Les élus ultramarins reçus par Emmanuel Macron
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Les élus ultramarins reçus par Emmanuel Macron

Raphael Luce
Les élus ultramarins avaient rendez-vous avec le chef de l'Etat ce mardi à l'Elysée
Les élus ultramarins avaient rendez-vous avec le chef de l'Etat ce mardi à l'Elysée • RAPHAEL LUCE

Ce mardi (30 septembre), les élus ultramarins étaient invités à dîner au palais de l'Élysée par le président de la République. Une rencontre boycottée par certains, très attendue par d'autres.

Après une longue soirée d'échanges, les premières réactions laissent entendre

que des efforts vont être faits et que l'avenir institutionnel des territoires d'Outre-mer pourrait se préciser dans les prochains mois.

" Les Outre-Mer, notre défi commun "

Quelques heures avant cette rencontre décisive, les élus de Martinique se sont réunis à l'Assemblée nationale, à l'initiative de Béatrice Bellay, pour préparer les dossiers clés concernant non seulement la Martinique mais aussi l'ensemble des Outre-mer. Un geste symbolique, porté par une délégation composée d'élus aux sensibilités politiques différentes, mais unis par l'importance des enjeux.

Invités à 19h30, les élus martiniquais sont arrivés à l'Élysée soudés, avec une volonté commune : obtenir des avancées sur les dossiers brûlants. On aurait pu espérer la même dynamique dans les autres délégations ultramarines, mais ce ne fut pas le cas.

Voir les réactions des élus

 

Les élus de Nouvelle-Calédonie avaient été volontairement écartés, pour ne pas interférer avec le processus en cours sur leur avenir institutionnel. En Guadeloupe, le sénateur et ancien ministre des Outre-mer Victorin Lurel a décliné l'invitation, dénonçant un manque de concertation entre les élus locaux. Même son de cloche en Guyane : le président de la Collectivité, Gabriel Serville, a refusé de se rendre à l'Élysée, estimant que le président de la République manquait de respect après l'avoir fait recevoir la veille par son secrétaire général. Malgré les tentatives de ses homologues martiniquais et guadeloupéens, il n'a pas changé d'avis. Autre absence remarquée : Huguette Bello, présidente du conseil régional de La Réunion.

Du côté présidentiel, étaient présents le Premier ministre Sébastien Lecornu ainsi que Manuel Valls, ministre d'État démissionnaire.

" Nous avons été en partie rassurés par les propos de monsieur le ministre démissionnaire des Outre-mer (Manuel Valls), un peu moins par ceux du président, qui nous fait savoir que l'on ne peut peut-être pas demander de nouveaux droits sans en sacrifier d'autres, ce qui n'est pas notre ligne de conduite ", indique Béatrice Bellay, députée socialiste de la Martinique.

Le compte à rebours est lancé

Plus de dix mois après la remise du rapport de 160 pages rédigé par Pierre Egéa et Frédéric Monlouis-Félicité, qui insistait sur l'urgence de repenser le modèle de développement des Outre-mer, cette rencontre semble avoir ouvert la voie à des décisions concrètes.

Après plus de quatre heures de discussions, l'optimisme dominait à la sortie de l'Élysée.

Le thème central : l'évolution institutionnelle. La Martinique, la Guadeloupe et la Guyane sont déjà engagées dans ce processus. Selon plusieurs élus, Emmanuel Macron a annoncé la création de " groupes de travail " chargés de plancher sur l'évolution statutaire de ces territoires. Leurs conclusions devront être rendues d'ici la fin de l'année.

" Le président de la république veut que tous les travaux soient finis avant la fin de l'année ", affirme Davy Rimane, député de la Guyane.

 

Un avenir institutionnel freiné par l'instabilité politique ?

" Toute évolution institutionnelle doit prioritairement avoir pour objectif l'amélioration du quotidien des habitants de nos territoires d'Outre-mer ", insiste Manuel Valls, ministre des Outre Mer démissionnaire.

En Guadeloupe, les élus ont adopté en juin une résolution visant à transformer l'archipel, actuellement département et région, en collectivité unique dotée " d'un pouvoir normatif autonome ". Mais le projet reste bloqué faute de consensus local.

En Martinique, l'idée d'une autonomie élargie recueille davantage d'adhésion. Un Congrès des élus, prévu les 8 et 9 octobre, sera décisif pour la suite. En Guyane, le débat sur l'autonomie, longtemps à l'arrêt, a repris de l'élan cet été, ouvrant la voie à une réforme constitutionnelle. Mais celle-ci nécessitera un accord à la fois local et national.

Reste une difficulté majeure : l'instabilité politique en France freine sérieusement l'avancée des projets ultramarins. Un horizon incertain, alors que les divisions persistent entre partisans du changement institutionnel et défenseurs du système actuel.

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