grand-Santi, où les deux pharmacies sont désormais équipées de cartons Cyclamed. Ces cartons sont régulièrement rapatriés vers le Haut-Maroni en pirogue, jusqu'à atteindre un volume suffisant pour leur prise en charge.
Avec 88 % de récoltes en Guyane, contre 77 % dans l'hexagone, la campagne de sensibilisation peut-elle être considérée comme un succès ?
Oui, la Guyane est en tête pour le dépôt de médicaments. Mais ce n'est pas une raison pour se relâcher. Une proportion encore trop importante de personnes continue de conserver leurs médicaments dans leur boîte à pharmacie ou de les jeter n'importe où et n'importe comment.
Il est important de rappeler que les médicaments, qu'ils soient périmés ou non, ne doivent pas être jetés.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters