Le collectif Stop Vie Chère en quête de solutions concrètes
Les neuf organisations associées contre les prix élevés qui pèsent sur les paniers guyanais prévoient une première table ronde pour négocier le prix du carburant.
Bientôt deux mois après la naissance du collectif Stop Vie Chère, ses membres ont annoncé mercredi, à la Chambre de commerce et de l'industrie, plusieurs manœuvres pour négocier à la baisse les prix élevés qui alourdissent le panier du citoyen guyanais.
Avec la tenue d'une première table ronde le 6 janvier, en compagnie de la Collectivité, le lobby citoyen cherchera à convaincre l'entreprise de raffinage de carburants Sara, en situation de monopole, de baisser ses prix.
Une assignation en justice en option
"Si ce n'est pas suivi d'effets, nous assignerons la Sara en justice, annonce Yvane Goua, à la tête de l'association Trop'Violans, lors de cette première réunion publique du collectif Stop Vie Chère. L'entreprise touche une rente annuelle de la part de l'Etat au bénéfice de ses actionnaires, ce qui correspond à environ 23 millions d'euros par an. Et ce, que la Sara soit en pertes ou en bénéfices ! Ce n'est pas normal." Le collectif Stop Vie Chère exige que ce montant soit soustrait au prix actuel du carburant.
Côté baisse des prix des articles de première nécessité, comme le lait ou les couches, la collectif affirme avoir déjà entamé des discussions avec des groupes de commerçants et les acteurs de la grande distribution. "Ils sont très ouverts", se félicite Yvane Goua qui reste toutefois prudente quant à l'issue de ces négociations.
Pour agir sur les coûts des denrées alimentaires, le collectif s'engage à étudier la construction des prix. "Pour aboutir au chiffre indiqué sur le ticket de caisse, quinze étapes sont nécessaires dans la prise en compte des coûts", précise Rodolphe Alexandre, de Guyane Rassemblement.
Un amphithéâtre clairsemé quand la moitié des Guyanais sont en situation de pauvreté
Dans cette logique, l'organisation envisage entre autres de faire pression auprès de la CTG afin qu'elle négocie avec la CMA-CGM - en situation de monopole en Guyane - pour que celle-ci n'augmente pas ses tarifs de fret maritime. A partir de septembre 2025, si les bateaux passeront systématiquement par la Guadeloupe, l'entreprise marseillaise a assuré que cela ne ferait pas augmenter les prix. Les membres de la société civile craignent le contraire.
"Plus de 50% des Guyanais vivent sous le seuil de pauvreté. Pourquoi sommes-nous si peu ?", s'est demandé un Guyanais venu assister à la réunion mercredi soir au milieu d'un amphithéâtre clairsemé. "Il n'est pas simple de s'organiser pour se libérer en semaine le soir", poursuit une mère de famille et agent territoriale contractuelle venue de Rémire-Montjoly. Un constat qu'ont partagé les membres de Stop Vie Chère et que ces derniers ont promis de prendre en compte pour les prochaines assemblées publiques.

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