Les suites du dîner élyséen à la fête de l’Huma
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POLITIQUE

Les suites du dîner élyséen à la fête de l’Huma

FXG, à Paris
Victorin Lurel, Sénateur de la Guadeloupe, ancien Ministre des Outre-mer., Karine Lebon, députée de La Réunion, Jean-Victor Castor, Marcelin Nadeau, député de la Martinique, Moetai Brotherson, député de Polynésie française et président de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale.
Victorin Lurel, Sénateur de la Guadeloupe, ancien Ministre des Outre-mer., Karine Lebon, députée de La Réunion, Jean-Victor Castor, Marcelin Nadeau, député de la Martinique, Moetai Brotherson, député de Polynésie française et président de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale.

Le débat qui s’est tenu samedi soir à la fête de l’Humanité, dans l’Essonne, a été l’occasion pour les parlementaires ultramarins du groupe Gauche démocratique et républicaine qui y ont participé de revenir sur la réception donnée mercredi soir par le président Macron, gage de sa réponse à l’Appel de Fort-de-France signé en mai dernier par sept présidents de Collectivités d’Outre-mer.

 Le thème du débat se voulait justement proche de la problématique soulevée par l’Appel : « La France et ses outre-mer : colonisation, départementalisation, décentralisation. Et maintenant ? »

Premier intervenant, le Polynésien Moetai Brotherson qui n’était pas invité à l’Elysée quoi que, déplore-t-il, il soit le président de la délégation Outre-mer de l’Assemblée nationale : « Au pire, c’est une volonté délibérée de déconsidérer les Outre-mer. » A quoi, ajoute-t-il, « le ministère est devenu un simple secrétariat d’État rattaché à l’Intérieur comme si l’Outre-mer était un trouble à l’ordre public. »

Pour le parlementaire du Pacifique, la question qui se pose pour les départements-régions d’Outre-mer est de « réussir une vraie décolonisation », à savoir « sortir d’une vision patrimoniale et paternaliste » et « d’acter le droit des peuples à l’autodétermination ».

Marcellin Nadeau, député de la Martinique, juge que la question n’est pas tant celle du droit à l’autodétermination que de son exercice. « Il faut nous rétablir en tant que peuple et non pas population dans la Constitution. »

Il propose de transformer le Congrès en une assemblée instituante avec des membres élus pour un seul et unique mandat : l’élaboration d’un projet de statut dont le contenu sera soumis à la validation populaire.

Jean-Victor Castor
, député de la Guyane, qui a refusé de participer au dîner du président, a compris que le président Macron était ouvert à une évolution statutaire dans le cadre de la révision constitutionnelle à venir, mais il regrette qu’il globalise sa réponse « pour l’Outre-mer ». « Et c’est toujours comme ça que les gouvernements français raisonnent ! » Il rappelle que les Kanaks veulent l’indépendance, que la Polynésie a élu trois députés indépendantistes, que le Congrès de la Guyane rédige un projet pour avoir son propre article dans la Constitution, à l’instar de la Nouvelle-Calédonie et finalement dit « ne pas croire à l’intelligence de la France pour décoloniser ensemble, en partenariat… »

Moetaï Brotherson lui fait écho en rappelant que la France est déjà fédérale avec ses territoires du Pacifique. Victorin Lurel, sénateur socialiste de la Guadeloupe et ancien ministre des Outre-mer, fait le même constat sur « une France fédérale qui s’ignore » et se prononce clairement : « Si Macron nous propose du mieux, même a minima, j’accepte. »

Andre Chassaigne, pdt GDR, Christian Celeste, Felix Flemin, Emmanuel Ibene du PCG