Élisabeth Borne dégaine son " cerveau auxiliaire " : une IA bientôt dans les cartables des profs
Préparer un cours, identifier les blocages d'un élève, personnaliser les apprentissages… La ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a confirmé le déploiement d'une intelligence artificielle dédiée aux enseignants.
L'annonce est officielle. Dans un entretien accordé à Brut à quelques jours de la rentrée, la ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a levé le voile sur un projet phare du gouvernement : proposer une intelligence artificielle à tous les professeurs pour les accompagner dans leur métier. Concrètement, cet outil d'IA aura pour première mission d'aider les enseignants à "préparer leurs cours". La ministre le présente comme un assistant de préparation : " L'IA servira à lui débroussailler le travail. Évidemment, à la fin, c'est le professeur qui doit finaliser son cours ". L'objectif affiché est clair : gagner du temps sur la conception pédagogique pour mieux le consacrer aux élèves.
Au-delà de la simple préparation, l'ambition de ce projet est aussi diagnostique. La ministre esquisse un usage plus poussé de la technologie pour " mieux comprendre ce qu'un élève a compris et ce qu'il n'a pas compris, où sont ses blocages ". L'IA est ainsi présentée comme un " vrai levier pour faciliter l'apprentissage ", capable d'analyser les difficultés individuelles et, potentiellement, d'orienter les enseignants vers des exercices de remédiation personnalisés. Une promesse de pédagogie différenciée à grande échelle.
Un " cerveau auxiliaire ", pas un substitut : le cadre éthique en question
Face aux craintes d'une déshumanisation de l'enseignement, le discours de la ministre est sans équivoque : mise en garde contre toute forme de substitution. " Je pense qu'on peut en faire un vrai levier… mais ça ne dispense pas de faire fonctionner son cerveau, d'apprendre à raisonner, d'apprendre à réfléchir. C'est simplement un outil ", a-t-elle insisté.
Pour encadrer cet usage, une charte éthique est en cours de consultation jusqu'au premier trimestre 2025 avec les enseignants, parents, élèves et syndicats. Son objectif : définir un cadre d'utilisation pédagogique et administratif pour une IA " responsable " à l'école. " Il nous faut éduquer les élèves aux biais et aux limites de l'IA ", rappelle la ministre.
Une " IA souveraine " pour 2026, fruit d'un appel à projets de 20 millions d'euros
Le calendrier se précise. Dès cet été, un appel à projets financé à hauteur de 20 millions d'euros via France 2030 doit être lancé pour développer une " IA souveraine " dédiée. L'ambition est de disposer d'un outil made in France, " ouvert et évolutif ", qui sera opérationnel pour la rentrée 2026-2027. Cet outil national, distinct des solutions privées comme ChatGPT, vise à garantir la souveraineté des données des élèves et des enseignants et à s'adapter spécifiquement aux programmes et aux méthodes pédagogiques français.

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