Au cœur du montage de l’hôpital de campagne, à Cayenne
L’hôpital de campagne de la sécurité civile est en cours de montage, sur l’héliport du Centre hospitalier de Cayenne. L’équipe de soignants et de logisticiens est quasiment au complet et la structure devrait être techniquement montée demain et pleinement opérationnelle d’ici à lundi. Reportage.
L’équipe de l’Escrim regroupe 43 personnes : 29 soignants, dont six médecins urgentistes, et 14 logisticiens. « Pour cette mission, nous avons la chance d’être 43 au lieu de 40, grâce à un appel à volontaires », se réjouit François Topin, médecin chef de l’Escrim. Quasiment tous les membres de la formation sont déjà là. L’équipe chirurgicale, composée d’un médecin-anesthésiste, d’une infirmière de bloc et d’un chirurgien, doit arriver demain.
Installé sur l’ancien héliport du Centre hospitalier de Cayenne, l’Escrim va permettre de délester le CHC de toutes les consultations de patients qui ne présentent aucun signe annonciateur d’un Covid-19. « C’est un service d’urgence classique, mais sous tente », résume le lieutenant-colonel Jean-Michel Audibert, chef du détachement Escrim.
Cet hôpital de campagne se compose d’une partie hospitalisation de courte durée, d’un bloc opératoire, d’une salle de stérilisation, d’une salle de radiographie et d’une partie plus technique, liée à son fonctionnement propre. L’ensemble de la structure sera climatisé. Les pathologies prises en compte vont de la traumatologie bénigne à la traumatologie grave, mais qui ne nécessite qu’un geste chirurgical bref et court. « L’exemple typique, c’est l’accident de bricolage pendant la période de confinement », indique François Topin.
Le patient est enregistré aux services des urgences du CHC avant d’être envoyé vers l’hôpital de campagne. Arrivé dans la structure, il passe par le secrétariat, où le sapeur-sauveteur s’assure que le patient est bien enregistré. Il est ensuite installé sur un des lits de consultation où un infirmier ou un auxiliaire sanitaire prend ses constantes et prodigue des soins qui vont de la simple pose d’un pansement à la suture ou à la pose d’une perfusion. Des radiographies standards sont réalisées si nécessaire. Le cas échéant, le patient est ensuite placé dans le service d’hospitalisation de courte durée (de 24 à 48 heures), qui dispose de 16 lits. Un médecin et deux ou trois infirmiers se relaient 24 heures sur 24 pour assurer la surveillance.
Quatre lits sont dédiés aux soins intensifs et à la surveillance continue. « Ils sont réservés aux patients qu’on doit surveiller avec un moniteur, un scope, avec un passage fréquent du médecin et de l’infirmier », explique François Topin.
L’Escrim ne se destine pas à accueillir des patients Covid-19. Mais ses équipes disposent de protections intégrales : « Si le CHC vient à être saturé, nous pourrons accueillir des patients Covid-19. Pour être efficients, il faut qu’on s’entraîne à travailler avec un masque, une charlotte, dans des conditions contraignantes. »
Une cinquantaine de consultations par jour sont envisageables. Si la vague épidémique s’intensifie, dix lits d’hospitalisation supplémentaires pourront être armés.
Contrairement à l’hôpital de campagne qui a été installé à Mulhouse (Haut-Rhin), cette structure n’est pas conçue pour accueillir des patients en réanimation : « L’idée, c’est d’alléger la patientèle classique de l’hôpital pour qu’il puisse se concentrer sur les patients Covid-19 qui, eux, nécessitent des soins plus lourds, des équipements plus sophistiqués et une attention plus soutenue. » Et François Topin précise : « Si urgence vitale il y a, nous avons les moyens d’assurer une intubation ventilatoire, une anesthésie générale et une surveillance continue, le temps de trouver une place en réanimation à l’hôpital de Cayenne ».
L’Escrim est un hôpital qui dispose d’une autonomie de quinze jours, en termes de médicaments, d’équipements de protection et de matériels techniques et chirurgicaux. « Cette structure d’urgence est déployée en général de quinze jours à un mois. Etant donné la situation, je pense que nous resterons au-delà de quinze jours », prévoit Jean-Michel Audibert.
Habituellement déployé dans un contexte post-catastrophe naturelle, notamment dans le cas de séisme, c’est la première fois que l’Escrim est projeté dans le contexte de la crise sanitaire liée au Covid-19. « Avant d’arriver en Guyane, tous les personnels de la partie médicale ont contribué à la crise Covid-19 dans leur département d’origine ou, dans le cas des pompiers volontaires, dans leurs hôpitaux ou cabinets libéraux, précise Jean-Michel Audibert. Les unités militaires qui arment l’autre partie ont été impliquées dans les rapatriements des ressortissants français de Chine, dans les centres de confinement et dans des actions au profit de certains centres hospitaliers : aide à la désinfection, brancardage… »
Ce n’est en revanche pas la première fois que l’Escrim intervient au profit d’une structure sanitaire fixe. Elle avait été déployée l’année dernière auprès du CHU de Guadeloupe, suite à l’incendie qui avait ravagé le service des urgences.

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