Une liste pour être « moins seule aux affaires »
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SAINT-GEORGES

Une liste pour être « moins seule aux affaires »

Propos recueillis par A.S.-M.
Fabienne Mathurin-Brouard : « Chaque Oyapockois doit disposer d'une parcelle » (photo d'archives)
Fabienne Mathurin-Brouard : « Chaque Oyapockois doit disposer d'une parcelle » (photo d'archives)

Fabienne Mathurin-Brouard présentait sa liste hier soir pour les municipales. Pour briguer un nouveau mandat, le maire sortant, candidate de Guyane 73, a fait appel à l'expérience.

Comment qualifiriez-vous votre liste ?
J'ai voulu que la liste soit, comme en 2008, aux couleurs de la commune, que l'ensemble des communautés soient représentées. En 2008, c'était 19 colistiers, en 2014 nous présentons une liste de 27 colistiers, avec 14 femmes et 13 hommes. Aujourd'hui je me présente avec une nouvelle équipe. Il y a trois anciens élus, dont Louis Bierge,. Il y a des hommes et des femmes motivés aux compétences diverses. Je pense que la présence de certaines personnes comme Louis Bierge, qui est un élu très aguerri, va rassurer la population qui va se dire que je serai moins seule aux affaires. Les élus vont vraiment assumer leur délégation pour améliorer le cadre de vie de la population.
Votre premier adjoint, Edmard Elfort, ne s'y trouve pas…
Non. Je l'ai contacté et il n'a pas répondu.
Qu'est-ce qui vous a décidé à briguer ce second mandat ?
2008, c'était une liste et un projet pour Saint-Georges. La commune connaît de gros enjeux pour son avenir. J'ai commencé en 2008 par faire un travail d'organisation. Ces six ans ont permis de mettre en place les prérequis du développement. Nous avons organisé nos services, nous en avons créé de nouveaux, entrepris des collaborations avec différents partenaires… Aujourd'hui, le PLU a été réalisé. Il définit différents zonages pour le développement la commune, le développement urbain comme le développement économique. Mais au centre du développement de Saint-Georges, il y a le pont sur l'Oyapock. Je dirais que la commune a désormais deux équipements structurants, la RN2 et le pont, pour bâtir son développement et être une base avancée pour le développement de la Guyane.
Durant votre premier mandat, quel est ce dont vous êtes la plus fière ?
C'est d'avoir été un maire de proximité, qui partage le quotidien des Oyapockois. De Trois Palétuviers à Tampak, en passant par Saint-Georges, Blondin et Gabaré, j'ai toujours été sur le terrain. Mon premier objectif durant ces six ans a été de réconcilier la population qui avait beaucoup souffert de clivages politiques, de clivages partisans. Il y avait de grandes déchirures dans les familles, dans le tissu associatif.
Vous avez l'impression d'avoir atteint cet objectif ?
C'est à la population de répondre.
À l’inverse, qu'est-ce qui pourrait être amélioré par rapport à ce mandat ?
Ce serait au niveau des élus qui m'ont accompagné, cette équipe de trentenaires. Il y a eu au sein de cette équipe, des élus qui n'étaient pas préparés à cet investissement. Être élu demande de l'investissement, de la disponibilité et de la formation. Je pense que certains ont été démotivés face à la tâche car nous avions tout à faire. Certains pensaient que les partenaires viendraient proposer des solutions pour la commune, chose que nous n'avons pas eue. Cela a démotivé bon nombre d'élus et peut-être aussi que certains n'avaient pas compris quelle était la responsabilité lorsqu'on est aux affaires politiques.
Vos deux principaux opposants, Georges Elfort et Laurent Mandé, vous reprochent de ne pas avoir suffisamment développé la commune en terme d'équipements. Que leur répondez-vous ?
S'agissant des équipements structurants, nous avons accompagné la CCEG dans le cadre de l'aménagement de la ZAE (zone d'activité économique, ndlr). Au niveau du foncier, nous avons régularisé bon nombre de parcelles qui étaient en attente pour l'habitat mais aussi pour le développement économique. Je rappelle qu'aujourd'hui, Saint-Georges de l'Oyapock, c'est 40 hectares sur le terrain militaire, c'est 46 hectares pour une zone industrielle à côté du pont, et c'est 23 hectares pour une zone d'aménagement concertée, une ZAC.
Laurent Mandé évoque surtout les carences en matière d'équipement pour la jeunesse…
