Christiane Taubira : «Nous sommes les dernières traces de l'empire colonial»
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Ancienne ministre de la Justice et Garde des Sceaux

Christiane Taubira : "Nous sommes les dernières traces de l'empire colonial"

Propos recueillis par Gérôme GUITTEAU g.guitteau@agmedias.fr
Christiane Taubira, invitée lors du 20 heures de France 2.
Christiane Taubira, invitée lors du 20 heures de France 2. • AFP - AFP OR LICENSORS - GEOFFROY VAN DER HASSELT

Le foncier, la question autochtone, l'indépendance, l'intégration au bloc régional sud-américain et caribéen. Christiane Taubira aborde les dossiers qui font l'actualité en Guyane avec la liberté que lui donne son parcours et son expérience. 2e partie de notre entretien.

Pourriez-vous préciser votre position sur les concepts d'autonomie, d'indépendance et de République ? Comment ces idées ont-elles évolué au fil du temps dans votre réflexion ?

Déjà, je ne mets pas sur le même plan indépendance, autonomie et République. Parce que l'indépendance est un processus politique qui peut ou non prendre la forme d'une République. La République suppose une Constitution dans laquelle on énonce très clairement les principes, les valeurs et la façon dont on va vivre et organiser la société. Donc, il n'y a pas de contradiction entre le fait d'être indépendantiste et de vouloir une démocratie et une République.
 

 
 

Le mouvement autonomiste s'essouffle encore une fois, comment expliquez-vous cette inconstance ?

J'ai toujours fait de la politique avec la plus grande honnêteté, au sens où je regarde quelles sont les idées, où elles mènent, d'où elles s'ancrent, quelles sont leur résonance, comment les gens les reçoivent ? Et lorsque les gens désertent, qu'est-ce que ça veut dire ? Avant de dire "vous êtes inconstants", on peut se demander ce qui s'est passé ? Quelles étaient les attentes qui, éventuellement, n'ont pas été satisfaites ? Quels sont les malentendus ? Qu'est-ce qu'on n'a pas su dire ou expliquer ? La politique, c'est d'abord la responsabilité de celles et ceux qui sont dans l'espace public. Donc, lorsque les gens sont infidèles ou inconstants, j'interroge et je constate. J'ai passé plus de 5 heures au congrès des élus et moi, je comprends. Je comprends la désaffection. D'ailleurs, je circule...

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