EN IMAGES. À la Bibliothèque nationale de France, un hommage rendu à Maryse Condé (MAJ)
Ce lundi (15 avril), un hommage national a été rendu à l'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé, décédée le 2 avril à Apt (Provence-Alpes-Côte d'Azur). La cérémonie a eu lieu à la Bibliothèque nationale de France, à Paris. Le président de la République, Emmanuel Macron, était présent, tout comme de nombreuses personnalités du monde des arts et de la culture, afin d'honorer la mémoire de l'écrivaine, prix Nobel alternatif de littérature en 2018.
Après des funérailles organisées vendredi dernier (12 avril), à l'église de Saint-Germain-des-Prés, à Paris, de nombreuses personnalités du monde de l'art et de la culture, accompagnés du président de la République, ont rendu hommage à l'écrivaine guadeloupéenne.
Dans l'immense bibliothèque, sous la coupole, au milieu des innombrables rayonnages de livres, le portrait de Maryse Condé trône. L'assemblée murmurante d'une centaine de personnalités venues écouter l'hommage à l'écrivaine disparue il y a quelques jours se tait. Et la comédienne Sonia Emmanuel commence à lire un extrait de l'autobiographie, « La vie sans fards ».
L'écrivaine guadeloupéenne y parle de ses parents, « de parfaits colonisés », qui pensaient que leurs ancêtres avaient « mérité l'esclavage. Ils portaient la honte, plaie inguérissable ». L'autrice y évoque aussi « l'Afrique » et les « replis de [son] imagination ». En tout, trois extraits de trois ouvrages différents de Maryse Condé sont lus lors de cette cérémonie d'hommage national présidée par Emmanuel Macron, au cœur de la Bibliothèque nationale de France (BNF).
Dans la cadre ancien et solennel du pavillon Richelieu de la BNF, après que la chanteuse Laura Cluzel a interprété a capella « L'hymne à l'amour », une chanson d'Édith Piaf, le président de la République lui-même prend la parole. « Quelques jours après sa disparition, elle qui refusait sa vie durant de se dire française mais guadeloupéenne est célébrée par la nation », a commencé Emmanuel Macron. Avant de saluer la mémoire de celle qui a « ouvert une route nouvelle pour toute une génération d'écrivains francophones ou non, de la Caraïbe, d'Afrique, de France, d'Amérique, de ce monde entier qui la célébra par un prix de la nouvelle Académie de Suède en 2018. Et c'est ce qui fait d'elle une conscience caribéenne, européenne, africaine, universelle. »
Le président a tenu à souligner sa "méfiance envers les jugements définitifs", son "esprit de contradiction" et "son ironie", qui faisait d'elle la "grande écrivaine" qu'elle a été. Il a également parlé d'une "conscience caribéenne, européenne, africaine, universelle."
"Ne concluons pas rêvons plutôt"
Deux jours seulement après les obsèques de l'autrice de « Ségou », à Paris également, la famille de Maryse Condé est représentée sous la coupole. Gabriel Attal, le Premier ministre, est venu avec une partie de son gouvernement dont la ministre de la Culture, Rachida Dati. L'ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault est là, ainsi qu'un petit nombre de chercheurs et de personnalités publiques.
« Elle méritait bien cela !," s'exclame Firmine Richard, avec qui Maryse Condé a travaillé sur une pièce de théâtre.
Blade AliMbaye, rappeur franco-sénégalais a donné une lecture remarquée citant les mots puissants du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire. "Tout en beauté et en force", a relevé Christiane Taubira, présente lors de la Cérémonie. pic.twitter.com/zOfNts6iEc
« J'ai vu à quel point Maryse naviguait, à quel point Maryse nous emmenait d'une culture à l'autre, d'un continent à l'autre, depuis le début avec Hérémakhonon, se souvient l'ancienne Garde des sceaux. Ne perdons pas de vue que ce qu'il y a peut-être de plus puissant chez Maryse, c'est la façon dont elle met les femmes à nu et en scène ! »
« Ma Guadeloupe n'est pas indépendante mais elle ne va pas bien, écrit Maryse Condé dans « La vie sans fards ». Que conclure ? Mais, précisément, faut-il conclure ? Ne concluons pas, rêvons plutôt ! »

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