Tirs meurtriers dans les Yvelines, un "tournant" pour Macron qui dénonce une attaque "raciste"
Un homme soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration a tué une personne et fait cinq blessés vendredi dans les Yvelines après avoir tiré en rafale depuis sa voiture, "un tournant" pour Emmanuel Macron qui a dénoncé une attaque "terroriste raciste".
Le suspect, Kévin T., 39 ans, avait également piégé avec trois bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur son appartement situé à Plaisir, à quelques kilomètres des communes de Trappes et de La Verrière où s'est déroulée l'attaque, selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), qui s'est rapidement saisi des faits.
L'immeuble où il réside a été évacué et son quartier bouclé dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. La CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, a été déployée dans la zone, selon une source proche du dossier.
Le suspect a été interpellé à Coignières (Yvelines) et placé en garde à vue, tout comme un membre de son entourage familial direct, a annoncé le Pnat.
En visite dans la ville populaire de Trappes, le président Macron, qui a notamment rencontré des secouristes et des habitants, a parlé d'un "tournant", "parce que c'est la première fois qu'il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, en raison de leur couleur de peau ou de la religion qu'on leur donne".
Le suspect "a épargné des gens en raison de leur peau (...) et il a assumé son acte", a ajouté le président, dénonçant "un attentat terroriste, raciste".
"Périple meurtrier"
Condamnant un "crime terroriste", le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui s'est également rendu plus tôt dans la journée à Trappes, a fait état d'une personne tuée et de cinq grièvement blessées. Parmi les blessés figure une enfant de 12 ans.
Le Pnat a annoncé avoir ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".
Le maire de Trappes, Ali Rabeh, a dénoncé un "attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe", précisant que parmi les victimes, "la personne décédée est d'origine africaine et la personne en urgence absolue est d'origine maghrébine".
Au cours de son "périple meurtrier" commencé vers 10H00 à Trappes et qui s'est poursuivi à La Verrière, Kévin T. a tiré en rafales dans la rue depuis sa voiture, tuant une personne, un homme de nationalité française né en 2000, et en blessant cinq autres, selon le parquet antiterroriste.
L'état de santé des blessés "n'est – à cette heure – pas stabilisé", est-il précisé.
Lors de la fouille du véhicule du suspect, "un pistolet-mitrailleur de type Sten et une bombe lacrymogène" ont été découverts, selon le Pnat.
D'après une source policière, Kévin T. est inscrit dans le fichier du Traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial.
"Désescalade"
A La Verrière, le maire Nicolas Dainville a indiqué à l'AFP que la fillette de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle.
Il a ajouté que deux hommes de ménage, "de type africain", avaient été blessés alors qu'ils nettoyaient une école.
"C'est l'effroi, le traumatisme, un cauchemar", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Clairement, là, j'ai le cœur brisé et ce qui m'anime, c'est la peur", a témoigné un résident de Trappes, Adel, d'origine maghrébine. "Tout simplement parce que le profil des victimes (...) ce sont des profils de personnes qui sont racisées."
Le comédien Jamel Debbouze, originaire de Trappes, s'est dit "profondément bouleversé par l'horreur qui a frappé la ville de (son) enfance".
"Nous sommes collectivement responsables de ce qui vient de se passer et de ce qui pourrait se passer de nouveau dans notre pays", a déclaré Ali Rabeh, le maire.
A six mois de la présidentielle, il a estimé que "notre responsabilité à tous, c'est la désescalade, c'est la concorde républicaine".
"Le racisme tue", a réagi sur X Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise.
"La justice se devra d'être implacable", a estimé sur le même réseau Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle, évoquant "le mobile abject du racisme".
bur-cgo/bed/cbn

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