Élisabeth Borne dégaine son « cerveau auxiliaire » : une IA bientôt dans les cartables des profs
France-Antilles Téléchargez l'application France-Guyane Installer

La radio 100% Caraïbes

Élisabeth Borne dégaine son " cerveau auxiliaire " : une IA bientôt dans les cartables des profs

Rédaction Web - Christophe VERGER
Elisabeth Borne annonce qu'une intelligence artificielle sera proposée aux professeurs afin de leur permettre de préparer leurs cours.
Elisabeth Borne annonce qu'une intelligence artificielle sera proposée aux professeurs afin de leur permettre de préparer leurs cours. • PHOTO AFP

Préparer un cours, identifier les blocages d'un élève, personnaliser les apprentissages… La ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a confirmé le déploiement d'une intelligence artificielle dédiée aux enseignants.

L'annonce est officielle. Dans un entretien accordé à Brut à quelques jours de la rentrée, la ministre de l'Éducation, Elisabeth Borne, a levé le voile sur un projet phare du gouvernement : proposer une intelligence artificielle à tous les professeurs pour les accompagner dans leur métier. Concrètement, cet outil d'IA aura pour première mission d'aider les enseignants à "préparer leurs cours". La ministre le présente comme un assistant de préparation : " L'IA servira à lui débroussailler le travail. Évidemment, à la fin, c'est le professeur qui doit finaliser son cours ". L'objectif affiché est clair : gagner du temps sur la conception pédagogique pour mieux le consacrer aux élèves. 

Au-delà de la simple préparation, l'ambition de ce projet est aussi diagnostique. La ministre esquisse un usage plus poussé de la technologie pour " mieux comprendre ce qu'un élève a compris et ce qu'il n'a pas compris, où sont ses blocages ". L'IA est ainsi présentée comme un " vrai levier pour faciliter l'apprentissage ", capable d'analyser les difficultés individuelles et, potentiellement, d'orienter les enseignants vers des exercices de remédiation personnalisés. Une promesse de pédagogie différenciée à grande échelle.

Un " cerveau auxiliaire ", pas un substitut : le cadre éthique en question

Face aux craintes d'une déshumanisation de l'enseignement, le discours de la ministre est sans équivoque : mise en garde contre toute forme de substitution. " Je pense qu'on peut en faire un vrai levier… mais ça ne dispense pas de faire fonctionner son cerveau, d'apprendre à raisonner, d'apprendre à réfléchir. C'est simplement un outil ", a-t-elle insisté.

Pour encadrer cet usage, une charte éthique est en cours de consultation jusqu'au premier trimestre 2025 avec les enseignants, parents, élèves et syndicats. Son objectif : définir un cadre d'utilisation pédagogique et administratif pour une IA " responsable " à l'école. " Il nous faut éduquer les élèves aux biais et aux limites de l'IA ", rappelle la ministre.

Une " IA souveraine " pour 2026, fruit d'un appel à projets de 20 millions d'euros

Le calendrier se précise. Dès cet été, un appel à projets financé à hauteur de 20 millions d'euros via France 2030 doit être lancé pour développer une " IA souveraine " dédiée. L'ambition est de disposer d'un outil made in France, " ouvert et évolutif ", qui sera opérationnel pour la rentrée 2026-2027. Cet outil national, distinct des solutions privées comme ChatGPT, vise à garantir la souveraineté des données des élèves et des enseignants et à s'adapter spécifiquement aux programmes et aux méthodes pédagogiques français.

Édition spéciale :
Rétro 2025

Revivez toute l'actualité marquante de la Martinique

Voir la boutique

Suivez l'info en temps réel
sur l'appli France-Guyane!

Télécharger