Conseil du fleuve Oyapock : la coopération se heurte aux murs administratifs
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Cooépration régionale

Conseil du fleuve Oyapock : la coopération se heurte aux murs administratifs

Gérôme GUITTEAU
Consiel du fleuve oyapoock du 6 mars  dans l'enceinte militaire de Cleveland
De gauche à droite : Clécio Luis, gouverneur de l'Amapá, le sous-préfet de Saint-Georges, Guillaume Brault, le député Castor et Tiarrah Steenwinkel, vice-présidente de la CTG siègent au conseil du fleuve de l'Oyapock, le 6 mars dernier. Ce conseil se compose de 28 membres. Le prochain aura lieu à Saint-Georges d'ici à la fin de l'année. • EQUIPE DU DÉPUTÉ

Le 6e conseil du fleuve Oyapock, qui s'est tenu à Oiapoque, dans l'enceinte militaire de Clevelândia do Norte le 6 mars 2024, a été le théâtre d'un dialogue intense entre les représentants de la préfecture et les propositions émises par le député Jean-Victor Castor. Dans un contexte marqué par une coopération transfrontalière fragile mais prometteuse, les débats ont oscillé entre les ambitions de développement et les défis persistants entravant la progression harmonieuse de la région.

Sous la houlette du sous-préfet de Saint-Georges, Guillaume Brault, et du chef de la délégation brésilienne, Lucas Abrahao, les discussions ont été axées sur la nécessité de promouvoir des projets transfrontaliers bénéfiques pour les populations riveraines de l'Oyapock. Le gouverneur de l'Amapá, Clécio Luis, a souligné l'importance cruciale des relations entre les deux nations partageant cette frontière, ouvrant ainsi la voie à une coopération renforcée.

 

À l'issue de cette 6e édition, plusieurs propositions ont été formulées dans divers domaines, indique la préfecture. En ce qui concerne la santé, il est prévu de relancer la semaine de la santé transfrontalière et de mettre en œuvre des actions visant à lutter contre les maladies vectorielles.

Labellisation des produits transrégionaux

Sur le plan économique, plusieurs mesures sont envisagées, telles que le développement de la labellisation des produits transrégionaux et l'établissement d'un plan pour favoriser le développement économique transfrontalier, englobant notamment les secteurs du tourisme, de la culture et de la pêche.

De plus, il est proposé d'évaluer l'application de l'accord relatif au régime spécial des produits de subsistance, en vue de suggérer des axes d'amélioration, et d'élargir le périmètre défini par le régime spécial de circulation de la carte transfrontalière, comme souhaité par la partie brésilienne, pour favoriser un meilleur développement économique et culturel régional.

Dans le domaine de l'environnement, il est envisagé de proposer un accord de coopération sur la collecte, le traitement et la destination finale des déchets entre l'Amapá et la Guyane, ainsi que d'élaborer un plan de transformation des déchets solides afin de créer des sources de revenus.

Toutes ces propositions seront examinées lors de la prochaine commission mixte transfrontalière (CMT), prévue à Macapá en juillet prochain.

 

La création d'un groupe de pression envisagée

 

Pourtant, malgré les aspirations exprimées lors de ce conseil, le bilan dressé par le député Castor est loin d'être encourageant. Les enjeux cruciaux tels que l'harmonisation des normes, la gestion des déchets ou encore la coordination des politiques de santé ont été confrontés à des obstacles persistants. Les participants ont dû faire face à la réalité d'une coopération en proie à des difficultés structurelles et à des lenteurs administratives concernant notamment la question du visa pour les Brésiliens vers la Guyane. Ces derniers ne peuvent pas franchir la frontière sans demander au préalable leur visa à l'ambassade de France ou consulat, au contraire des Guyanais qui n'ont juste qu'un visa à faire tamponner à la frontière. La plateforme de transbordement et la carte frontalière connaissent aussi des problèmes.

Face à l'absence de progrès tangibles, notamment dans le domaine économique avec le tourisme, le député a suggéré une approche plus directe. L'idée de former un groupe de pression composé d'acteurs sociaux des deux côtés de la frontière est apparue comme une solution pour faire avancer les choses sur le terrain. "Il faut pousser les institutions à faire sauter les freins largement identifiés à la coopération", conclut Jean-Victor Castor.

Le conseil du fleuve de l'Oyapock du 6 mars 2024
Le sous-préfet de Saint-Georges, Guillaume Brault, au centre, en tant que chef de la délégation française et le gouverneur de l’Amapá, Clécio Luis (à gauche) ont exprimé, lors du conseil du fleuve du 6 mars dernier, la volonté de voir se développer les projets transfrontaliers sur le bassin de l’Oyapock. Jean-Victor Castor, le député était présent (à droite) ainsi que Tiarrah Steenwinkel pour la CTG. • Préfecture

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