La Ligue des Droits de l'Homme s'inquiète de l'avenir de l'Aide médicale d'État
Au centre Rémy-Nainsouta, ce samedi matin, la Ligue des Droits de l'Homme va réunir les acteurs médico-sociaux autour de l'AME (Aide médicale d'État) qui fait l'objet d'une refonte au niveau du gouvernement. Un virage que Patrice Ganot, vice-président de la Ligue des Droits de l'Homme, pense trop serré. La conférence est ouverte au public.
À quelle sauce va être mangée l'Aide médicale d'État (AME) ? La balle est dans le camp des parlementaires. Cette AME permet à une personne étrangère qui a résidé au moins trois mois sur le sol français et ayant un revenu inférieur à 800 euros, de prétendre à la gratuité des soins. La Droite pousse pour une réforme de l'AME afin d'en restreindre son accès. Pour l'antenne de la Ligue des Droits de l'Homme en Guadeloupe, c'est pas touche à l'AME !
« On a d'ailleurs co-signé une lettre pour interpeler les parlementaires. Mais l'Aide médicale d'État fera l'objet d'un décret, ce qui change complètement la donne. On ne sait pas à quelle sauce ça va être mis », s'inquiète Patrice Ganot, vice-président la Ligue des Droits de l'Homme. Raison pour laquelle l'interpellation se transforme en séminaire/conférence. Les acteurs qui sont en contact avec des personnes qui sont dans cette précarité feront un partage d'expérience ce samedi 20 avril. Des bénéficiaires viendront même témoigner.
« Donc ça vaut le coup qu'on parle de l'AME avec des bénéficiaires, des soignants et toutes les institutions, sans savoir ce qu'il adviendra de cette aide. On pensait que c'était utile de réunir tout le monde, que des contacts soient pris, ainsi que des expériences, aussi bien d'usagers que de soignants. » Patrice Ganot explique qu'il y a des structures hospitalières dans lesquelles se trouvent des patients qui n'ont pas les moyens de payer les soins qui leur ont été prodigués.
Le gouvernement a annoncé vouloir faire 10 milliards d'euros d'économie. Ce qui n'augure rien de bon pour l'AME. « Il y a un discours actuellement où on a l'impression que c'est sur les structures qui s'occupent de gens en difficulté qu'on tape le plus. Ce sont ceux qui sont en bout de chaîne, les plus fragiles qui vont devoir payer ce serrage de ceinture », ajoute le vice-président. Selon la Ligue, restreindre l'AME équivaut à mettre la société dans une difficulté globale. « Des situations vont s'aggraver et elles ne vont pas assurer le bon fonctionnement de la société. Il y a certaines choses qui sont mises en avant et qui ne nous paraissent pas de nature à améliorer les conditions d'existence de notre société. »
Le vice-président est un ardent défenseur de ce droit pour les étrangers. En effet, dès sa jeunesse, il connaît l'AMG (ancien nom de l'AME). Son père était médecin dans un dispensaire. « Il y a eu toute une évolution de la législation pour permettre à des gens en situation précaire ou qui n'ont pas de sécurité sociale, d'avoir accès à des soins. Ça c'est la magie, si j'ose dire, de l'État providence, à la française. On ne trouve pas ça dans tous les pays. »
Le maintien de l'AME tel qu'il est n'est pas uniquement de la charité bien ordonnée, cela relève de risques sanitaires. « Si le patient a une maladie infectieuse et qu'il ne peut se faire soigner. Imaginez ce que ça pourrait provoquer ! Même parmi la population guadeloupéenne, il a des personnes qui ne se font pas soigner, faute d'argent. La problématique est globale. »
Patrice Ganot souhaiterait que les acteurs du médico-social soient consultés avant toute refonte de l'AME. « S'il y a consultation auprès des acteurs touchés par l'AME, mais qu'elle ne prend pas en compte ce qui est remonté, c'est stérile. Je trouverai utile qu'on consulte les gens qui sont sur le terrain. » Il poursuit : « J'ai l'impression qu'il y a des bureaucrates qui décident et qui sont complètement hors sol. »

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