« Les personnes du fleuve ont été oubliées »
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épidémie de covid-19 — témoignage

« Les personnes du fleuve ont été oubliées »

Propos recueillis par Stéphane HESPEL
Saint-Georges de l'Oyapock (A) est, en temps ordinaire, à 20 minutes d'Oiapoque (B), en pirogue. La région est aujourd'hui fortement touchée par le virus.
Saint-Georges de l'Oyapock (A) est, en temps ordinaire, à 20 minutes d'Oiapoque (B), en pirogue. La région est aujourd'hui fortement touchée par le virus. • CAPTURE D'ÉCRAN DR

Ellis Braga est Brésilienne. Elle est née à Oiapoque. Et vit en France, et en Guyane, depuis très longtemps. Elle porte aujourd’hui un regard très critique sur la situation que vivent les habitants de la région du fleuve, oubliés, de part et d’autres de la frontière, pour de nombreuses raisons.

Quel regard portez-vous sur la situation dans laquelle vivent aujourd’hui les habitants de Saint-Georges ?
La prévention, côté guyanais, et à destination des Guyanais, a été bien faîte. Sauf que les gens du fleuve ont été oubliés dans cette communication. Ce sont des communautés qui vivent ici depuis toujours et qui sont en lien étroit avec les habitants de l’autre côté de la frontière.

A saint-Georges, on trouve des Brésiliens amérindiens, qui vivent en communauté, avec leur famille. Ces Amérindiens vivent dans leur petit quartier. Qui côtoie les quartiers « français » où on retrouve des maisons refaites et plus sofistiquées. Eux vivent dans des petites maisons qu’ils ont construites eux même, en bois… ils vivent de la chasse, de la pêche, de l’abattis. ils vivent aussi de l’artisanat que l’on retrouve après dans les boutiques à Cayenne. Donc ces personnes font beaucoup d’allers-retours.

Comment analyser l’explosion de cas qu’il y a depuis quelques jours ?