Le Sénat corrige l’article 55 pour en faire exclusivement bénéficier les ultramarins

Le Sénat corrige l’article 55 pour en faire exclusivement bénéficier les ultramarins

Rédaction web

À l’issue de l’examen du budget des Outre-mer par le Sénat, un dispositif d’aide à l’installation strictement réservé aux Ultramarins a été voté. Il faut toutefois encore attendre que navette parlementaire se fasse. 

C'est exactement l'inverse de ce que proposait la mesure initiale. Annoncé comme « supprimé » par le gouvernement le 23 novembre dernier, un article de la future loi de finances prévoyait de fournir une nouvelle aide matérielle et financière à toute personne voulant s'installer dans l'Outre-mer.

Cependant, les parlementaires antillais, guyanais et réunionnais réclamaient plutôt une aide sous la forme d'un « passeport au retour », pour les étudiants diplômés et les personnes d'origine ultramarine.

Dans un communiqué publié ce jeudi (7 décembre), le sénateur de Guadeloupe, Victorin Lurel, se réjouit des avancées opérées cette semaine à la chambre haute. « En sagesse et en responsabilité, le Sénat corrige l’article 55 pour en faire exclusivement bénéficier les Ultramarins », a-t-il déclaré, dans un communiqué. Le sénateur explique également qu'à l’issue de l’examen du budget des Outre-mer par le Sénat, les élus ultramarins ont agit "collectivement",  en "responsabilité et en loyauté pour améliorer l’article 55 du projet de loi de finances visant à créer une « aide pour l’installation outre-mer »".

 

 


Par l’adoption d’un amendement identique à celui de Micheline Jacques, sénatrice de Saint-Barthélémy, le sénateur guadeloupéen explique qu'ils sont donc parvenus au vote d’un dispositif d’aide à l’installation strictement réservé aux ultramarins. "Par cet amendement, nous obtenons en effet que cette aide soit circonscrite aux personnes soit nées en Outre-mer, soit celles y ayant résidé pendant au moins 5 ans, soit celles justifiant de la résidence outre-mer d’au moins un ascendant". 

"Se donner le temps de coconstruire"

Il ajoute : "Ce vote est l’aboutissement d’une démarche transpartisane qui met en échec le gouvernement qui a continuellement cherché, dès l’introduction de cet article non discuté, non évalué et non voté à l’Assemblée nationale, à diviser voire à instrumentaliser les parlementaires, à renier les engagements pris devant eux et à désavouer les initiatives prises par les élus pour mieux décrédibiliser les deux délégations aux Outre-mer". 

"Pleinement investi", "constant" dans ses engagements et "transparent" dans ses intentions, Victorin Lurel considère que le dispositif adopté ne peut tenir lieu d’une véritable politique de « retour au pays » défendue par beaucoup. "Si une réelle politique du retour au pays devait être engagée, celle-ci ne saurait s’inscrire dans une politique de continuité territoriale. Le Gouvernement doit, à mon sens, se donner le temps de coconstruire une vraie politique spécifique répondant à la fois au défi démographique et au défi du développement économique."

 

 

 

Il pense aussi "qu’une politique de continuité territoriale doit strictement être mise en œuvre au profit des individus et ne saurait ainsi financer des aides destinées aux entreprises, a également livré Victorin Lurel. Je reste fermement opposé à la création du “passeport pour la mobilité des actifs salariés” et du “passeport pour la mobilité des entreprises innovantes”.

Un grand pas a été franchi par les sénateurs ultramarins. Seul un bon déroulement de la navette parlementaire au niveau de l'Assemblée nationale placera l'adoption de ce nouvel article 55 sur le bon chemin. 

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