La Ville renonce à Châton
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CAYENNE

La Ville renonce à Châton

Karin SCHERHAG

Le 14 octobre, le terrain du Petit Chalet avait été vidé de ses occupants (KS)

Coup de tonnerre hier au conseil municipal : les élus ont majoritairement décidé de renoncer à l'acquisition des terrains de Petit Chalet et Châton. En cause : l'indemnité de 5 000 euros versée aux squatteurs qui avaient accepté de partir.

C'est un sujet qui n'en finit plus de faire débat. Le 14 octobre, les forces de l'ordre débarquaient en nombre à l'entrée de Cayenne, au lieu-dit Petit Chalet où 47 familles avaient illégalement élu domicile dans les anciennes villas de la gendarmerie. En quelques heures, l'affaire était pliée et le terrain, débarrassé de ses squatteurs. Lors d'une conférence de presse organisée dans la foulée, le directeur régional des Finances publiques, Jean-Claude Hernandez, lâchait une information qui ne tardait pas à faire l'effet d'une bombe. On apprenait alors qu'une indemnité d'éviction avait été proposée à tous les occupants : 5 000 euros par famille, à condition de quitter les lieux sans faire d'histoires.
« DES MENSONGES, DES CALOMNIES »
L'idée, c'était d'agir vite. Car derrière, la Ville de Cayenne s'était positionnée pour racheter ces terrains appartenant à l'État. Les tarifs avaient même été fixés : 1 million d'euros pour la parcelle de Petit Chalet et 1,5 pour celle de Châton située juste en face (l'ancienne gendarmerie). Interrogée alors, Marie-Laure Phinéra-Horth évoquait deux projets d'envergure : une résidence de standing ou un hôtel 5 étoiles en bord de mer.
Mais depuis, l'indemnité d'éviction a fait couler beaucoup d'encre. Et délié les langues. C'est l'affaire dans l'affaire. Car d'après certains de nos confrères, cet argent n'aurait pas été versé par l'État mais par un promoteur immobilier désireux de se positionner. « Des mensonges, des calomnies » , selon le maire de Cayenne qui préfère finalement faire machine arrière.
Une délibération rédigée lundi et ajoutée en dernière minute à l'ordre du jour du conseil municipal qui se tenait hier après-midi proposait donc aux élus de voter le retrait du droit de priorité exercé dans ce dossier. « Et a fortiori de renoncer à l'acquisition des deux parcelles précitées [...] dans la mesure où l'intégrité des procédures mises en oeuvre par l'État en vue d'aboutir à la vente est sujette à caution et discussion [...] et affectent la sérénité indispensable à la poursuite de l'opération d'aménagement souhaitée par la Ville » , précise le rapport remis aux conseillers municipaux.
Opposé à ce retrait, Jean Parize a demandé à ce que la Ville puisse acquérir ces terrains pour les transformer en espaces publics (jardins d'enfants, parcours santé, parc de jeux...). En vain. Les élus ont choisi d'abandonner Châton et Petit Chalet. Seul le projet de promenade en bord de mer, réalisé avec le Conservatoire du littoral, sera mené à bien.

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