La population ultramarine bien plus touchée par le diabète de type 2
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La population ultramarine bien plus touchée par le diabète de type 2

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Publiée ce mardi (14 novembre), l'étude de Santé publique France montre une prévalence du diabète de type 2 particulièrement élevée en Outre-mer. Les complications chroniques y sont également plus fréquentes. 

Dans un bulletin épidémiologique hebdomadaire, Santé publique France aborde le sujet du diabète en Outre-mer, dans le but de comprendre les spécificités locales, afin de cibler les actions.
L'agence nationale de santé publique avance que la prévalence du diabète de type 2 (DT2) est particulièrement élevée dans les départements et régions d'outre-mer (DROM) et les complications chroniques y sont plus fréquentes. Dans cette enquête, elle se focalise sur les caractéristiques démographiques, socio-économiques, l'état de santé et le recours aux soins des personnes ayant un diabète de type 2 résidant en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane et à La Réunion.

La population d'étude inclue 498 personnes en Guadeloupe, 682 en Martinique, 504 en Guyane, 586 à la Réunion et 2 714 dans l'Hexagone. Une prédominance féminine a été observée en Outre-mer, par rapport à l'Hexagone. Les résidents de Guyane et de La Réunion sont plus jeunes (61 et 63 ans en moyenne) par rapport aux Antilles et à l'Hexagone (67 et 68 ans). L'âge au diagnostic du diabète de type 2 était également environ 5 ans plus jeune dans ces deux territoires. L'indice de masse corporelle (IMC) moyen est moins élevé à La Réunion (27,7 kg/m2), en Guyane et Guadeloupe (28,4 kg/m2) qu'en Martinique (29,3 kg/m2) et dans l'Hexagone (29,5 kg/m2). La consommation d'alcool et de tabac est quant à elle moins fréquente dans les DROM par rapport à l'Hexagone, à l'exception d'un tabagisme plus fréquent à La Réunion (14%). Le niveau d'hémoglobine glyquée) moyen est plus élevé en Outre-Mer par rapport à l'Hexagone (7,4%, 7,5%, 8,0% et 7,7%, respectivement en Guadeloupe, Martinique, Guyane et La Réunion vs 7,2%). La fréquence des complications chroniques est, pour sa part, supérieure à La Réunion, quelle qu'elle soit. "Seule la fréquence des complications podologiques et rénales ne varient pas significativement selon les territoires", ajoute l'agence. 
 

 

Des chiffres évocateurs

Toujours dans le même bulletin, Santé publique France indique qu'en 2021, 10,2% des adultes résidant en Guadeloupe, 9,5% de ceux de Martinique, 8,4% de ceux de La Réunion et 3,8% de ceux de Guyane se déclaraient atteints d'un diabète de type 2, tandis que cette proportion était de 5,7% en 2016, en France hexagonale. La même année, par rapport à la France entière et à une catégorie d'âge équivalente, les taux de prévalence du diabète traité pharmacologiquement étaient 1,9 fois plus élevés à La Réunion, 1,8 fois en Guadeloupe et 1,5 fois en Guyane et Martinique.

"La survenue des complications graves, souvent plus fréquentes dans ces territoires, vient également alourdir le fardeau du diabète", explique l'agence nationale de santé. Par exemple, en population diabétique, les hospitalisations pour amputations de membres inférieurs étaient, respectivement 1,5 et 1,3 fois plus fréquentes en Martinique et à La Réunion en 2021 par rapport à la France entière. Enfin, les hospitalisations pour accident vasculaire cérébral (AVC) étaient 1,5 fois plus fréquentes à La Réunion et les hospitalisations pour insuffisance rénale chronique terminale, 2 fois plus fréquentes en Martinique, 1,7 fois à La Réunion, 1,6 en Guyane et 1,3 en Guadeloupe. 

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