Argentine-Espagne, finale de rêve pour clore le Mondial de la démesure
La Coupe du monde des superlatifs s'achève dimanche avec une finale prestigieuse entre l'Argentine et l'Espagne, deux équipes que tout oppose, et un énorme show dont les Etats-Unis ont le secret, aux portes de New York et sous les yeux de Donald Trump.
En clôture de ce tournoi réussi, au format inédit avec 48 équipes en lice, on pouvait difficilement imaginer plus beau choc que celui qui va opposer les soldats de Lionel Messi, qui entrerait un peu plus dans la légende avec une seconde couronne, et une Roja époustouflante de maîtrise.
Les supporters de la France ont longtemps espéré que ce 104e match serait leur revanche sur l'Albiceleste. Mais les Bleus ont sombré en demi-finale contre l'Espagne et, samedi, pour la dernière de leur sélectionneur Didier Deschamps, ils ont même laissé la troisième place aux Anglais dans un match portes ouvertes (6-4) qui a toutefois permis à Kylian Mbappé de devenir le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde... en attendant la finale où Messi peut dépasser le capitaine français.
"Le plus grand événement humain"
L'ouverture du Mondial-2026 avait eu lieu dans le mythique Azteca de Mexico il y a cinq semaines et demie qui semblent une éternité tant le tournoi aura charrié émotions et histoires, entre la splendide épopée du Cap-Vert, l'amère aventure des Iraniens installés à Tijuana ou l'inimaginable coup de fil de Trump pour inverser la décision d'un arbitre.
Coorganisé pour la première fois par trois pays sur plus de 4.000 km du Mexique au Canada, le tournoi se termine tout près de la ville qui ne dort jamais, mégapole à la hauteur de sa démesure, au Metlife Stadium, où le prix des billets, qui se sont envolés à la revente, a ému l'attaquant espagnol Borja Iglesias. "Une honte", a écrit le joueur du Celta Vigo sur son compte Instagram, alors que le tarif le moins cher est évalué à plus de 4.000 euros par le comparateur SeatPick pour assister à la magnifique opposition de styles de la finale.
D'un côté, l'Espagne qui vise un dexuième doublé Euro-Mondial depuis celui de 2008/2010. De l'autre, l'Argentine qui veut garder sa couronne, ce qu'aucune sélection n'a fait depuis le Brésil en 1962.
La Roja est une pieuvre qui a tranquillement étouffé ses adversaires grâce à une intelligence collective remarquable, 11 joueurs comme autant de tentacules partant d'un milieu de terrain épatant de maîtrise.
L'Albiceleste, elle, a paru couler à chacun de ses derniers matches mais n'est jamais restée au fond. Le miracle a été permanent pour cette équipe à la grinta fascinante, dopée par un public fanatisé et maintenue à flot par les coups de génie d'un Messi qui plane désormais au-dessus du "Dieu" Maradona.
Un second titre l'emmènerait près du "roi" Pelé et porterait le patron de la Fifa Gianni Infantino un peu plus loin sur le terrain des superlatifs.
"Ce n'est pas seulement la plus grande Coupe du monde de tous les temps, cela a été le plus grand événement humain, social et culturel qu'il ait été donné de voir à l'Humanité", s'est-il enflammé vendredi.
Avis à ceux qui auraient trouvé ce Mondial "too much": le prochain sera pire sur le plan environnemental.
En 2030, la Coupe du monde du centenaire s'étendra sur trois continents, avec des matches en Espagne, au Portugal, au Maroc, et même en Amérique latine. Certains plaident pour un tournoi à 64, qui confirmerait le mépris de la Fifa pour les enjeux climatiques.
"La plus grande scène du monde"
Pour dimanche, la Fifa, qui a rassemblé plus de six millions de spectateurs en stade et des milliards de téléspectateurs, a promis "la plus grande scène du monde".
Imitant la recette du Super Bowl, la mi-temps proposera un "half-time show" de 11 minutes, avec la mégastar américaine Madonna, le Canadien Justin Bieber, le groupe de K-pop sud-coréen BTS et Shakira...
Avant le match, une cérémonie aura fait intervenir Robbie Williams, le streamer IShowSpeed et même Tom Cruise.
Mais la vedette principale de ce bouquet final ne sera pas sur scène, mais dans la tribune officielle.
Donald Trump aura attendu la finale pour se rendre au stade, et il faudra guetter la réaction du public quand apparaîtra son visage sur les écrans géants. C'est lui qui remettra avec son "ami" Gianni le trophée au vainqueur.
22 voilà le record de Mbappé
Après 14 années exceptionnelles comme sélectionneur, Didier Deschamps a vécu samedi une dernière amère sur le banc français, ponctuée par une défaite.
Quatre jours après leur naufrage à Dallas contre l'Espagne en demi-finale, les Bleus se sont inclinés face à l'Angleterre sur un score hallucinant (6-4) dans la "petite" finale.
Après une première période catastrophique, qui s'est conclue par un impensable 4-0 pour les Anglais, les Français se sont enfin mis à jouer cette rencontre aux airs d'exhibition.
Mbappé, cependant, n'aura pas fait le voyage à Miami pour rien: un nouveau doublé a fait de lui le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde, une petite unité devant Messi (22 contre 21). Une maigre consolation pour la France de Deschamps, titrée en 2018 et finaliste en 2022.
Après ce match, une partie de l'équipe devait effectuer son retour en France dimanche après-midi. Mais aucun détail n'a été donné par cette source sur l'identité des joueurs et des membres de l'encadrement présents dans l'avion qui s'est posé à l'aéroport Charles de Gaulle à 15H30.
jac/nip/cpb/ll/jde

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