Saint-Laurent : les députés déroulent devant un public studieux
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Saint-Laurent : les députés déroulent devant un public studieux

Samuel SZRALOS
Une assistance studieuse à Saint-Laurent lors de la mobilisation citoyenne lancée par les deux députés, fin septembre.
Une assistance studieuse à Saint-Laurent lors de la mobilisation citoyenne lancée par les deux députés, fin septembre. • SZ

Devant plus de 800 personnes, les deux députés de la Guyane ont rappelé les nombreux problèmes du territoire et esquissé leurs solutions, le 22 septembre au camp de la transportation.

19 h 45, un peu moins de 300 personnes sont déjà rassemblées au camp de la Transportation de Saint-Laurent du Maroni, lorsque Sophie Charles ouvre la soirée. " Nous sommes cette capitale de l'ouest et cette identité doit être portée au national par nos parlementaires ", entonne la maire de la ville. Ce soir, confie-t-elle, elle est là pour accueillir les " échanges proposés " par les députés de la Guyane pour " rendre compte de l'action qu'ils mènent ". 

En effet, si la mairie organise la soirée et fournit le lieu, nous sommes bien au " grand meeting des députés ", promis par Jean-Victor Castor et Davy Rimane, après l'édition cayennaise du 16 septembre.

Défendre la route du fleuve

Les deux élus se présentent sur scène tout sourire, accompagnés de Philippe Dekon, venu de Maripasoula pour défendre le besoin de la route de l'ouest, éternel serpent de fleuve. 

20 h 30, Jean-Victor Castor est le premier député à monter sur scène, devant plus de 800 personnes à présent, pour évoquer d'abord " une urgence, le désenclavement dans ce bassin de population qui est dans une croissance hors norme et où la situation est déjà chaotique ". Il affirme, fidèle à lui-même, que l'État a choisi de mettre la Guyane " sous cloche ". 

Le député préfère le terme de " mobilisation " à celui de meeting. Le rapport de force, pour lui, " c'est pas pour s'amuser, c'est parce que la situation devient de plus en plus insupportable ". Entre anecdotes et discours politique, le militant illustre son engagement contre l'enclavement du territoire, notamment sur le Maroni. "De grâce, ne nous dites pas de rester comme nous sommes. De ne pas faire de route…"

Un silence studieux

Quand il parle de la terre ou qu'il affirme qu'"on ne lâchera rien", le député de la 1ère circonscription reçoit des applaudissements appréciateurs, mais le public est dans l'ensemble très calme, écoutant les discours dans un silence studieux. 

Après son passage, une vidéo de Christiane Taubira, qui devait initialement être présente, reste dans le même ton. Puis, Davy Rimane lui succède. Le Kouroucien se concentre d'abord sur l'aéroport. Mais c'est pour mieux parler d'un sujet concernant ici  : les refus d'embarquement pour les jeunes venus de Saint-Laurent du Maroni. 

Le député Castor s'exprime devant une audience saint-laurentaise, fin septembre.
Le député Castor s'exprime devant une audience saint-laurentaise, fin septembre. • SZ

Un jeune Saint-Laurentais est vite invité à la tribune pour témoigner de son départ refusé et de la " discrimination des jeunes de l'ouest. On sait qu'il y a un fléau, mais ce n'est pas une solution ".

" Vous ne pouvez pas venir, depuis la métropole, pointer du doigt toute une population parce que ça ne fonctionne pas " reprend le député de la 2e circonscription.

Il insiste sur ce combat, sur lequel il promet de s'engager sur la durée. " Ma position est claire, il faut lutter contre le trafic, mais pas au détriment des populations ", nous précise ensuite Davy Rimane. " Le préfet qui est là aujourd'hui n'a pas eu l'air de comprendre. Nous, on va saisir les voies légales pour faire évoluer la situation, les contrôles au faciès n'ont pas de fondement dans l'application de la règle ". 

Pas de lien entre immigration et violence

Le kouroucien évoque par ailleurs le lien souvent fait entre violence et immigration pour mieux le rejeter : " Vous ne m'entendrez jamais dire ça. La Guyane n'est pas une mosaïque, c'est une œuvre d'art, parce que tout est mélangé. Et cette richesse est notre force ", s'envole l'élu. Il imagine au contraire "qu'on puisse travailler ensemble avec le Brésil et le Suriname ".

 

 

Dans le public, les avis sont partagés. Une bonne partie est conquise, certains approuvent vocalement les discours. D'autres sont lassés, confient en passant en avoir marre des paroles ou même n'être venus que pour les concerts, pour faire la fête. La plupart semblent entre les deux, attentifs mais circonspects. Une dame d'un certain âge affirme vouloir des actes. 

"Un premier socle"

Alors que la musique démarre, Jean-Victor Castor explique à France-Guyane avoir vu " une très belle mobilisation, un premier socle ". " On est en train de construire un travail commun, c'est une première étape, il y en aura d'autres, sans doute vers novembre ou décembre ", renchérit son confrère. " Il s'agit de déconstruire ce qui a été construit pour nous empêcher d'évoluer. On demande aux habitants de sortir des idées reçues et de s'emparer de grandes idées, avec ambition ", conclut Jean-Victor Castor.

Un problème technique nous a empêché de publier cet article fin septembre. Nous avons décidé de le faire paraître car il donne à voir des attentes des Saint-Laurentais en termes de politique.

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