France-Antilles et ses partenaires utilisent des cookies pour le fonctionnement de leurs services, réaliser des statistiques d’audience, proposer des contenus et publicités personnalisés. En utilisant ce site, vous consentez à cette utilisation. En savoir + et gérer ces paramètres. OK
Football - disparition

Le Guyanais Éric Édwige rend un vibrant hommage au Sphinx

Stéphane Hespel (avec Eugène Epailly) 28.04.2020
Robert Herbin (à gauche, reconnaissable à sa coupe de cheveux) assiste, impuissant, à un tir d'Eric Edwige, le n°10 du Sco d'Angers de la grande époque - Photo DR

Le natif de Cayenne, également surnommé le feu follet guyanais,alors qu'il jouait sur les bords de la Loire, a côtoyé durant de nombreuses années Robert Herbin, grand joueur et mythique entraîneur de l'AS Saint-Etienne, décédé hier à l'âge de 81 ans. Éric Édwige appréciait le joueur mais aussi ses qualités humaines.

" On s’est rencontré une vingtaine de fois, si ce n'est pas plus, se souvient Éric Edwige, premier Guyanais à être devenu professionnel de football au milieu des années 1960. 
Quelques trémolos encore dans la voix, le natif de Cayenne, qui a signé son premier contrat en 1965 avec le SCO d'Angers, se souvient encore avec précision des joueurs qu'il a côtoyés. Si les dates lui échappent sur cette époque, qui remonte à plus de 40 ans en arrière, les équipes et les individualités qui les composaient l'ont marqué à tout jamais. " Saint-Etienne avait une très belle équipe. Mais nous aussi au SCO d'Angers ! On était à chaque fois deuxième ou troisième. Saint-Etienne était premier, avec Beretta, les frères Revelli, Bernard Bosquier, Georges Carnus… "
Et le numéro 10 angevin (9 saisons au plus haut niveau en D1) de se souvenir, avec fierté, de cette victoire 2-0 face à l'ogre vert.  "On les avait battus chez nous. Ce jour-là j’avais même marqué un but. Le stade était archi complet." Une victoire qui valait bien un titre à elle seule.
" C’est lui qui me prenait au marquage"
Avant de quitter la Guyane, Éric Edwige avait été convoité par… l’entraîneur stéphanois René Vernier à la suite d’un stage. Quelque temps avant même que le futur Sphinx ne débarque chez les Verts sous ses ordres. Les deux auraient donc pu être coéquipiers et évoluer sous les mêmes couleurs dans le chaudron, stade non moins mythique de Geoffroy-Guichard.
Finalement, entre championnat et Coupe de France, les deux joueurs se sont régulièrement rencontrés. " C’était un bon joueur. Un bon milieu de terrain. Très grand. Reconnaissable à sa longue chevelure rousse. La plupart du temps, c’est lui qui me prenait au marquage, poursuit le Montjolien. Mais parfois, ajoute-t-il, ça lui arrivait d'être " un peu fier de sa personne. Néanmoins, il avait beaucoup de qualités, il était gentil. Il savait comment y faire. Je n’ai jamais eu de problème avec lui. Il n’a pas joué en équipe de France pour rien. Il a été plusieurs fois sélectionné. Oui, c’était un grand joueur. Il était apprécié par tous les joueurs."
"Paix à son âme"
" Son décès me touche énormément, insiste Éric Édwige. Il avait de bonnes qualités humaines. Il était toujours correct dans le jeu. Très technique. Il a fait une grande carrière. Il a aussi été un très grand entraîneur. Il a gagné des titres en tant que joueur et entraîneur. Paix à son âme." Pendant toutes ces années que j’ai joué contre lui… C’était quelqu’un de bien, vraiment… pas mal de joueurs que j’ai côtoyés ont aujourd'hui disparu, des grands noms du football, comme récemment Pape Diouf", président d'un club non moins mythique que celui de l'Olympique de Marseille, dans lequel le Guyanais aurait un jour rêvé de jouer.