En ce qui concerne la réussite éducative, nous avons commencé par réhabiliter l'ensemble des écoles de la commune, nous avons mis en place le centre communal d'action sociale qui a renforcé les activités pour les jeunes, mis en place des activités sportives et culturelles non seulement sur la commune mais aussi sur les écarts. À Trois Palétuviers, par exemple, nous avons aujourd'hui une école moderne avec deux logements pour les enseignants.
Vous évoquez la réussite éducative, Saint-Georges a décidé de passer aux nouveaux rythmes scolaires dès septembre 2013. La mise en place a été compliquée, notamment pour les activités périscolaires. Regrettez-vous cette décision ?
Je rappelle que les activités périscolaires avaient été mises en place depuis 2012 par le centre communal d'action sociale. Il s'avère que pendant un an et demi, la responsable n'a pas pu occuper son poste mais et que nous n'avons pas pu recruter d'autre personne pour ce poste. Nous avons donc dû mettre en attente ces activités périscolaires. Aujourd'hui, elles ont repris. Nous avons sollicité les enseignants pour avoir leur concours. Pour nous, il était important de démarrer en 2013 pour pouvoir être dans la continuité en 2014 et renforcer le dispositif.
Parmi les gros dossiers à Saint-Georges, il y a celui du logement. Quelle politique comptez-vous mener durant les six années à venir ?
Je pars du principe que chaque Oyapockois doit disposer d'une parcelle, car c'est notre terre d'adoption. Nous avons du tout reprendre à la base, la régularisation foncière a été très longue. Aujourd'hui, vient d'ajouter à cela la fiscalité. L'État par deux fois a mis en place la révision de la base fiscale. Donc, au-delà de la volonté, il y a des paramètres à prendre en compte. L'accession au foncier a un coût. Il faut expliquer cela à la population. Lorsque mon prédécesseur a voulu vendre du foncier à 1 euro le mètre carré, l'État nous a déférés et nous avons eu à justifier ce montant. C'est vrai que la collectivité peut aider à l'accession au foncier, mais restera à la charge du bénéficiaire, la fiscalité et toutes les autres formalités comme les permis de construire, le raccordement au réseau etc. La volonté est là mais il faut réfléchir à un dispositif.
Selon vous, la commune est-elle prête pour l'ouverture du pont sur l'Oyapock ?
Il y a moins de dix ans que Saint-Georges est raccordée au littoral. Aujourd'hui nous avons le pont sur l'Oyapock. Il faut d'abord penser à l'aménagement de la commune, avant de parler du pont. Il faut favoriser l'arrivée d'investisseurs sur notre territoire pour mettre en place des services à la population. Il faut être dynamique et attrayante. Certains voudraient venir à Saint-Georges mais il manque encore d'équipements. Je rappelle que le développement économique est de la compétence de la CCEG. Donc nous devons également penser à un projet de développement de la communauté de communes pour qu'elle soit forte pour attirer les investisseurs.
Et la coopération avec le Brésil ?
Dans le cadre de la construction du pont, nous nous sommes rapprochés. Je pense qu'aujourd'hui, avec la ratification de l'accord de coopération sur l'orpaillage, nous connaissons une grande avancée pour notre territoire. J'ai bon espoir que nous puissions désormais réfléchir à un développement gagnant-gagnant pour le territoire de l'Oyapock. Il ne faut pas oublier Camopi et Ouanary qui sont aussi concernés. Nous devons déjà conforté les activités existantes comme le transport fluvial qui ne doit pas disparaître. Il y a aussi deux projets importants à réussir. Il y a celui de la zone franche industrielle dont nous parlons depuis de nombreuses années. J'avais déjà rencontré la chambre de commerce. Nous attendons les résultats d'une étude sur les retombés du pont. Cette zone, ce sont 56 hectares à côté du pont, et c'est là que doit se faire le développement économique de Saint-Georges, pas à l'entrée de ville. Il y a déjà des projets sur cette zone avec une centrale biomasse notamment.
Pour finir, pourquoi avoir envie d'être maire, qui peut être une position ingrate ?
Il faut parler pour cela de la place dans la société guyanaise, et même dans toutes les sociétés. Les femmes sont parées aux enjeux, aux difficultés. Quand on a un problème, on appelle sa mère, on appelle la femme car nous sommes proches de la population. Je fais ce métier car j'aime contribuer au développement de Saint-Georges. C'est sans compter que je donne à la population. Surtout, il ne faut pas laisser ceux qui ont échoué hier revenir faire des propositions pour l'avenir alors qu'ils n'ont pas été à la hauteur dans le passé.

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