La prévention des cancers du col de l'utérus, du pénis... passe par la vaccination
Le professeur Janky et le docteur Aurore discutent avec des parents d'élèves des papillomavirus humains, aussi appelés HPV, des virus très contagieux, responsables entre autres du cancer du col de l'utérus. Ils prennent le temps de discuter avec les parents de l'importance de la vaccination qui a été proposée à tous les élèves de 5e en France, cette année.
Eustase Janky, professeur de médecine en gynécologie obstétrique et chef du Pôle Parent-Enfant au CHU de Pointe-à-Pitre, et Anne-Claire Aurore, médecin pathologiste au CHU (Centre hospitalier universitaire), ont invité élèves et parents d'élèves à une session d'information dans le cadre de la campagne de vaccination contre les papillomavirus humains, (aussi appelés HPV). La vaccination est désormais proposée à l'ensemble des élèves de 5e. Les médecins ont fait preuve de pédagogie pour expliquer aux parents l'importance de cette vaccination encore trop peu pratiquée sur notre territoire.
« Proposer la vaccination au collège, sous réserve de cet accord parental, c'est permettre à chaque enfant d'accéder gratuitement à ce vaccin et de bénéficier de la protection contre des lésions précancéreuses et/ou des cancers liés aux HPV à l'âge adulte », expliquent le Pr Eustase Janky et le Dr Anne-Claire Aurore devant quelques parents d'élèves. Deux doses, espacées de six mois, sont nécessaires pour la protection optimale contre ces virus.
En Guadeloupe, et encore plus en Guyane, la couverture vaccinale est en progression mais encore très insuffisante, déplorent les professionnels de santé. Le dernier bulletin de Santé Publique France relatif à la vaccination dans nos territoires, fraichement publié ce vendredi 26 avril, apporte de nouveaux éclairages.
31,5 % des jeunes filles et 6,8 % des garçons de 15 ans ont initié leur schéma vaccinal contre les papillomavirus. La couverture vaccinale contre les HPV a légèrement progressé en 2023 avec des gains de 5 points chez les jeunes filles en Guadeloupe et une couverture qui a plus que doublé chez les garçons par rapport à 2022, bien qu'elle reste en deçà de 7 %. La couverture contre les HPV reste encore loin des objectifs de 80 % de la stratégie décennale de lutte contre les cancers à l'horizon 2030.
À l'issue de la première phase de la campagne de vaccination contre les papillomavirus (HPV) au collège, au 31 décembre 2023, il est estimé qu'environ 26 % des filles et 14 % des garçons âgés de 12 ans en Guadeloupe ont reçu au moins une dose de vaccin contre les HPV.
Les prochaines sessions d'information : le 18 mai au centre culturel Gérard Lockel à Belcourt Baie-Mahault et le 25 mai à école Aristide Girard à Sergent au Moule.
Ce qu'il faut retenir sur les virus HPV
Ce sont des virus très contagieux ;
Il existe près de 200 types différents de HPV ;
12 d'entre eux peuvent provoquer des lésions précancéreuses et des cancers ;
80% des hommes et des femmes sont exposés à ce virus au cours de leur vie ;
Chaque année en France, il provoque 6 400 nouveaux cas de cancers.
Pourquoi est-il important aujourd'hui de parler de la vaccination HPV ?
C'est important parce que le papillomavirus humain est responsable d'environ 6 500 cancers chaque année en France chez les hommes et les femmes. Chez la femme, c'est plutôt le cancer du col de l'utérus, mais l'homme aussi est concerné par les cancers de la sphère ORL, plus particulièrement le cancer de l'oropharenx, le cancer du pénis mais aussi de l'anus.
Parfois les gens sont méfiants envers les vaccins. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
Le vaccin contre l'HPV existe depuis plus de 20 ans. Il est efficace, sa sécurité a été démontrée en population réelle. A ce jour, 300 millions de doses ont été injectées donc dans le monde. Plusieurs pays vaccinent la population (homme et femme) de façon obligatoire, on peut citer la Suède, l'Australie et le Royaume-Uni où ils ont observé moins 75 % de taux de survenue de cancer du col de l'utérus. C'est un vaccin qui a été beaucoup décrié au tout début, à sa sortie. L'idée que le vaccin était lié à des maladies auto-immunes a été diffusée mais il s'agit d'une idée fausse. Des études depuis ont été menées par plusieurs pays, dont la France, et qui ont infirmé cette hypothèse. Les dernières études rassurent énormément sur la sécurité du vaccin et son efficacité.
La campagne de vaccination concerne tous les élèves de 5ème ?
Aujourd'hui le vaccin est recommandé pour les filles et les garçons entre 11 ans et 14 ans en deux doses et entre 15 et 19 ans en trois doses. C'est une campagne nationale. c'est la première année où elle se déroule pour les collégiens de 5ème, bien sûr avec autorisation parentale. Cette campagne va se répéter l'année prochaine.

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