Mouvement des lycéens : les derniers développements
Voici les derniers développements de la mobilisation des lycéens et étudiants de nouveau descendus dans la rue mardi, "Acte V" d'un mouvement lancé mi-septembre pour demander davantage de moyens pour l'éducation.
Alors que manifestations et blocages se poursuivent dans toute la France, le gouvernement fait état de 147 personnels de l'Education nationale blessés depuis le début de la contestation.
Par ailleurs, à ce stade, 36 enquêtes ont été ouvertes par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), "la police des polices", pour des faits présumés commis sur des manifestants depuis le début du mouvement, selon un nouveau décompte de source policière.
De 160.000 à 480.000 manifestants en France
Entre 161.500 (selon le gouvernement) et 480.000 personnes (selon les organisations étudiantes et lycéennes) ont manifesté sur l'ensemble du territoire. Le ministère de l'Intérieur fait état de 41.500 manifestants à Paris, sur deux cortèges.
Mardi dernier, lors d'une précédente journée de manifestations, entre 266.000 (selon les autorités) et 450.000 manifestants (selon les organisateurs) avaient été recensés dans l'Hexagone, dont entre 56.000 et 100.000 dans la capitale.
Cortège parisien en présence de Mélenchon
Le cortège parisien, à l'appel d'organisations syndicales d'enseignants (FSU...) et de jeunesse (Union étudiante, Fage, Union syndicale lycéenne), défilait dans l'après-midi derrière une banderole proclamant "lycéen.nes et étudiant.e.s mobilisé.e.s pour le droit à étudier. A bas le tri social et raciste".
La manifestation devant rallier la place d'Italie aux Invalides a débuté dans le calme, en présence d'une dizaine de responsables Insoumis, dont leur chef de file Jean-Luc Mélenchon, acclamé.
La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré à BFMTV que "tant qu'il n'y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer", avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d'achat.
Appel à rejoindre la mobilisation samedi
"Nous ne lâcherons rien et nous ne braderons rien. Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des +gilets jaunes+ samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes", a lancé le président de l'Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani, en début de cortège à Paris.
La présidente de l’organisation étudiante la Fage, Suzanne Nijdam, a redit attendre du gouvernement des "annonces, un chèque, un budget".
Tensions dans un autre cortège parisien contre la "répression" policière
En parallèle de la manifestation principale à Paris, un autre cortège, à l'appel de plusieurs organisations et syndicats, dont le NPA, Solidaires étudiants ou encore Le Poing Levé, a rassemblé plusieurs milliers de manifestants allant de l'Hôtel de Ville vers Port-Royal, scandant d'emblée des chants hostiles à la police.
La tension est montée en fin d'après-midi avec des voitures brûlées et du mobilier urbain dégradé, a observé un journaliste de l'AFP.
Budget 2027: un tiers des crédits de l'Éducation nationale iront aux retraites des fonctionnaires
À l'Éducation nationale, 28,5 milliards d'euros sur 89,1 milliards de crédits prévus en 2027, soit 32%, seront in fine versés au compte qui finance les pensions, selon une annexe du projet de budget 2027 publiée mardi par le gouvernement.
Fusillade au collège d'Aubagne : le parquet antiterroriste se saisit de l'enquête
Le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé mardi se saisir de l'enquête sur la fusillade au collège d'Aubagne (Bouches-du-Rhône) dont l'auteur présumé, un adolescent de 14 ans, pourrait adhérer à la mouvance True Crime Community, glorifiant les tueries de masse.
Cette fusillade lundi, qui a blessé le principal du collège et une enseignante, ne semble pas liée au mouvement lycéen.
L'enquête est ouverte pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes et infractions à la législation sur les armes, en relation avec une entreprise terroriste", précise le Pnat dans son communiqué.
Manifestations et blocages en province
Plus tôt dans la journée, des manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon (11.000 personnes selon la préfecture), Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille (3.800 personnes selon la police).
De source policière, 360 actions étaient en cours mardi, avec une cinquantaine d'universités et plusieurs dizaines de lycées faisant l'objet de blocage. Entre autres villes impactées : Angoulême, Annecy, Mulhouse, Nancy...
Appelant à cet "acte V" du mouvement lancé mi-septembre, l'Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour les lycées.
Selon le gouvernement, Parcourssup est "le contraire du tri social"
Parcoursup est "le contraire du tri social", a affirmé mardi le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, soulignant que depuis sa création, en 2018, "150.000 jeunes boursiers ont eu le vœu de leur choix alors qu'ils ne l'auraient pas eu autrement".
"Vous dites que Parcoursup, aujourd'hui, effectue un tri social. C'est totalement faux. Ce sont, depuis la création de Parcoursup, 150.000 jeunes boursiers qui ont eu le vœu de leur choix alors qu'ils ne l'auraient pas eu autrement", a affirmé M. Baptiste, en réponse à la députée LFI Marie Mesmeur, qui demande l'abrogation du processus actuel.
147 personnels de l'Education blessés
Au total, 147 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés depuis le début du mouvement, selon un bilan du ministère de l'Education, avec vingt personnes blessées, dont cinq chefs d'établissements, pour la seule journée de lundi.
En Ile-de-France, la facture des dégradations occasionnées par le mouvement "s'élève désormais à 8,5 millions d'euros", selon la Région.
Universités "bloquées" ou "fermées"
Environ 35 % des établissements relevant du ministère de l'Enseignement supérieur sont perturbés mardi, selon ce ministère. Ce chiffre inclut les fermetures administratives, blocages et occupations, a-t-il précisé à la mi-journée.
De son côté, l'organisation Union étudiante affirme que 90 % des quelque 70 universités françaises sont "bloquées" ou "fermées".
afp-cac/frd/

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