Il y avait du monde, beaucoup de monde, à l'Amazonia lundi soir pour l'annonce officielle de Marie-Laure Phinéra-Horth. Sans surprise, la maire de Cayenne est candidate à sa propre succession. Ovationnée par les quelque 200 personnes présentes, elle s'est dite « très touchée » par la « confiance énorme » que lui accordent les membres du comité de soutien qui s'est créé spontanément autour d'elle il y a deux semaines. « Marie-Laure est une femme d'engagement, laborieuse, dynamique. Une femme aux grandes qualités de coeur, attachée au bien-être de sa population » , a déclaré Maryline Houssein, la présidente du comité. Et c'est une Marie-Laure Phinéra-Horth visiblement émue qui a pris la parole. Plus tard, elle confiera : « Je tournais le dos à la salle et c'est en me levant pour aller au micro que j'ai réalisé qu'il y avait autant de monde. Je sens l'engouement des gens tous les jours. Il y a quelque chose qui se passe derrière moi. Je suis sereine. » Malgré la candidature de son deuxième adjoint, Alex Weimert. « Ça m'a surprise mais pas déstabilisée, explique-t-elle. J'aurais aimé qu'il me l'annonce directement mais je n'ai aucune animosité. » Candidate « d'ouverture » , elle choisira des colistiers de tous horizons, promet-elle. « Je suis ancrée à gauche. Je n'ai pas changé, je suis une humaniste. Mais je suis prête à m'enrichir d'autres idées. Ce n'est pas parce que nous sommes de gauche que nous sommes plus intelligents. Ce n'est pas parce qu'ils sont de droite qu'ils ne peuvent pas apporter quelque chose. » Et quand on l'interroge sur le soutien du PSG, elle répond simplement : « On ne peut pas encore parler d'accord. Rien n'est signé, nous sommes en négociation. » Quelques minutes plus tôt, un communiqué officiel du PSG annonçait pourtant « une alliance avec Marie-Laure Phinéra-Horth et d'autres partis de la gauche » . « C'EST MON AMI »
L'information n'était pas encore parvenue à la candidate, qui s'était contentée d'une pirouette : « Plusieurs partis soutiennent ma candidature » . Preuve dans la salle où se sont côtoyés des représentants du PSG bien sûr, mais aussi de Walwari, de l'UDI et même d'anciens membres de l'UMP. Mais aucune trace de Rodolphe Alexandre. « Il a fait le choix de ne pas prendre part aux municipales, indique la candidate. Mais c'est mon ami, quelqu'un que j'admire et que j'admirerai toujours. » L'absence du président de Région sur la liste de Marie-Laure Phinéra-Horth arrangerait en outre Walwari. Car son secrétaire général, Joël Pied, précisait il y a quelques jours dans nos colonnes qu'il était hors de question de soutenir un candidat qui se déclarerait favorable à Rodolphe Alexandre (notre édition du 16 janvier). Sa vision
Marie-Laure Phinéra-Horth n'a pas souhaité monopoliser la parole et a offert à ses sympathisants un discours concis. Le temps de rappeler qu'elle est la première femme maire de Cayenne. De redire, aussi, son attachement pour cette ville dont elle souhaite faire « une vraie capitale régionale » . Son programme tient en quelques mots : lutte contre la délinquance et contre l'insalubrité, aménagement moderne et ambitieux, politique de la ville. Le maire sortant exprime aussi sa vision à long terme : s'ouvrir à la mer, en poursuivant l'aménagement de la pointe Buzaré, en optimisant le Vieux port... « Il n'est pas normal qu'une ville du littoral tourne le dos à la mer. C'est un atout à valoriser » , a-t-elle martelé.
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