L'élection présidentielle mobilise la communauté brésilienne en Guyane
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L'élection présidentielle mobilise la communauté brésilienne en Guyane

Gérôme GUITTEAU, g.guitteau@agmedias.fr
4 000 électeurs brésiliens doivent venir voter sur Cayenne ce dimanche pour les élections présidentielles. Le nombre de Brésiliens à Saint-Georges n'est pas assez important pour permettre l'ouverture d'un bureau. La Guyane est la première zone de vote à l'étranger ZZ 001.
4 000 électeurs brésiliens doivent venir voter sur Cayenne ce dimanche pour les élections présidentielles. Le nombre de Brésiliens à Saint-Georges n'est pas assez important pour permettre l'ouverture d'un bureau. La Guyane est la première zone de vote à l'étranger ZZ 001. • G. GUITTEAU

 Malgré onze candidats , c'est bien un duel entre l'actuel président brésilien, Jaïr Bolsonaro et l'ancien président des années 2000, Luiz Inacio Lula da Silva qui s'offre aux électeurs. Un peu plus de 4 000 électeurs se sont rendus dans un hôtel de Cayenne, toute la journée de dimanche.

 Une file d'attente monstre le matin et des votants éparses l'après-midi. Deux ambiances pour une élection présidentielle tout aussi contrastée entre onze candidats déclarés mais un duel affiché qui oppose le président actuel Jaïr Bolsonaro et l'ancien président des années 2 000 Luiz Inacio Lula da Silva.
Les électeurs brésiliens de Guyane se sont donc rendus dans un hôtel de Cayenne. Prés de 4 000 personnes. Le vote est obligatoire même si l'amende est plus symbolique qu'autre chose puisqu'elle tourne autour de 2 ou 3 réaux. En revanche, des démarches administratives pu l'ouverture d'un compte peuvent être refusées. Au-delà de cette coercition, c'est l'amour du pays qui amène les Brésiliens aux urnes.
De droite à gauche : Josi, son mari Marc et sa fille Laia. Josi est la seule à voter. Elle soutient Lula. • G. Guitteau

« J'aime la Guyane. Elle m'a beaucoup donné. Une vie, une famille mais je suis brésilienne et c'est important de venir aujourd'hui afin que le Brésil est un président qui honore son pays. Je vote pour Lula et c'est lui qui va gagner, l'autre c'est une m... », affirme Josi, de Sao Luis de Maranhao.
A quelques pas, un jeune homme arbore les couleurs du Brésil avec un maillot très baroque. Le signe d'un supporter de Bolsonaro.
"C'est ma première élection. Je suis Guyanais et donc c'était difficile d'obtenir des papiers brésiliens. Je suis très fier de pouvoir venir voter. Je suis très orgueilleux concernant le Brésil. Et oui, je vote pour Bolsonaro. Son discours et sa politique contre la criminalité me parlent. Il faut nettoyer ces quartiers. Et j'espère que cela pourra aider la Guyane. Il faut être honnête : qui se trouve en prison en Guyane ? Les bandits des pays frontaliers et donc du Brésil. Et ces gens là font du mal aux honnêtes gens qui viennent seulement chercher une meilleure vie en Guyane en travaillant comme mes parents. Des travailleurs, comme tous les gens qui viennent aujourd'hui », réagit Joseph.
Joseph, à droite pose avec un ami guyanais qui attend son épouse, partie voter. Joseph vote Bolsonaro. • G. Guitteau

Dans l'enceinte de l'hôtel, cinq bureaux de vote se répartissent l'ensemble de la communauté brésilienne de Guyane. Le vote devait être électronique. Malheureusement, deux urnes n'ont pas fonctionné donc pour deux bureaux, le vote retrouve sa forme papier classique. Le dépouillement arrivera sûrement après l'annonce des résultats du premier tour prévue vers 21 heures au Brésil. Quelques voix manquantes sur les 156 millions de votants.
Si Lula, l'ancien syndicaliste ouvrier de la métallurgie ne passe pas dès le premier tour, comme lui promet un institut de sondage, un second tour sera organisé le 30 octobre.
A Oiapoque, ville frontalière de l'Amapa, l'élection présidentielle n'est pas la seule à se jouer ce dimanche. Député fédéral, représentant de l'assemblée locale (député de l'Etat), sénateur et gouverneur sont aussi élus ce dimanche. En Guyane, on ne vote que pour le chef d'Etat. • Claude Joseph

Quatre semaines de plus à débattre dans les familles au sujet de deux candidats que tout oppose.
« Le vote s'est déroulé sans tension, ici mais dans les familles ce n'est pas la même chose. On discute beaucoup », confie Maïté Bécu, une autre électrice qui vient voter pour « son président brésilien ».
Entre le président d'extrême-droite et le représentant du parti travailliste accusé de corruption, l'avenir du Brésil se joue autant celui de la forêt amazonienne que celui d'une population dont un tiers souffre de la faim.

Pour en savoir plus sur l'élection : https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/elections-au-bresil-les-incongruites-du-scrutin-1853260