Le recyclage des médicaments, une pratique encore trop peu généralisée en Guyane
L'organisme de gestion des déchets médicamenteux Cyclamed tente de pousser les Guyanais à davantage rapporter leurs médicaments périmés pour les recycler. On vous explique pourquoi.
"Je n'y pense pas", admet timidement Nesta dans la queue d'une pharmacie kouroucienne. "Je devrais pourtant." L'organisme de recyclage des médicaments périmés Cyclamed, a initié début novembre une large campagne de communication en Guyane pour inciter les habitants à mieux trier leurs médicaments périmés.
Son objectif : "Préserver l'environnement et la santé publique", indique l'association française créée en 1993 et qui assure depuis la gestion des MNU (médicaments non utilisés) au service de l'Etat. L'organisme est implanté en Guyane depuis 2021.
Les détenteurs de médicaments dont la date de péremption est dépassée peuvent rapporter ceux-ci à n'importe quelle pharmacie. Cette dernière se charge de collecter les médicaments (sans leur boîte en carton, ni leur notice) dans un bac que les grossistes récupèrent en retour de livraison pour les acheminer vers un centre de tri. Les médicaments sont ensuite incinérés en hexagone.
Parvenir entre 16 et 25 tonnes de médicaments recyclés
"On n'envoie pas de médicaments périmés, ni tels quels, ni reconditionnés en Afrique", souhaite préciser Aurélie Billard, représentante locale de Cyclamed, qui a déjà eu vent de cette rumeur.
Mais en Guyane, seules 11 tonnes de médicaments périmés sont récupérées par les pharmacies. "On a lancé cette campagne de communication, sur des panneaux publicitaires et à la radio, pour améliorer les performances de recyclage", continue Aurélie Billard.
"Cela arrive tous les mois, mais ce n'est pas très fréquent", reconnaît le pharmacien Laurent David, derrière le comptoir de la pharmacie des Deux-Lacs à Kourou. "Ce sont plutôt des mamans ou des personnes âgées qui viennent déposer les médicaments périmés."
"Limiter les dégâts environnementaux"
En Guyane, Cyclamed veut parvenir entre 16 et 25 tonnes de médicaments recyclés soit entre 30 et 40% des médicaments en circulation.
"Le but est de réduire les risques sanitaires en participant à limiter le nombre de médicaments présents dans les pharmacies [domestiques] qui peuvent être avalés par accident par des enfants", explique Aurélie Billard. "Il y a aussi la volonté de limiter les dégâts environnementaux."
"Pour certains médicaments, leur nature chimique fait qu'ils peuvent aussi avoir un impact sur l'environnement en se diffusant dans les eaux ou les sols", est-il indiqué sur Ameli.fr, le site d'information de la Sécurité sociale.
Ainsi, une filière spécifique de recyclage est requise afin d'éviter que le risque de contamination, y compris dans les eaux que l'on est amené à consommer, devienne plus élevé. A condition que les consommateurs de médicaments jouent également le jeu.

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