Essequibo : Guyana et Venezuela disent renoncer à l'usage de la force
Lors d'un sommet organisé à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, ce jeudi, les deux pays ont confirmé renoncer à l'usage de la force et s'engagent à s'abstenir d'intensifier tout conflit. Le Guyana et le Venezuela campent malgré tout sur leur position.
L'actualité géopolitique de la région était marquée ces dernières semaines par des tensions autour du territoire guyanien de l'Essequibo, revendiqué par le Venezuela.
Les présidents des deux pays se sont entretenus jeudi sur l'archipel caribéen de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Le sommet s'est terminé par une poignée de main devant les caméras entre les deux chefs d'État.
Une déclaration conjointe a été lue par le Premier ministre du pays hôte, Ralph Gonsalvez. Les deux États se sont mis d’accord pour continuer à dialoguer et sont tombés d'accord pour ne pas utiliser "la force l'un contre l'autre, sous aucun prétexte." Les deux pays se sont aussi engagés à "s'abstenir en paroles, en actes, d'intensifier tout conflit" entre eux.
Les deux chefs d'État ont malgré tout campé sur leurs positions, à l'image du président Irfaan Ali qui portait un bracelet avec la carte de son pays comprenant l'Essequibo. Irfaan Ali, a déclaré à la sortie de la réunion que "le Guyana a tout le droit [...] de faciliter tout investissement, tout partenariat [...], de délivrer toute licence, d'octroyer toute concession dans notre espace souverain", a-t-il lancé.
La tension montait depuis le lancement en septembre d'appels d'offres pétroliers par le Guyana puis le référendum organisé le 3 décembre à Caracas sur un rattachement des 160 000 km2 de l'Essequibo au Venezuela.
« Je viens avec un mandat du peuple vénézuélien, avec une parole de dialogue, avec une parole de paix, mais pour défendre nos droits », a souligné Nicolás Maduro, qui ne reconnait pas la compétence la Cour internationale de justice (CIJ), la plus haute juridiction de l'ONU, saisie par le Guyana.
Le Venezuela soutient que le fleuve Essequibo devrait être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de l'empire espagnol. Caracas estime ainsi que le Royaume-Uni s'est octroyé des terres vénézuéliennes au 19e siècle et que l'accord de Genève signé en 1966 - avant l'indépendance du Guyana - jette les bases d'un règlement négocié qui doit se poursuivre. Le Guyana estime que la frontière entre les deux pays date de l'époque coloniale anglaise et que celle-ci a été entérinée en 1899 par une Cour d'arbitrage à Paris. C'est cette frontière qui est actuellement en vigueur. Quelque 125.000 personnes, soit un cinquième de la population du Guyana, vivent dans ce territoire couvrant les deux tiers de sa superficie.
Un conseiller du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a participé à la réunion. Le Brésil a renforcé sa présence militaire à ses frontières avec les deux pays et exhorté la semaine dernière Nicolás Maduro à s'abstenir de « mesures unilatérales ». Les Etats-Unis, défendant les intérêts du pétrolier ExxonMobil, ont de leur côté, affirmé leur « soutien inébranlable à la souveraineté du Guyana ». Des exercices aériens ont été menés sur zone par Washington la semaine passée.
Une nouvelle réunion aura lieu "dans les trois mois" au Brésil, selon l'accord.

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