« Le maire n'a pas de projet et cherche un bouc émissaire »
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SAINT-GEORGES DE L'OYAPOCK

« Le maire n'a pas de projet et cherche un bouc émissaire »

Pierre-Yves CARLIER
Me Étienne-Yves Barrat s'étonne d'une telle histoire à la veille des prochaines échéances électorales à la mairie de Saint-Georges (photo d'archives)
Mairie de Saint-Georges (photo d'archives)

L'ancien maire Fabienne Mathurin-Brouard se défend contre les attaques de son successeur Georges Elfort et les conclusions de l'audit qu'il a commandé.

Le coup de l'héritage. Depuis qu'il a succédé, en mars, à Fabienne Mathurin-Brouard au fauteuil de maire de Saint-Georges, Georges Elfort répète à qui veut l'entendre qu'il a récupéré une commune dans une situation financière exsangue et qu'il lui faudra « trois ans » pour redresser les finances.
Mais Fabienne Mathurin-Brouard brandit à son tour l'argument de l'héritage puisqu'en 2008, elle a succédé à... Georges Elfort lui-même. En gros, Georges Elfort retrouverait, six ans après, une situation guère différente de celle dans laquelle il avait laissé la commune, si l'on écoute Fabienne Mathurin-Brouard.
« Le 23 mars 2014 (jour de sa défaite électorale), j'ai laissé une commune en état de marche. Aujourd'hui, la démagogie politique nous rappelle une situation connue avant 2008, où la commune était laissée à l'abandon, ainsi que sa population. Le maire a été élu sans projet, avec pour seule motivation les règlements de comptes et la chasse aux sorcières. Il cherche un bouc émissaire. »
L'AUDIT ACTUEL, UN ARGUMENT DE CAMPAGNE
L'élue écarte les critiques de l'audit commandé par son successeur. Les recrutements électoralistes ? « L'augmentation des effectifs s'est étalée sur tout le mandat, pas seulement l'année avant les élections. » La situation du lotissement Gabin et la dette de 950 000 euros de la commune à la Siguy ? « Le maire hérite d'une situation qu'il avait lui-même initiée en 2005. »
La situation financière et les déficits de fonctionnement enregistrés en 2011 et 2013 ? Pour Fabienne Mathurin-Brouard, le fait que l'Agence française de développement (AFD) ait accordé un prêt de 1,2 million d'euros à la commune en début d'année est la meilleure preuve que la commune avait des marges de manoeuvre.
L'audit, à l'entendre, ne serait qu'un argument du maire actuel dans « sa campagne » pour la présidence de la communauté de communes de l'Est guyanais (CCEG).
Et les ventes de terrain ?
Les ventes de terrain par la mairie aux habitants - qui y sont parfois installés depuis plusieurs décennies - sont un serpent de mer.
Des promesses de vente ont été notifiées, certaines sous Romain Garros, dans les années 1980. D'autres plus récemment, en 2006, sous Georges Elfort. Mais les ventes n'ont jamais eu lieu.
La mairie les a formalisées en 2011. Le prix : 1 euro le m2, pour se conformer aux promesses de l'époque. Sauf que la préfecture, puis le tribunal administratif ont considéré que ce prix était trop éloigné de la vraie valeur des terrains, entre 10 et 12 euros le m2. Cela dans le contexte d'une commune endettée. Les ventes ont été refusées.
En 2013, le préfet a accepté que des ventes soient faites à 5 ou 6 euros le m2. Mais tout n'est pas réglé. Interrogé il y a quelques jours, Georges Elfort promet de mener les ventes à bien et de discuter avec le préfet et les juges pour faire baisser le prix.
Les deux audits se percutent
Critiquée dans l'audit commandé par Georges Elfort juste après son élection de mars, Fabienne Mathurin-Brouard dévoile les conclusions d'un audit commandé par l'Agence française de développement en 2010.
En 2010, après deux mandats Elfort et deux ans Mathurin
Absentéisme : « L'absentéisme est assez important. Qu'il s'agisse d'agents absents la totalité de la journée ou de départs multiples au cours de la journée. »
Relations sociales : « La gestion du personnel, et notamment de leurs carrières, a été défaillante pendant longtemps au sein de la Ville. [...] La gestion des carrières [...] a créé un climat social délétère au sein de l'administration. »
Charges de personnel : 71% des dépenses réelles de fonctionnement
Contexte financier : « De 2001 à 2003, des équilibres financiers faibles mais positifs. De 2004 à 2009, des équilibres dégradés voire très dégradés (à l'exception de 2006 et 2008). La situation financière de la ville de Saint-Georges apparaît très préoccupante. »
Contrats de travail : « Certains contrats ont expiré et n'ont pas été renouvelés contrairement à l'obligation légale pour chaque agent de disposer d'un contrat. »
Endettement : « La ville est très faiblement endettée. Toutefois, ce niveau d'endettement [...] n'est déjà plus supportable pour la ville de Saint-Georges. »
Les perles : « Etat-civil : efficacité très faible du service : quinze actes par semaine à quatre. »
En 2014, après un mandat Mathurin
Absentéisme : « Listing des absences inexistant » ; « Absentéisme : un taux très élevé, d'après les agents suite à des comportements inappropriés de l'équipe de direction. »
Relations sociales : « Manque de communication de manière générale [...], [les agents] déclarent avoir subi des humiliations répétées par le maire de l'ancienne mandature. Un certain mépris envers les agents municipaux a été relevé. »
Charges de personnel : 70% des dépenses de fonctionnement
Contexte financier : « Sur les exercices 2011 et 2013, pas d'épargne brute. Collectivité en déficit de fonctionnement. »
Contrats de travail : « Absence de date au contrat de travail, absence de description des fonctions. »
Endettement : « Début 2014, emprunt de près de 1,2 million d'euros, avec une absence de marge de manoeuvre pour le rembourser. »
Les perles : « Certains Atsem sont contraintes d'acheter sur fonds propres les produits d'entretien afin d'assurer un service minimum. »

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