François-Noël Buffet ministre des Outre-mer d'un gouvernement Barnier bien ancré à droite
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Politique

François-Noël Buffet ministre des Outre-mer d'un gouvernement Barnier bien ancré à droite

Samuel Zralos
Michel Barnier
Michel Barnier a nommé son gouvernement. • SHUTTERSTOCK

16 jours après sa nomination à Matignon, le 5 septembre, Michel Barnier dévoile ce samedi après-midi son gouvernement, dont les noms constituent une union des droites de gouvernement, du Modem à Les Républicains. Le parti présidentiel y conserve comme attendu un poids fort.

Beaucoup des noms avaient fuité ces derniers jours, alimentant de nombreux articles de la presse nationale et autant d'hypothèses sur les chaines d'information en continu. Désormais, la liste est officielle : Michel Barnier, premier ministre issu des Républicains (LR), appelé à Matignon par Emmanuel Macron malgré la faiblesse de son groupe politique à l'Assemblée (47 députés) a dévoilé son futur gouvernement, composé de 39 noms.

François-Noël Buffet va découvrir les Outre-mer

Les Antilles-Guyane seront suivies rue Oudinot par le sénateur LR François-Noël Buffet, jusque là président de la commission des lois du Sénat. Agé de 61 ans, il a été maire pendant 20 ans d'une petite ville de la région lyonnaise et est sénateur du Rhône depuis 2004. Il s'est égaélement illustré en 2013 par son opposition à la loi sur le mariage pour tous. Son lien avec les Outre-mer semble en revanche ténu, marqué simplement par la direction d'une mission d'information du Sénat sur la Nouvelle-Calédonie, en 2022.

Contrairement aux souhaits des députés d'Outre-mer, ce ministère reste une simple délégation et non un ministère de plein exercice. Il est à présent rattaché directement à Matignon et plus au ministère de l'Intérieur, contrairement aux habitudes des précédents gouvernements macronistes.

LR en force

Le néo-ministre sera accompagné dans sa découverte par un nombre conséquent de membres de son parti. Comme attendu, Bruno Retailleau, patron des sénateurs LR, est nommé ministre de l'Intérieur. Il est connu pour sa stratégie très droitière, plus ou moins alignée sur les positions du Rassemblement national en matière d'immigration et de lutte contre l'insécurité. Comme son confrère des Outre-mer, il s'est opposé à la légalisation du mariage homosexuel en 2013, ou plus récemment à la loi sur la fin de vie voulue par Emmanuel Macron.

Rachida Dati, également issue des Républicains mais ayant quitté le parti il y a deux ans, conserve le ministère de la Culture, tout comme Sébastien Lecornu (ex-LR) aux armées. Leur collègue Catherine Vautrin (ex-LR) quitte le ministère du travail et de la santé pour celui du partenariat avec les territoires et de la décentralisation.

La députée Annie Genevard, vice-présidente du groupe LR à l'Assemblée, prend quant-à-elle le ministère de l'Agriculture. Son confrère Patrick Hetzel devient ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. La sénatrice LR Laurence Garnier, un temps pressentie pour la famille, est finalement nommée secrétaire d'Etat à la consommation. Son ancien camarade de parti, Gil Avérous passe de la mairie de Chateauroux au ministère des sports, de la jeunesse et de la vie associative. François Durovray est ministre délégué aux transports.

Le parti présidentiel toujours au coeur du jeu

C'était la volonté d'Emmanuel Macron, c'est fait : son parti et ses alliés demeurent au coeur de la machine gouvernementale malgré les échecs sucessifs aux élections européennes et législatives, entre autres. L'alliance avec LR a pour l'instant payé.

Agnès Pannier-Runacher, fidèle entre les fidèles, est ainsi nommée ministre de la transition écologique et de l'énergie. Sa camarade députée' Astrid Panosyan-Bouvet devient ministre du travail et de l'emploi, tandis que le député Antoine Armand prend Bercy, le ministère des finances et de l'économie.

Guillaume Kasbarian devient quant-à-lui ministre de la fonction publique. Une annonce qui va à n'en pas douter hérisser le poil des fonctionnaires, tant M. Kasbarian a laissé un souvenir amer aux associations de défense du logement digne, en tant que député auteur d'une loi particulièrement contestée - elle est considérée par beaucoup d'acteurs comme inégalitaire -, puis en tant qu'éphémère ministre.

En parlant de fonctionnaires, c'est la députée macroniste Anne Genetet qui prend la tête du ministère de l'Education nationale. Largement inconnue, elle aura la lourde tache d'être la sixième ministre à ce poste en 7 ans - un record seulement battu par le ministère des Outre-mer.

C'est également à Renaissance que Michel Barnier a trouvé la porte-parole de son gouvernement, Maud Bregeon, son ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, ou son ministre délégué à l'industrie, Marc Ferraccci, réputé très proche d'Emmanuel Macron.

Les alliés historiques de la Macronie complètent le tableau

Le reste du gouvernement est composé de membres du Modem ou de l'UDI, alliés d'Emmanuel Macron depuis 2017, à l'instar de Fabrice Loher (UDI), chargé de la mer et de la pêche, de Valérie Létard (UDI), ministre du logement et de la rénovation urbaine, ou de Geneviève Darrieussecq (Modem) à la Santé. A noter que le groupe Modem s'est un temps interrogé sur sa participation au gouvernement Barnier, jugé trop à droite, avant de décider de ne pas renverser la table. Il faut dire que le groupe récupère un portefeuille important, celui des Affaires étrangères, confié à Jean-Noël Barrot.

Même retour apparent au bercail pour les membres du groupe Horizons, qui s'était séparé de l'alliance macroniste lors des législatives, mais qui place quelques personnes en conseil des ministres, comme Marie-Agnès Poussier-Winsback à l'économie sociale et solidaire.

Seule figure issue de la vie civile, Didier Migaud rejoint le gouvernement comme ministre de la justice. Il était jusqu'à présent président de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

 

Le nouveau gouvernement doit à présent procéder à son premier conseil des ministres, lundi à 15h (heure de Paris), comme l'a annoncé l'éternel secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler.

Il aura ensuite la charge autrement plus incertaine d'être présenté à l'Assemblée nationale, où il peut être censuré par les députés. Les forces de gauche ont déjà annoncé leur volonté de rejeter ce gouvernement, tandis que le RN laisse planer le suspens ces derniers jours, alimentant les soupçons d'un accord entre macronistes et lepénistes.

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