Coopération entre la France et le Suriname : une nouvelle étape pour la santé
Après la visite d’une délégation guyanaise au Suriname en décembre 2021, la visite du ministre de la Santé du Suriname au Chog en janvier, puis une rencontre avec l’ancien directeur général de la santé Jérôme Salomon, les relations entre la France et le Suriname ont franchi une nouvelle étape, cette semaine, dans le secteur de la santé.
Ce mercredi 18 octobre, Agnès Firmin-Le Bodo, ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé, et le Dr Amar Rhamadin, ministre de la Santé du Suriname, ont signé une déclaration d’intention. D'après la lettre pro de l'ARS de ce 20 octobre, ce document fournit un cadre général structuré permettant de formaliser et développer les actions déjà engagées au niveau local.
Ces actions sont déjà nombreuses. Depuis la fin d’année dernière, le centre hospitalier de l’Ouest guyanais organise le transfert de patients surinamais dont l’état de santé le permet vers l’hôpital d’Albina, de l’autre côté de la frontière. La construction de ce même hôpital d’Albina est financée par l’Agence française de développement (AFD), sous la forme d’un prêt de 5 millions d’euros. Des travaux sont également envisagés pour renforcer son attractivité auprès de la population de l’est du Suriname. Autres actions déjà évoquées dans la Lettre pro : la coopération entre professionnels des deux territoires dans le projet Malakit et sur l’objectif d’éradication du paludisme, travaux de suivi des personnes vivant avec le VIH des deux côtés de la frontière, avec la publication l’an dernier d’un article commun. Si la coopération avec le Chog est déjà bien entamée, il s’agit aussi de l’étendre aux autres hôpitaux de Guyane, aux futurs hôpitaux de proximité, aux centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS), à la recherche clinique, à la santé publique et au traitement des questions de santé-environnement.
Cette déclaration d’intention offre aussi le cadre pour mieux réguler les flux de patients en provenance du Suriname, qui sont en augmentation. Il est envisagé de créer un groupe de travail sur la facturation des patients solvables ou couverts par une assurance privée du Suriname. Un travail conjoint pourrait voir le jour en matière de santé environnementale, dont la lutte contre l’exposition à des agents toxiques comme le mercure.
Le Suriname travaille également à faire certifier au niveau international certaines de ses activités : radiothérapie, ophtalmologie, oncologie, neurochirurgie. Une telle certification rendrait possible l’accueil de patients français et européens et réduirait les besoins en évacuation sanitaire vers la Martinique ou l’Hexagone, alors que Paramaribo se trouve à une heure d’avion.

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