#MeToo: la justice refuse de rouvrir l'enquête pour viol visant Luc Besson
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#MeToo: la justice refuse de rouvrir l'enquête pour viol visant Luc Besson

Le réalisateur français Luc Besson arrive pour la projection d'un film dans le cadre du 20e Festival international du cinéma de Rome, à l'Auditorium Parco della Musica, à Rome, le 24 octobre 2025
Le réalisateur français Luc Besson arrive pour la projection d'un film dans le cadre du 20e Festival international du cinéma de Rome, à l'Auditorium Parco della Musica, à Rome, le 24 octobre 2025 • ALBERTO PIZZOLI

La justice a refusé de rouvrir l'une des enquêtes emblématiques du mouvement #MeToo, lancée après des accusations de viol portées par l'actrice Sand Van Roy contre Luc Besson, et qui s'est soldée par un non-lieu en faveur du réalisateur.

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a rejeté mardi "la requête en réouverture de l'information" judiciaire concernant le réalisateur du Grand Bleu et du Cinquième Élément, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Les juges n'ont pas suivi l'argumentaire de la plaignante: elle considérait que des analyses ADN réalisées aux Pays-Bas sur l'un de ses sous-vêtements constituaient un "élément nouveau" qui aurait permis de rouvrir l'enquête.

Ce n'est pas forcément le point final de cette affaire, débutée en 2018. L'avocat de Sand Van Roy, Me Antoine Gitton, a annoncé à l'AFP se pourvoir "immédiatement en cassation", ne pouvant se satisfaire de cette non-justice".

L'avocat, qui se dit "extrêmement serein pour la suite", a dénoncé dans un communiqué "une volonté constante, tout au cours des enquêtes, d'anéantir les indices ou les charges qui accablent pourtant le mis en cause pour stigmatiser faussement la victime".

"Entre 2018 et 2023, pendant les cinq années d'enquête, six procureurs de la République, deux juges d'instruction, trois juges de la cour d'appel, toutes des femmes, ont conclu que M. Besson était innocent des faits qui lui étaient reprochés", a souligné au contraire l'avocat de Luc Besson, Me Thierry Marembert.

L'affaire était déjà remontée jusqu'à la Cour de cassation, la plus haute juridiction française, qui avait rejeté, en 2023, l'ultime pourvoi de Sand Van Roy.

"Comme chacun le sait, Luc Besson et Sand Van Roy ont entretenu une relation pendant plusieurs années. Au cours de cette longue enquête, tous les actes utiles à la manifestation de la vérité ont été effectués. Aucun de ces actes n'a permis d'établir le défaut de consentement de la plaignante", a-t-il ajouté.

"Nous nous félicitons donc que la justice ait refusé de rouvrir cette affaire déjà maintes fois jugée", a-t-il conclu.

Versions différentes

L'actrice belgo-néerlandaise, aujourd'hui âgée de 38 ans, avait déposé une plainte pour viol le 18 mai 2018, quelques heures après un rendez-vous dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions différentes.

Pour Sand Van Roy, le réalisateur, aujourd'hui âgé de 67 ans, lui avait imposé une pénétration digitale, source d'évanouissement, malgré ses injonctions à arrêter. Une version accréditée selon elle par des constatations, le jour des faits, réalisées par les urgences médico-judiciaires.

C'est sur ces faits que Sand Van Roy espérait faire rouvrir l'enquête. Elle met en avant des analyses réalisées par un laboratoire néerlandais, sur une partie encore jamais expertisée d'un sous-vêtement qu'elle portait ce jour-là. Ces analyses mettent, selon elle, en évidence une trace ADN de M. Besson.

Dans ses réquisitions écrites, le ministère public avait estimé que cela pouvait constituer un "élément nouveau" susceptible de permettre de rouvrir l'enquête, mais à l'audience, l'avocate générale s'en était remise à la cour pour trancher.

Le parquet général s'est ainsi "montré sinon duplice, en tout cas incohérent", s'est insurgé Me Antoine Gitton dans un communiqué. Le ministère public et la cour d'appel ont "voulu ici encore et toujours éviter la recherche de la vérité", a-t-il attaqué.

Deux mois après sa plainte initiale, l'actrice avait intenté une action contre le cinéaste pour d'autres viols et agressions sexuelles commis, selon elle, entre 2016 et 2018, épisodes d'une "relation d'emprise professionnelle" sous menaces de "rétorsion sur sa carrière d'actrice".

Luc Besson a regretté de son côté une relation extra-conjugale dans un contexte de "subordination", alors que l'actrice avait tourné dans certains de ses films. Mais il a indiqué à deux reprises qu'il n'avait "pas le souvenir" d'une partie des faits dénoncés et relaté un rapport consenti empreint de "douceur".

Auteur de blockbusters et de films cultes comme "Léon", "Nikita" ou "Lucy" et ses 56 millions d'entrées dans le monde, Luc Besson a été l'un des réalisateurs français les plus courus à l'international, produisant également de grands succès comme la série des Taxis. Il a connu également une série d'échecs commerciaux et enchaîné les déboires.

fbe/bfa/alv

L'actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy porte dans son dos l'inscription "Stop violence against women" ("Mettre fin aux violences contre les femmes"), lors de la 72e édition du Festival de Cannes, le 19 mai 2019
L'actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy porte dans son dos l'inscription "Stop violence against women" ("Mettre fin aux violences contre les femmes"), lors de la 72e édition du Festival de Cannes, le 19 mai 2019 • CHRISTOPHE SIMON
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Le metteur en scène Luc Besson au palais de l'Elysée, le 6 mai 2024 à Paris • Ludovic MARIN

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