Le Grand conseil coutumier en partie réuni à Prospérité
Plusieurs yopoto - dont une partie n'ont pu venir que l'après midi - et militants proches du Grand conseil coutumier se sont retrouvés samedi à côté de Saint-Laurent. Au programme, établissement public proposé par l'Etat, restitution des 400 000 hectares et nécessité de travailler plus efficacement ensemble.
Des yopoto malades, d'autres qui travaillent ce samedi matin et surtout une partie des chefs à Organabo pour une intronisation polémique - qualifiée « d'illégale » par Bénédicte Fjeke, du village Terre rouge. Annoncée depuis un bon mois, la réunion du Grand conseil coutumier (GCC) à Prospérité, à la limite de la commune de Saint-Laurent du Maroni, n'a pas attiré le monde escompté.
Annoncée sur deux jours puis raccourcie à ce samedi seulement, la rencontre avait pourtant un programme lourd, centré autour de deux des points les plus saillants pour les populations premières de Guyane : la mise en place d'un nouvel établissement public rassemblant Amérindiens, Bushinengue, CTG et représentants de l'Etat ; mais aussi et surtout la restitution par l'hexagone de 400 000 hectares de terres aux peuples autochtones, serpent de mer qui court depuis la signature des accords de Guyane.
L'absence notée de plusieurs chefs et la double organisation d'événements le même jour ont donc été l'occasion d'aborder à plusieurs reprises un troisième point, non inscrit à l'ordre du jour : l'efficacité. Plusieurs participants ont insisté sur le besoin de se montrer plus saillant dans les négociations avec l'Etat français, pour ne pas rater le coche. « Il est crucial de travailler ensemble de manière concrète. Pas faire des réunions pour faire des réunions » a notamment rappelé Bénédicte Fjeke.
Ces préoccupations évacuées, le reste de la matinée, tout comme une partie des ateliers de l'après midi, se sont consacrés aux demandes amérindiennes proprement dites. Pour les dirigeants et militants présents, l'EPCCE, futur établissement public des peuples autochtones, pose des problèmes dans sa composition comme dans ses objectifs, trop centrés sur les savoirs traditionnels. Parce qu'il laisse à leurs yeux trop de place aux représentants de l'Etat et de la CTG, là ou les Kali'na, notamment, réclament une majorité simple de représentants.
Un sentiment résumé ainsi par Milca Sommer, présidente de l'Onag : « Nous savons tous que l'Etat ne va jamais donner un outil, que ce soit aux Amérindiens ou aux Bushinengue, aux Guyanais en général, sans bloquer les choses ».
Christophe Yanuwana Pierre, porte-parole de la Jeunesse autochtone guyanaise (JAG) propose donc de séparer la question de la transmission de celle de la restitution des terres en deux établissements publics distincts, ainsi que d'entamer des négociations plus poussées entre représentants bushinengue et amérindiens pour offrir un front uni face à un Etat accusé à plusieurs reprises de vouloir « diviser pour mieux régner ». « Entre peuples autochtones on s'entend très bien. Mais les services de l'Etat et la politique nous barrent la route. Il faut travailler et avancer » renchérit Ewald Pierre dans un murmure d'approbation des quelques spectateurs.
Les discussions avancent au final plutôt bien, malgré de nombreux rappels, mais ne cachent pas les manques, pas compensés par les arrivées au compte goutte dans l'après midi de ceux qui étaient à Organabo - le représentant de la Foag arrive par exemple à 12h45. Incidemment, alors qu'une « décision ferme » devait être prise lors de ces journées sur l'avenir de la lutte contre l'emplacement de la Ceog voisine, le petit comité rend cette démarche moins assurée, à en croire plusieurs participants. Conséquence indirecte, à nouveau, des soucis d'organisation qui semblent avoir touché la rencontre.

La radio 100% Caraïbes

- Suivez-nous
-
-
-
-
-
-
S'inscrire aux newsletters