Frappe US au large du Venezuela : Trinidad refuse de "gaspiller" ses ressources pour rechercher les corps
La Première ministre de Trinidad-et-Tobago, Kamla Persad Bissessar, a annoncé mercredi 10 septembre, que son pays n'engagerait pas de moyens pour rechercher les corps des onze personnes tuées lors d'une frappe américaine contre un bateau suspecté de narcotrafic.
Le cœur de l'affaire remonte au 2 septembre, lorsque les États-Unis, dans le cadre d'un déploiement militaire anti-drogue, ont mené une frappe sur une embarcation au large du Venezuela. Le bateau suspecté de transporter de la drogue a été coulée, causant la mort de onze personnes à son bord. Le Venezuela a dénoncé des "exécutions extrajudiciaires en mer", et accuse Washington de profiter de l'opération pour exercer une pression militaire sur le régime de Nicolás Maduro.
La position de Trinidad-et-Tobago, archipel situé à une dizaine de kilomètres des côtes vénézuéliennes, est ferme. La Première ministre Kamla Persad Bissessar a clairement indiqué que les ressources des gardes-côtes ne seraient pas mobilisées pour rechercher les corps des présumés trafiquants. "Nous ne gaspillerons pas nos ressources pour rechercher ces corps. Elles seront utilisées pour la protection de nos frontières", a-t-elle déclaré. Elle a apporté son soutien au déploiement américain, affirmant que la drogue "détruit des familles et fracture notre société ".
Deux corps échoués et une enquête sous silence
La controverse a pris une nouvelle dimension avec la découverte de deux corps échoués vendredi et dimanche derniers sur la côte nord-est de Trinidad, laissant supposer qu'ils pourraient être liés à la frappe. Le commissaire de police Allister Guevarro reste prudent. Il affirme que la police "continue d'enquêter" sans vouloir spéculer sur "l'origine des corps". La Première ministre a précisé que si l'épave du bateau venait à s'échouer, elle serait récupérée.
Cette frappe s'inscrit dans un contexte de tensions entre Washington et Caracas. Le gouvernement Trump, qui ne reconnaît pas la réélection de Nicolás Maduro, l'accuse d'être à la tête d'un "cartel de la drogue" et promet une prime de 50 millions de dollars pour sa capture. De son côté, Maduro a toujours nié toute implication dans le narcotrafic et dénonce le déploiement militaire américain comme une "menace", ayant même renforcé la défense militaire à ses frontières. L'incident transforme les eaux des Caraïbes en un nouvel épisode de la guerre froide entre les deux nations.

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