Une agression et un vol ont eu lieu samedi à l'office de tourisme. L'incident semble lié à la campagne électorale et viser la famille Lazzarotto, incontournable dans la politique municipale.
IRACOUBO.L'office de tourisme d'Iracoubo a été le théâtre d'incidents, samedi. L'agent d'accueil de l'établissement a été pris à partie et de l'artisanat a été volé. « Trois personnes se sont présentées et ont dit : « Toi le Blanc, on va te faire partir de là » , raconte Sylvie Lazzarotto, directrice de cabinet du maire Daniel Mangal. On sait que ce sont trois personnes d'Iracoubo, d'une trentaine d'années. Ils sont venus et repartis à vélo. Ils ont pris des petits objets artisanaux. Le préjudice n'est pas très important, mais cela pose problème. » La gendarmerie a appris l'incident, mais n'a pas reçu de plainte.
« UN PEU DE POLÉMIQUE »
L'office de tourisme a été fermé. Il ne rouvrira qu'après les élections municipales. Car il ne fait guère de doute que l'incident est lié à la campagne en cours.
L'agent de l'office de tourisme n'est autre que le fils de Sylvie Lazzarotto et de son mari William, adjoint au maire chargé des services techniques. « On sait bien qu'on est visés, poursuit la directrice de cabinet. C'est de l'intimidation. C'est pour éviter les provocations que l'on ferme jusqu'après les élections. »
Ces dernières années, plusieurs reproches ont été adressés à la famille Lazzarotto : embauche de Madame au cabinet du maire, permis bateau payé au fils pour conduire le bateau touristique, rôle de Monsieur à la mairie. La place de ce dernier dans la future équipe du maire a provoqué des tensions, comme le raconte un colistier : « Les gens disaient qu'ils ne voulaient pas le voir sur la liste. Ils faisaient un peu de polémique. »
UNE RIGUEUR QUI SE PAIE
Daniel Mangal, que nous n'avons pas pu joindre, a organisé plusieurs réunions pour convaincre les réticents. Deux camps semblaient se dessiner. L'un autour de William Lazzarotto, le second autour de l'adjointe Anna Attica-Tramma. Selon ce même colistier, certains ont voulu faire payer à William Lazzarotto « sa rigueur. Les gens ne sont pas habitués à ça. Il a fait un gros boulot aux services techniques. »
Interrogée, l'opposante Cornélie Sellali-Bois-Blanc se défend que l'incident de samedi ait été provoqué par son camp : « Nous menons une campagne de proximité et d'ouverture. De notre côté, on ne fait pas ça. S'il y a des reproches à faire à la famille Lazzarotto, ce n'est pas à nous de le faire. »
Toutefois, celle qui connaît bien le fonctionnement de la mairie, pour avoir été l'adjointe de Daniel Mangal, confirme leur rôle prépondérant : « En 2008, il n'y avait que trois ou quatre personnes qui géraient la commune : William et Sylvie Lazzarotto, le maire et moi-même. Mais le maire était souvent absent. » Et Cornélie Sellali-Bois-Blanc est passée dans l'opposition. « À la fin, il n'y avait plus que les Lazzarotto. »
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