Les survivants de Moïwana : trente ans d’une vie de réfugié
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Les survivants de Moïwana : trente ans d’une vie de réfugié

M.A
Stèle de Charvein, un des rares vestiges du camp militaire du même nom qui abritait plusieurs milliers de Personnes Provisoirement Déplacées du Suriname (PPDS)
Stèle de Charvein, un des rares vestiges du camp militaire du même nom qui abritait plusieurs milliers de Personnes Provisoirement Déplacées du Suriname (PPDS) • D.R

Trente ans après la signature du traité de paix du 8 août 1992 qui met fin à la guerre civile au Suriname, quelques-uns des survivants des massacres, anciennes Personnes Provisoirement Déplacées du Suriname (PPDS) nous livrent leurs témoignages. Ces noirs marrons, majoritairement Djukas, sont tous artisans du bois, sculpteurs ou menuisiers, vivent de leur production à des degrés divers. Seul un des trois parle couramment le français. Tous les trois ont fait le choix de rester en France et aucun ne se projette au Suriname.

Ils sont entre 5 000 et 10 000 hommes, femmes et enfants à avoir traverser le Maroni pour trouver refuge de l’autre côté du fleuve Maroni alors que la guerre sévit au Suriname dès 1986 et jusqu’à la signature du traité de paix le 8 août 1992. Rudy Bron, Michel Pinas et Kenneth Solega ont entre 13 et 15 ans lorsque les massacres perpétrés contre les Djukas au Suriname les poussent, eux et leur famille, à l’exil. Nous sommes en novembre 1986. Deux d’entre eux ont été témoins directs des violences. Après la fuite vers la Guyane, aucune des trois familles n’a jamais souhaité repartir au Suriname. Trente ans après les faits, les trois hommes vivent toujours à la marge, non loin des camps qui les avaient accueillis et toujours soumis au renouvelement de leur papier. 

Michel Pinas est né en 1973, fils de Madona Pinas, ancienne danseuse d’awassa et figure matrilinéaire de la famille Pinas. Aujourd’hui âgé de 49 ans, Michel se souvient de la fuite, de la vie au camp de l’Acarouany, sur la commune de Mana, trente ans auparavant.

« Nous avons marché 11 km à travers la forêt, avec mon frère, ensuite nous avons traversé le fleuve par bateau. On a été séparés d’avec nos parents qu’on a retrouvés une fois à Vliegveld (« aérodrome » en néerlandais), de là nous sommes tous partis au camp de l’Acarouany » Le camp de l’Acarouany était l’un des plus grands camps de PPDS, situé à l’écart et peu visible de la route, ce site avait par le passé hébergé l’ancienne léproserie et totalise une cinquantaine...

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