Devant le relâchement des consignes de confinement, Marie-Laure Phinéra-Horth, maire de Cayenne, pousse un cri d’alarme. Dans un courrier envoyé hier au préfet, elle demande la généralisation du port du masque. « Ma brigade me rend compte : chaque nuit, il y a davantage de non-respects. Il y a eu 22 verbalisations samedi soir. J’ai l’impression qu’on n’est plus en confinement. Encore hier matin, j’ai vu des gens devant la poste Mandela qui ne respectent pas les gestes barrières et sont sans masques », alerte la maire de Cayenne. Mais dans les faits, à moins de les fabriquer soi-même, il apparaît compliqué pour les particuliers de dénicher des masques, tant ils sont devenus denrée rare, ces dernières semaines.
Où trouver des masques ?
Ceux qu’on peut trouver en pharmacie sont naturellement exclusivement réservés aux soignants. Et si les masques en tissus sont vite devenus incontournables, il reste difficile de s’en procurer. Les initiatives individuelles des couturiers et couturières foisonnent : GDI s’est ainsi lancé dans leur fabrication, mais la demande croît de jour en jour. Marie-Laure Phinéra-Horth explique avoir commandé des masques via son parti, Nouvelles forces de Guyane. « On a commandé chez une couturière 200 masques en tissu qu’on va distribuer. S’il faut que la mairie participe financièrement, je suis prête. »
Pour coordonner les initiatives individuelles de confection de masques alternatifs et permettre au plus grand nombre d’en obtenir, la Chambre des métiers et de l’artisanat de Guyane (CMAG) mène actuellement un travail de fédération de ces différents acteurs. « L’objectif principal de cette démarche partenariale est de garantir une confection respectant le
cahier des charges publié par l’Association française de normalisation », souligne la CMAG.
Pourquoi imposer des normes de fabrication des masques ?
Tout d’abord, comme l’explique le docteur Jawad Bensalah, radiologue à Mont-Lucas, le masque en tissu, même s’il n’apporte pas du tout la même protection qu’un masque chirurgical ou FPP2, permet d’instaurer une première barrière. « Lorsque je sors de mon cabinet, par exemple pour aller faire mes courses, je porte un masque en tissu parce que c’est mieux que rien. C’est une demi-solution qui permet de renforcer la barrière notamment par rapport à la transmission aéroportée. »
Le respect d’un cahier des charges pour la fabrication de ces masques reste essentiel. « Un masque avec une seule couche de tissu, c’est dangereux car ça donne l’illusion que vous êtes protégé alors que vous ne l’êtes pas ! De la même manière, je vois des gens qui prennent un tissu classique, poreux, comme un tee-shirt, et le mettent autour de leur tête : ça ne les protège pas », prévient Jawad Bensalah. Il rappelle que pour être efficace, un masque doit protéger la bouche et le nez. Il faut éviter de le toucher avec ses mains. Il préconise de le laver passées quatre heures d’utilisation.
Contact CMAG au 0594 25 24 70 ou sur
cma-guyane.fr
- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters